Un masque de protection est un dispositif destiné à protéger le porteur de l'inhalation de poussières nocives, d'agents pathogènes, fumées, vapeurs, ou de gaz. Les masques existent dans une large gamme de types et de tailles utilisée par les militaires, le secteur privé et le public. Ils vont du moins cher, à usage unique, aux masques jetables réutilisables à des modèles à cartouches remplaçables.
Il existe deux catégories d'appareils respiratoires, à savoir les appareils « filtrants », qui peuvent être soit passifs soit actifs et qui forcent l'air contaminé à passer par un élément filtrant, et les appareils « isolants », dans lesquels de l'air frais est délivré à partir d'une réserve. Dans chaque catégorie, différentes techniques sont utilisées pour réduire ou éliminer les matières nocives en suspension dans l'air.
Malheureusement, la concentration de dioxyde de carbone dans l'air respirable peut être bien supérieure à la concentration maximale autorisée (La concentration peut dépasser 3 %,,,,,; Valeur d'exposition moyenne pondérée = 0,5 % (8 heures) 1,4 % (quinze minutes)). Si les travailleurs utilisent des respirateurs pendant de nombreuses heures, ils peuvent avoir des maux de tête et tomber malades. Ils peuvent développer des dermatites, acné.




Les masques ayant pour fonction de protéger de l'inhalation de particules existent sans doute depuis longtemps pour les travaux miniers ou sources de poussière. Durant les épidémies de peste, les médecins se faisaient faire des masques en bec d'oiseaux emplis de plantes médicinales supposées tuer les miasmes responsables de la contagion. Au milieu du XIXe siècle, les masques médicaux apparaissent.
Le chirurgien britannique Julius Jeffreys (en) est souvent considéré comme l'inventeur du masque de protection sanitaire, avec le « respirator of Jeffreys » un modèle de masque mis au point contre les maladies respiratoires et les changements de températures, responsables des rhumes.
À la fin du XIXe siècle, l'ingénieur français Charles-Urbain Bricogne fait mettre au point un masque contre les poussières nocives pour les employés des chemins de fer. Au début du XXe siècle, lors des débuts des chars d'assauts, leurs occupants étaient obligés de porter un masque pour se protéger des éclats de peinture et de métal éjectés des parois par les impacts de projectiles à l'extérieur. Mais les premières campagnes pour inciter des populations à porter un masque de protection, et les mesures de port obligatoire de ces masques, pour des raisons sanitaires, semblent dater toutefois de la grippe espagnole, au XXe siècle. La mairie de San Francisco décrète une obligation de « porter le masque de gaze comme moyen de prévenir la propagation de la grippe ». S'en inspirant, le Japon conseille dès à sa population, ainsi qu'à celle de ses colonies taïwanaise et coréenne, de faire de même. Quelques années auparavant, l'usage de masque aurait été aussi une protection utilisée par les populations chinoises contre la peste mandchoue.
Après la Seconde Guerre mondiale, au Japon puis en Chine et en Corée du Sud, le masque de protection est utilisé également lors des périodes de pollution (par contre, à l'inverse, l'usage de masques de protection, en particulier à usage unique, durant la pandémie de Covid-19 a induit une pollution du fait des masques jetés dans l'espace public et se retrouvant parmi les déchets). Au printemps, le masque protège désormais des allergies au pollen. Le masque de protection est utilisé également en Asie de l'Est avec l'épidémie de SRAS de 2002-2004, un coronavirus, puis contre des épidémies de grippe, telle la grippe A (H1N1) de 2009,.
Durant la pandémie de Covid-19, en particulier en 2020-2022, le port du masque a été rendu obligatoire dans plusieurs pays :
Les casques/masques de protection métalliques comportant une fenêtre pour la vision ne sont actuellement plus utilisés qu'en métallurgie et pour la soudure, et tendent à être remplacés par des masques en matériaux composites plus légers. Pour les utilisations sans source de chaleur, le plexiglas en feuille épaisse (1 à 5 mm) est transparent et résistant aux chocs. Parfois, une simple visière en matière plastique souple et transparente protège le visage de l'opérateur des projections de liquide corrosif ou à risques toxiques, biologiques ou médicaux (projections de gouttelettes, de sang, etc.).
Des masques filtrants en laine furent utilisés par les premiers inventeurs comme Haslett et Tyndall. La laine est encore utilisée comme filtre aujourd'hui, avec d'autres substances comme le plastique, le verre, la cellulose, et des combinaisons de deux ou plusieurs de ces matériaux. Étant donné que les filtres ne peuvent pas être nettoyés et réutilisés et ont donc une durée de vie limitée, le coût et la disponibilité sont des facteurs clés. Il existe des modèles à usage unique jetables ainsi que des modèles à cartouche.
La norme européenne EN 143 définit les catégories suivantes de filtres qui peuvent être attachés à un masque:
| Classe | Efficacité de la filtration (avec un débit d'air de 95 l/min) |
|---|---|
| P1 | Filtration d'au moins 80 % des particules en suspension |
| P2 | Filtration d'au moins 94 % des particules en suspension |
| P3 | Filtration d'au moins 99,95 % des particules en suspension |
La norme européenne EN 149 définit les catégories suivantes de « demi-masques filtrants »:
Les deux normes européennes imposent d'effectuer des tests de pénétration des filtres avec des aérosols de chlorure de sodium et d'huile de paraffine, après stockage des filtres à 70 °C et −30 °C pendant chaque fois 24 heures. Les normes comprennent également des tests sur la résistance mécanique, la résistance respiratoire et le colmatage. La norme EN 149 teste également les fuites vers l'intérieur entre le masque et le visage (dix sujets humains effectuent cinq exercices chacun et pour au moins huit de ces personnes la moyenne mesurée des fuites vers l'intérieur énumérées ci-dessus ne doit pas être dépassée).
| Résistance à l'huile | Désignation | Description |
|---|---|---|
| Aucune | N95 | Filtration d'au moins 95 % des particules en suspension |
| N99 | Filtration d'au moins 99 % des particules en suspension | |
| N100 | Filtration d'au moins 99,97 % des particules en suspension | |
| Jusqu'à 8 h | R95 | Filtration d'au moins 95 % des particules en suspension |
| R99* | Filtration d'au moins 99 % des particules en suspension | |
| R100* | Filtration d'au moins 99,97 % des particules en suspension | |
| Résistant | P95 | Filtres au moins 95 % des particules en suspension |
| P99* | Filtration d'au moins 99 % des particules en suspension | |
| P100 | Filtration d'au moins 99,97 % des particules en suspension | |
| * aucun masque de ce type n'a été certifié par le NIOSH. | ||
En 2020, selon les CDC américains, environ trois millions d'agents de santé américains doivent régulièrement porter l'une de ces protection respiratoire

Les masques filtrants à cartouche utilisent une cartouche pour retenir, en plus des particules, les gaz, les composés organiques volatils (COV) et autres vapeurs par absorption ou chimisorption.
Les masques de protection actifs combinent la technologie traditionnelle d'un masque filtrant et un système à air pulsé mettant en surpression le masque. C'est une technique qui est utilisée depuis longtemps dans les laboratoires travaillant sur des bactéries ou des virus ainsi que dans les salles blanches pour l'industrie spatiale. Il y a trois principaux avantages aux masques actifs :
Les masques actifs sont utilisés aujourd'hui principalement pour les activités sportives comme le vélo ou l'endurance. C'est une technologie encore peu répandue mais dans le contexte actuel elle connaît un véritable essor du fait des caractéristiques efficaces et de ses prix généralement accessibles.
Un appareil respiratoire isolant ou autonome a généralement trois principaux éléments : un réservoir à haute pression, un régulateur de pression, et une connexion d'inhalation (un élément à insérer dans la bouche ; dans le masque ou le demi-masque), reliés entre eux. Il existe deux types d'appareils respiratoires autonomes : en circuit ouvert et circuit fermé.

Après la découverte des microbes par Pasteur, des masques médicaux ont été introduits dans le milieu hospitalier et des soins médicaux vers le milieu du XIXe siècle.
Leur vocation est surtout de protéger autrui des microbes expirés par le porteur, mais des preuves historiques montrent que des masques en tissu ont aussi été portés pour protéger les agents de santé contre les miasmes et infections respiratoires.
La fabrication de divers types de masques jetables en fibre synthétique, en non-tissé ou en papier filtrant s'est industrialisée au XXe siècle. Ces masques sont désormais produits par centaines de millions chaque année. Il est démontré que dans un environnement à haut-risque le FFP2 (N95) et le FFP3 (N99) sont plus protecteurs pour les agents de santé que le masque chirurgical, mais à condition d'être portés en continu dans cet environnement,. Ils sont aussi plus coûteux.
Mais depuis le début du XXIe siècle plusieurs crises sanitaires (grippe à H1N1 de 2009, SRAS, MERS et Covid-19, avec entre-temps émergence de plusieurs variants préoccupants de grippe aviaire, et des épisodes récurrents d'Ebola)...) on montré que les masques chirurgicaux ou FFP pouvaient brutalement manquer. Historiquement les agents de santé ont utilisé plusieurs types de masques en tissu de coton dont l'efficacité peut varier selon la forme, le type de tissu, l'adaptation à la face du porteur, etc. ; Aujourd'hui en Asie (Chine et Viêt Nam notamment) les masques faciaux sont volontiers portés dans la population générale et des masques en tissus sont très couramment portés par les professionnels de santé. Par ailleurs, de nombreuses version de masque protégeant plus ou moins efficacement de la pollution de l'air ont été mises sur le marché ; malgré cette large utilisation, la plupart des directives sur les équipements de protection individuelle (EPI) ne mentionnaient même pas les masques en tissu. En 2020, face à la pénurie de masque induite par la pandémie de Covid-19, l'intérêt du grand public et de certains professionnels pour les masques de tissus, éventuellement « faits maison » est brutalement remontée.
Avant 2015, des études descriptives ont porté sur les masques en tissu (très utilisés dans les pays pauvres ou émergents), mais toujours testés in vitro. Ces études ont montré que plus le tissu est fin et plus les couches sont nombreuses, mieux le masque filtre l'air. La présence d'humidité, la distance parcourue par les gouttelettes et la conception du masque se sont montrés être des facteurs importants pour l'efficacité de filtration (in vitro). Les masques en tissu offrent une certaine protection, réduisent l'exposition aux aérosols respiratoires mais ils n'avaient pas été comparé aux masques FFP ou chirurgicaux en hôpital.
En 2015, C. Raina MacIntyre & al. publient la première étude sur l'efficacité des masques en tissu, en usage professionnel réel. L'étude, randomisée, a comparé dans quatorze hôpitaux d'Hanoï (Viêt Nam) l'efficacité d'un modèle d'un masque en tissu (double couche de coton tissé), et d'un masque médical en non-tissé (triple couche), tous deux fabriqués au Viêt Nam et couramment utilisés dans les hôpitaux du pays ; les 1 607 participants étaient tous des professionnels de santé (médecins ou infirmières volontaires), âgés de plus de 18 ans, et travaillant à plein temps dans des services à haut-risque (aucun ne portait de barbe, de moustache importante ou de cheveux longs devant le visage, ni n'étaient sujets à une maladie respiratoire chronique, rhinites ou allergies). Une partie des participants a porté des masques médicaux jetables, l'autre des masques en tissu, et le groupe témoin conservait sa pratique habituelle (incluant le port du masque). Les deux premiers groupes devaient utiliser leur masque à chaque quart de travail, pendant 70 % ou plus de leurs heures de travail et durant quatre semaines consécutives ; Ceux qui portaient des masques médicaux en recevaient deux par jour pour chaque quart de huit heures, alors que le autres disposaient de cinq masques en tissus pour toute la durée de l'étude, à laver après chaque quart de travail au savon et à l'eau en suivant des instructions écrites sur le lavage. Dans les trois groupes le port du masque était vérifié. Trois critères d'efficacité étaient le risque de contracter une maladie respiratoire clinique, un syndrome pseudo-grippal (SG) ou une infection virale respiratoire confirmée en laboratoire.
Résultats : les masques en tissu étaient statistiquement significativement moins protecteurs ; en outre près de 97 % des particules les pénétraient contre 44 % pour les masques médicaux. On sait que sur les deux types de masque des virus peuvent rester infectieux à leur surface (des études de modélisation ont quantifié les niveaux de contamination des masques) ; la moindre efficacité des masques en tissu peut en partie être due à une autocontamination facilitée par l'utilisation répétée et un enlèvement mal exécuté ; on sait aussi qu'avec le SRAS le double masquage et d'autres pratiques augmentant l'humidité dans le masque ont accru le risque d'infection et de diffusion de liquide ou de rétention des agents pathogènes, effets peut-être valables pour les masques en tissu. Les auteurs ont appelé à des recherches supplémentaires sur l'efficacité clinique, la durée d'utilisation, les méthodes de décontamination et les tests à utiliser, afin d'éclairer l'utilisation des masques en tissu, très utilisés à l'échelle mondiale, mais mal pris en compte par les directives et guides de bonnes pratiques. Mais ils considèrent que « par mesure de précaution, les masques en tissu ne devraient pas être recommandés pour les travailleurs à risque et plus encore en situations de haut risque ». Ils ont aussi appelé à mettre à jour les directives relatives au contrôle des infections, car des masques en tissu sont très utilisés dans le monde.
En 2020, en Europe, puis aux États-Unis, pour faire face à des pénuries critiques d'équipements de protection individuelle (EPI) un nombre croissant de soignants et de membres du public utilisent des masques fabriqués « maison » avec le soutien d'hôpitaux et des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) (le CDC a pour la circonstance diminué ses niveaux de recommandations pour les agents de santé), et des entreprises se lancent dans une production complémentaire de masques en tissu, sur la base de cahiers des charges hospitaliers (exemple en France de la mise à disposition d'entreprises par le CHU de Lille, mais pas du grand public afin de garantir que le bon tissu soit utilisé ; les bénévoles volontaires pour coudre des masques sont aidés à s'organiser pour le faire).
Les auteurs de l'étude résumée ci-dessus, dont les alertes et suggestions n'ont pas été suivies d'effets, constatent l'échec des gouvernements et des hôpitaux en termes de planification et gestion des stocks de masques nécessaires à la santé et sécurité au travail des agents de santé, y compris les pays riches. Très sollicités pour des conseils, ils répètent cinq ans après leur étude de 2015, que « la barrière physique fournie par un masque en tissu peut offrir une certaine protection, mais probablement beaucoup moins qu'un masque chirurgical ou un masque de type FFP2 ou FFP3 ». Ils évoquent aussi le fait que dans leur étude « Les masques en tissu ont peut-être été pires [...] car ils n'étaient pas assez bien lavés - ils peuvent alors être humides et contaminés ». Il soulignent que depuis 2015, l'efficacité de différents types de tissu (monocouche ou multi-couches) a été testée en laboratoire, mais pas encore lors d'un essai clinique. Dans le contexte pandémique et de pénurie de masque, ils recommandent (pragmatiquement plutôt que factuellement) aux agents de santé choisissant de travailler avec des masques en tissu, d'en avoir toujours au moins deux et de les utiliser en cycle, afin que chacun puisse être lavé et bien séché après usage quotidien. Un spray désinfectant ou une boîte de désinfection UV peuvent être utilisés lors des pauses en journée. Ils rappellent aussi que face à la Covid-19 le masque ne suffit pas pour les agents de santé ; gants et lunettes de protection sont au minimum requis en respectant les bonnes pratiques et en prenant garde à l'auto-contamination et aux fomites.
À la suite des différentes crises sanitaires mondiales et faute de matériel ou d'argent, le masques en tissu s'est généralisé dans les pays en voie de développement principalement en Asie. C'est devenu une véritable alternative aux masques de protection respiratoire. Dans une phase de pénurie, ces masques à usage non sanitaire lavables permettraient une certaine protection, inférieure aux masques chirurgicaux.
En en France, deux nouvelles catégories de masques à usage non sanitaire sont créées par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et l'Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé (ANAES) pour les professionnels en contact ou non avec le public.
Dans le domaine médical, les masques de type FFP2 (N95 aux États-Unis, parfois dits « respirateurs ») sont normalement prévus ou utilisés pour un usage unique (certains modèles sont exclusivement à usage unique). Mais leur pénurie lors de certaines crises sanitaires peut faire évoluer les recommandations officielles.
Ainsi à partir du les CDC américains ont admis et même encouragé :
Selon les CDC américains :
En , l'ECRI Institute (anciennement « Emergency Care Research Institute », autorité indépendante sur les pratiques médicales aux États-Unis) a dans un rapport rappelé que « les risques et avantages potentiels de ces pratiques peuvent varier considérablement d'un endroit à l'autre et peuvent évoluer rapidement pendant une crise ». L'ECRI rappelle que les tests de laboratoire sont souvent des études non répétées, aux protocoles différents et ne reflétant pas les risques existants en situation réelle. Leurs résultats (non-généralisables à tous les modèles de masque N95 variant en outre « considérablement selon les méthodes de nettoyage et les modèles N95 et nécessitent donc plus de validation ».
En , l'ECRI a publié la synthèse de vingt-et-une études de laboratoires publiées de 2000 au , dont quatre ont explicitement porté sur une réutilisation, simulée, du N95, et/ou sur une utilisation prolongée. Selon l'ECRI il ressort de ces études des preuves limitées en faveur de l'usage prolongé plutôt que de la réutilisation, car le N95 propage plus facilement l'infection quand on le touche ou le manipule que quand on l'utilise plus longuement (le risque de défaillance telle que la casse de sangles ou une mauvaise étanchéité avec le visage est plus élevé en cas de réutilisation).
Elles sont mises à jour en fonction du contexte et des avancées de la science, par exemple par les autorités sanitaires suivantes :
L'OMS considère que trois types de masques sont utilisés dans la pandémie de Covid-19 :
Dans son avis intitulé Coronavirus disease 2019 (COVID-19) in the EU/EEA and the UK – eleventh update, 10 August 2020", l'ECDC estime que :
En 2020, cet usage du masque connait un mouvement d'opposition,.
Plusieurs modèles de masques de protection (notamment utilisés contre la pandémie de Covid-19) seraient confectionnés par les Ouïghours dans les camps d'internement. Ce serait également le cas de nombreux produits de marques occidentales,