Maurice Southgate

Maurice Southgate
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 76 ans)
Nationalité
Activités
Espion, agent du SOEVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Arme
Grade militaire
Conflit
Lieu de détention
Distinction

Maurice Southgate (1913-1990) fut, pendant la Seconde Guerre mondiale, un agent secret britannique du Special Operations Executive. De à , il développa le réseau action Hector-STATIONER : couvrant l'Indre, l'Auvergne, le Limousin, etc. son réseau y organisa de nombreux parachutages et sabotages ; avec des implantations à Châteauroux, Limoges, Tarbes, Toulouse, Montluçon, Clermont-Ferrand et une antenne à Paris, il instruisit et arma les maquisards ; il accueillit un grand nombre d'agents du SOE envoyés en France pour soutenir la Résistance intérieure en prévision du débarquement. Le , il fut arrêté par les Allemands et déporté à Buchenwald, dont il revint.

Pour E. H. Cookridge, un historien britannique du SOE, « Maurice Southgate, chef né, fut sans doute le meilleur chef de réseau qu'ait eu la section française ».

Selon Henri Noguères, « Maurice Southgate est en réalité, en , l'une des pièces maîtresses sur l'échiquier du SOE en France. Il est un des chefs de réseau que l'on cite en exemple à Baker Street — et son réseau est, lui aussi, de ceux dont le SOE s'enorgueillit à juste titre ».

Identités

Parcours militaire :

Pour accéder à des photographies de Maurice Southgate, se reporter au paragraphe Sources et liens externes en fin d’article.

Famille

Éléments biographiques

Premières années

1913. Maurice Southgate naît le à Paris XIe.

Il grandit à Paris. Il finit ses études aux Paris British Schools. Il épouse une Française. Il est fabricant de sièges de grand luxe, tapissier décorateur, dans une maison importante qu'il partage avec un associé.

1938. Au moment de la conférence de Munich de , il se présente à l'ambassade britannique pour y faire ses offres de service, mais on le remercie.

1939. Il recommence et, fin août, il est envoyé à Reims, à la 272e Wing, où il reste environ sept mois. Il est sous-officier.

1940. Il est muté à la 298e, à Nantes. Dans la nuit du , il subit le naufrage du bateau de transport de troupe Lancastria bombardé par des avions allemands, au large de Saint-Nazaire. Repêché par des pêcheurs français, il est ramené en France. Il retourne en Angleterre, où il arrive le 19 au matin. Il va y rester jusqu'en 1943.

1941. Une circulaire passe dans les différentes unités de l'Armée, demandant que les Anglais parlant couramment le français donnent leur nom. Il n'y répond pas.

1942. À Picadilly, il rencontre par hasard un camarade qui revient de France. Southgate lui avouant qu'il s'ennuie, le camarade lui indique la marche à suivre pour être expédié en France. Quelques jours plus tard, il reçoit une convocation au Ministère de la guerre. On lui indique les différentes filières. Il est recruté par le SOE et reçoit une « honorary commission » dans la RAF Volunteer Reserve.

Anecdote : Cela fait partie du folklore du SOE qu'un certain délai administratif soit nécessaire pour un tel transfert de l'Armée vers la RAF. Pendant cette période d'attente, Southgate, qui résidait à Londres avec sa mère, ne savait pas bien à quelle arme il appartenait, et il portait alternativement l'uniforme de l'Armée et celui de la RAF. C'est ainsi qu'un voisin s'étonna un jour auprès de sa mère : « Je n'ai jamais vu vos deux fils sortir ensemble ! »

Il suit l'entraînement SOE.

Mission en France

1943

Définition de la mission : Maurice Southgate vient établir le réseau STATIONER, qui doit prendre la suite du réseau TINKER de Benjamin Cowburn « Valérien ». Les consignes sont simples : « ennuyer le boche de toutes les façons, avec le minimum de contrariétés pour les Français ; se garder soigneusement d'entrer en contact avec des groupements politiques français ; continuer la lutte de ses prédécesseurs ; ne pas perdre du temps à faire du renseignement. » Pour démarrer, il dispose de trois contacts : Auguste Chantraine « Octave » dans l'Indre ; Mlle Pilar Alvarez à Tarbes, contact personnel dû à des relations d'affaires d'avant-guerre ; la famille Néraud à Clermont-Ferrand.

1944.

Résumé des accords entre « Hector » et « Gaspard » (voir détails dans l'article consacré au réseau Hector-STATIONER). Au cours de l'entretien du , « Gaspard » essaye de « vendre » à Southgate le plan « Caïman » dont il connaît, à défaut du nom, les grandes lignes, que l'on appelle déjà le plan Kœnig et qui consiste à créer trois réduits, l'un au mont Mouchet dans les monts de la Margeride où se trouvera l'état-major régional, le second dans la région de Chaudes-Aigues et le troisième au Lioran. Ce plan, il semble que « Gaspard » n'en connaisse que les grandes lignes. Il ignore qu'il est mis en sommeil... et surtout il ne peut deviner le refus qui lui sera finalement opposé par les Alliés — en fait par Roosevelt. Aussi ne cache-t-il pas son adhésion enthousiaste. Refus que Southgate n'imagine pas davantage. Southgate rédige aussitôt, pour ses chefs de Baker Street, un long message demandant tout l'appui nécessaire en armes, en munitions, en moyens de transmission et en personnel d'encadrement. « Gaspard », après avoir ainsi joué à l'apprenti sorcier, a toutefois formulé deux réserves : il a rappelé que, désormais, tout ce qui s'adresse à la Résistance française doit passer par l'état-major de Kœnig. Et, pour respecter les structures internes de la Résistance, il subordonne l'accord définitif à une très prochaine réunion du Comité Régional de Libération de R6. Le mois d'avril ne s'achève d'ailleurs pas sans qu'une première initiative prise par le SOE soit interprétée en Auvergne comme apportant la confirmation de l'accord Coulaudon-Southgate : c'est l'arrivée, dans la nuit du 28 au , des deux premiers éléments du réseau FREELANCE, le major John Hind Farmer « Jean » et le lieutenant Nancy Fiocca-Wake « Andrée ». Le troisième membre de la mission, le capitaine Denis Rake devant les rejoindre à la lune suivante. Quant au Comité Régional de Libération, il se réunit le , et approuve le plan proposé.

Aux mains de l'ennemi

Conséquences de l'arrestation de Southgate sur les activités du réseau
Son arrestation a un impact sur les plans pour le D-day, puisque les lignes de communication vers la Normandie passent par son secteur et qu'il est une personne clé des programmes établis pour les couper.
Grâce à ses adjoints, les activités du réseau se poursuivent cependant, après un partage territorial entre Amédée Maingard (réseau SHIPWRIGHT, sud de l'Indre et Vienne) et Pearl Witherington (devenue « Pauline », réseau WRESTLER, nord de l'Indre), tandis que le sud du réseau (Pyrénées, Aquitaine) est repris par les frères Percy et Edmund Mayer (réseau FIREMAN). À noter aussi, à partir du débarquement, l'arrivée de Philippe Liewer (Haute-Vienne et dans une partie de la Dordogne).

1945.

Après la guerre

Il reprend ses activités de concepteur de meubles et décorateur d'intérieur, à Paris. Le , il témoigne au procès de Buchenwald, à Dachau. Le , il accorde un entretien à Michel Jouanneau. Il meurt le . Il est inhumé au cimetière de Saint-André-d'Allas (Dordogne).

Reconnaissance

Distinctions

Monument

À Losse (quartier de Lapeyrade) (Landes), une stèle rappelle les sept agents amenés en France lors de cinq parachutages réalisés entre et sur les terrains d'alentour :

La stèle, érigée à l'initiative de l’amicale du réseau Hilaire-Buckmaster (c'est-à-dire du réseau WHEELWRIGHT), a été inaugurée le .

Annexes

Notes

  1. ↑ Source : Jouanneau, p. 280.
  2. ↑ Pour « chef de réseau », les Britanniques employaient le mot d’« organizer » (organisateur).
  3. ↑ Quartier général de la section F.
  4. ↑ Henri Noguères, tome 8, p. 267.
  5. ↑ Source : Daily Telegraph.
  6. ↑ Ami de Max Hymans, Auguste Chanteraine avait réceptionné Benjamin Cowburn.
  7. ↑ 28, place Marcadieu.
  8. ↑ 37, rue Blatin.
  9. ↑ La date du parachutage varie selon les sources : 13 avril, selon Paturau ; 14 avril selon Boxshall, sheet 30 ; 15 avril, date du parachutage d'Harry Rée indiquée par Boxshall, sheet 23.
  10. ↑ La maison des Néraud a été utilisée comme maison sûre, ainsi que pour des réunions générales du réseau STATIONER. Le nom des Néraud avait été souvent donné comme premier contact aux agents qui venaient pour la première fois en France. Parmi ceux-ci : Sydney Hudson, George Jones, Maurice Southgate, Jacqueline Nearne, John Starr « Bob » et Brian Rafferty. Pendant ses recherches, la Gestapo aurait trouvé une valise appartenant à John Starr et contenant 200 000 francs et des pièces en or. Néraud fut déporté à Buchenwald, où il mourut le 23 mars 1945. Mlle Colette Néraud et sa mère furent internées à Ravensbrück, où la mère mourut le . Seule Colette Néraud survécut et fut rapatriée via la Suède en 1945. [Source : Boxshall]
  11. ↑ Opération : PILOT organisée par Henri Déricourt ; Terrain BRONCHITE près de Tours ; avion Lysander ; équipage : Flight lieutenant Stephen A. Hankey ; personnes amenées (2) : Rémy Clément, Arthur Watt ; personnes remmenées (3) : Maurice Southgate, René Dumont-Guillemet, X. [Source: Verity, p. 282]
  12. ↑ Source Ruby, p. 184.
  13. ↑ Opération : CHAUFFEUR de Maurice Southgate ; appareil : Lysander ; terrain : BILLARD ; pilote : Flt Lt Taylor ; personnes amenées (3) : Lise de Baissac, Philippe de Vomécourt, Arnaud de Vogüe ; personnes remmenées (3) : Jacqueline Nearne, Josette Southgate, M. Régis (ou Savy)
  14. ↑ Source : Nancy Wake, p. 10-11 et 116-117
  15. ↑ 44, rue de Rimard, selon Pearl Witherington.
  16. ↑ Source : Lévy et Cordet, p. 174-715
  17. ↑ Source : Pearl Cornioley, p. 39-40.
  18. ↑ Henri Cornioley.
  19. ↑ Nicault, p. 146.
  20. ↑ Il s'agit probablement d'Arthur Steele, opérateur radio du réseau MONK, qui a été arrêté à Marseille le 26 mars.
  21. ↑ Source : témoignage M.S., 18.06.46. Southgate eut confirmation de cette déclaration par Ernst Vogt et aussi par le jeune officier anglais qu'il retrouva à Buchenwald en 1945 et qui fut malheureusement pendu le mois suivant. Southgate était intrigué par la façon dont les Allemands avaient connu son identité, car il avait été arrêté seul de son groupe, à part le radio.
  22. ↑ D'autres agents du SOE qui sont passés à Buchenwald ont survécu, mais ils avaient été transférés dans d'autres camps avant la libération : Forest Yeo-Thomas, Harry Peulevé, Pierre Culioli.
  23. ↑ Source : Libre Résistance, n° 7, p. 5.

Sources et liens externes