Massacre de Paklenik

Massacre de Paklenik
Date  
Lieu Paklenik , municipalité de Sokolac, Bosnie-Herzégovine
Victimes  Civils bosniaques
Type  Exécution de masse, nettoyage ethnique
Morts 48 civils bosniaques
Survivants  1
Auteurs Armée de la république serbe de Bosnie (VRS), forces de police locales et paramilitaires
Guerre Guerre de Bosnie-Herzégovine
Coordonnées 43° 56′ 18″ nord, 18° 48′ 03″ est
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Massacre de Paklenik

Le massacre de Paklenik désigne l’exécution de 48 civils bosniaques dans la ravine de « Paklenik », située dans la municipalité de Sokolac (Bosnie-Herzégovine), le , durant la guerre de Bosnie-Herzégovine.

Contexte

Conformément aux plans visant à créer un État serbe ethniquement pur sur le territoire de l' État de Bosnie internationalement reconnu, la région stratégique de Podrinje, comprenant les villes de Zvornik, Višegrad, Srebrenica et Foča, fut attaquée dès avril 1992 par l'Armée populaire yougoslave (JNA) et des formations paramilitaires de Serbie et Bosnie,.

De nombreuses municipalités et villages à population majoritairement bosniaque non armée furent rapidement occupés. À la mi-mai, les unités de la JNA stationnées en Bosnie-Herzégovine sont transformées en Armée de la République serbe de Bosnie (VRS), tandis qu’une petite partie des effectifs se retire en Serbie. La VRS, avec la police locale et des formations paramilitaires, poursuit l’expulsion forcée des populations non serbes dans le cadre d’une campagne de nettoyage ethnique.

Dans la municipalité de Višegrad, des arrestations massives, de nombreux meurtres systématiques et la destruction de nombreux villages eurent lieu dans le but d'expulser la population. Les habitants fuirent comme ils le pouvaient et des convois de bus furent également organisés.

Déroulement

Le , un convoi de bus transportant plus de 700 civils bosniaques expulsés lors des opérations de nettoyage ethnique dans la région de Višegrad, et se dirigeant vers Olovo, est intercepté sur la colline d’Išerića. Les 49 hommes furent séparés et conduits dans un entrepôt à Sokolac.

Le , ils furent battus, ligotés avec du fil de fer et escortés en bus jusqu'au village de Kalimanići. Là, ils descendirent et, les mains liées, empruntèrent un sentier forestier menant à la fosse de « Paklenik ». Ils formèrent un demi-cercle autour de la fosse, face à celle-ci. Des soldats et des policiers serbes armés ouvrirent alors le feu à l'arme automatique, tuant les civils qui tombaient dans le gouffre,,.

L’exécution est décrite comme une action organisée impliquant plusieurs membres des forces locales.

Un seul civil survit au massacre. Son témoignage permet la localisation du site et la conduite de fouilles médico-légales en 2000, au cours desquelles les restes de 73 victimes sont exhumés dans la ravine d’environ vingt mètres de profondeur. Parmi elles, 48 sont identifiées comme originaires de la région de Višegrad .

Procédures judiciaires

Pour ce massacre commis par l'armée de la VRS et la police locale, des poursuites ont été engagées contre : Predrag Milisavljević, Miloš Pantelić, Milojko Kovačević, Rajko Kušić, Mladen Vasiljević et Milan Lukić,

Milan Lukić a été condamné par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) à la réclusion à perpétuité pour de nombreux crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis durant la guerre de Bosnie-Herzégovine, y compris pour sa participation au massacre de Paklenik.

Le tribunal de l’État de Bosnie a reconnu Milisavljević et Pantelić coupables d’avoir pris part au massacre et les a condamnés à vingt ans de prison,.

Certains des accusés ont fait l'objet de mandats d'arrêt pour non-comparution devant les juridictions bosniennes. D'autres ont obtenu la citoyenneté serbe et résident en Serbie. En raison de l'interdiction constitutionnelle d'extrader ses propres ressortissants, la Serbie n'a pas procédé à leur remise à la Bosnie-Herzégovine ; plusieurs affaires ont dès lors été transférées ou poursuivies devant les juridictions serbes, certaines procédures s'étant étendues sur de nombreuses années.

Notes et références

  1. ↑ Renéo Lukic, La désintégration de la Yougoslavie et l’émergence de sept Etats successeurs : 1986-2013, Hermann, (ISBN 978-2-70-567319-2, lire en ligne), p. 1-15
  2. ↑ « Malgré médiations et menaces Les combats se poursuivent en Bosnie-Herzégovine », sur lemonde.fr,
  3. ↑ (en) Hikmet Karčić, Torture, humiliate, kill, inside the bosnian serb camp system, University of Michigan Press, (ISBN 978-0472132966, lire en ligne), p. 12-105
  4. ↑ (en) iwpr.net, « Metamorphosis of an Army & Birth of the VRS »,
  5. ↑ TPIY, « Le Procureur c/ Mićo Stanišić et Stojan Župljanin, Jugement tom 2 », , p. 45-53, paragraphs 105-123
  6. 1 2 3 (en) ICTY, « Prosecutor v. Radovan Karadžić, IT-95-5/18-T, Public redacted version of judgement, volume I of IV », , p. 431-440, paragraphes 1075-1093
  7. ↑ (en) BIRN, « How Bosnia’s Rocky Terrain Aided Wartime Massacre Cover-Ups », 215/02/2023
  8. ↑ (en) « Archive for paklenik massacre », sur cnn.com,
  9. ↑ (en) BIRN, « Bosniaks Executed and Thrown Into Pit »,
  10. 1 2 (bs) Sud Bosne i Hercegovine, « Presuda u predmetu Tuzilastva Bosne i Hercegovine protiv Milisavljević Predraga i Pantelić Miloša »,
  11. ↑ (en) BIRN, « Two Bosnian Serbs Convicted of Visegrad Massacre »,
  12. ↑ (en) BIRN, « Pantelic and Tasic Put in Custody to Prevent Flight »,

Voir aussi