| Naissance | |
|---|---|
| Nationalité | |
| Formation |
Campus Pierre-et-Marie-Curie (maîtrise) (jusqu'en ) Institut Saint-Thomas-d'Aquin (d) (licence canonique en théologie) (jusqu'en ) Université Paris-Sorbonne (doctorat en philosophie (d)) (jusqu'en ) |
| Activités |
| A travaillé pour | |
|---|---|
| Ordres religieux |
Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (- |
| Directeur de thèse |
Matthieu Raffray, né le est un prêtre catholique traditionaliste français de l'Institut du Bon-Pasteur, connu notamment comme influenceur sur les réseaux sociaux. Titulaire d'un doctorat en philosophie et d'une licence canonique en théologie, il a enseigné à l'université pontificale Saint-Thomas-d'Aquin à Rome. Proche des milieux d'extrême droite, Matthieu Raffray défend un catholicisme identitaire.
Né d'un père informaticien et d'une mère diplomate d'origine mexicaine, il est le troisième d'une fratrie de neuf enfants. Ses parents sont des fidèles de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX). Sa grand-mère paternelle, Marguerite Raffray (morte en 2004), est artiste peintre.
Après le lycée, Mathieu Raffray opte pour l’École de cinéma Louis Lumière, mais échoue au concours d'entrée. À l'issue de ses études universitaires, il obtient un master de mathématiques.
Il entre en 2003 au séminaire de la FSSPX à Écône à l'âge de 24 ans, mais ses prises de position en faveur d'un ralliement à Rome, après la possibilité donnée en 2007 par le motu proprio Summorum Pontificum de célébrer la messe tridentine, l'en font exclure pour « libéralisme »,.
Il poursuit son séminaire en 2008 à l'Institut du Bon-Pasteur (IBP) où il est ordonné prêtre un an plus tard par Ennio Appignanesi (en), archevêque émérite de Potenza en Italie. Il continue ses études à l'Institut Saint-Thomas-d’Aquin (ISTA), centre de formation de la province dominicaine de Toulouse où il obtient en 2012 une licence canonique en théologie, puis à la Sorbonne où il soutient en 2015 une thèse en philosophie médiévale, ce qui lui ouvre en 2019 les portes de l'Angelicum à Rome, comme professeur de philosophie,,. Il est l'auteur de deux ouvrages académiques consacrés à la philosophie thomiste parus en 2019 et 2023,. Au sein de l'IBP, il exerce la fonction de supérieur pour l'Europe.
Il ouvre en 2020 un compte Instagram, suivi par 200 000 abonnés, et une chaîne YouTube qui cumule près de 8 millions de vues en 2026. Selon une étude de l’Ifop réalisée en à la demande de La Croix et Bayard Presse, il est suivi en France par 22 % de catholiques pratiquants réguliers, parmi d'autres influenceurs comme le dominicain Paul-Adrien d'Hardemare ou Albertine Debacker de la communauté du Chemin Neuf,.
Sa popularité sur les réseaux sociaux le fait choisir comme prédicateur du pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté de 2023 lors duquel il prononce l'homélie de la messe du dimanche de Pentecôte devant 16 000 personnes conquises par son « sermon aux allures de tribune politique ».
Il s'adresse notamment aux milieux identitaires auxquels il prêche « un catholicisme viril et antimoderne ». Il s'en prend tour à tour à la « franc-maçonnerie humaniste », aux « wokistes », aux « libéraux » et aux « progressistes ». Il dénonce le « matérialisme athée », « l’islamisation » et « l’immigration de masse »,,. Il s'est affiché avec des influenceurs de la « fachosphère » comme Baptiste Marchais, ancien sympathisant des Jeunesses nationalistes révolutionnaires, et Ugo Gil Jimenez, connu sous le nom de Papacito,,, qu'il a baptisé. Il cite à son actif la conversion au catholicisme de Julien Rochedy, ancien directeur national du Front national de la jeunesse, qui a édité son livre Le plus grand des combats, et dit espérer celle d'Éric Zemmour.
Il entretient des contacts amicaux avec d'autres personnalités d'extrême droite comme Victor Aubert, président d'Academia Christiana, et Alice Cordier, présidente du Collectif Némésis, qui obtient d'Elon Musk le rétablissement en quelques heures de son compte X suspendu le .
Le , il participe aux côtés d'autres influenceurs catholiques à la veillée de prière tenue à l'église Saint-Sulpice de Paris, qui précède la venue du pape en France. Considérée comme une forme de banalisation de l'extrême-droite dans le catholicisme français, sa présence est notamment dénoncée par le collectif catholique P.A.I.X (Pour un Accueil Inconditionnel dans l’Église),,.
Cultivant une image « viriliste », il adopte le hashtag #BagarreBagarrePrière sur son compte Twitter, et pourfend volontiers une Église catholique « bisounours et guitare » qui selon lui « souffre d’une réputation de mièvrerie » qu'il cherche à corriger. Il se fait le héraut, selon sa propre expression, d'un « catholicisme fier, identitaire et décomplexé »,,. L'historien Paul Airiau, spécialiste du catholicisme intransigeant, voit dans son message « une forme de réactualisation du mythe de la chevalerie pour un public contemporain. Il voit le catholique comme un combattant qui doit travailler à l’édification d’une société chrétienne. Il prêche un retour à la tradition face à un catholicisme qui aurait perdu le sens de la vérité ».
Il est l'un des intervenants du docufiction Sacré-cœur sorti en , et est régulièrement invité dans l'émission En quête d'esprit sur CNews.
Il crée en avec Olivier Bonnassies l’Institut Saint-Irénée, sous le parrainage de l'évêque émérite de Fréjus-Toulon, Dominique Rey. L'association est destinée à former des jeunes à l'apologétique dans une optique de reconquête religieuse.
Dans une vidéo du publiée sur Instagram autour du thème des « tentations », Matthieu Raffray déclare : « Nous avons tous des faiblesses, celui qui est gourmand, celui qui est colérique, celui qui a des tendances homosexuelles. Tous les péchés, les vices qui peuvent exister dans l’humanité et contre lesquels on peut tout à fait lutter ». Ces propos font réagir le sur Twitter la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, qui demande à la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah) de faire un signalement au procureur de la République,.
Matthieu Raffray se défend d'être homophobe en déclarant au Journal du dimanche : « Je cite l’homosexualité parmi d’autres choses… Les actes homosexuels sont un péché mais je pense que les gens ne savent plus ce qu’est un péché. Dénoncer un péché, ce n’est pas dénoncer la personne qui commet le péché. » Le signalement de la Dilcrah est classé sans suite en l'absence d'infraction suffisamment caractérisée pour justifier des poursuites pénales.