Le Media Research Center (MRC) est un groupe américain conservateur qui se présente comme étant spécialisé dans l'analyse de contenu et la surveillance des médias, basé à Herndon, en Virginie, fondé en 1987 par le militant conservateur L. Brent Bozell III.
Avec un statut d'organisation à but non lucratif, ce MRC a reçu un soutien financier principalement du milliardaire Robert Mercer et d'autres sources proches des milieux conservateurs, notamment les fondations Bradley, Scaife, Olin, Castle Rock et JM, ainsi que d'ExxonMobil,,. En 2018, il a été décrit comme « l'une des branches les plus actives et les mieux financées, et pourtant les moins connues » du mouvement conservateur moderne aux États-Unis. Il abrite aussi, à la même adresse, l'association ProAmerica.

Bozell et un groupe d'autres conservateurs américains ont fondé le MRC le 1er octobre 1987, avec un investissement initial de 339 000 dollars. Avant cela, Bozell était président du Comité d'action politique national conservateur ; il a démissionné de ce poste un mois avant la création du MRC.
Un riche donateur, resté anonyme, a contribué à la mise en place du MRC. Le MRC a aussi reçu le soutien financier de plusieurs fondations, dont les fondations Bradley, Scaife, Olin, Castle Rock, Carthage et JM. Il a aussi reçu des fonds du groupe pétrogazier ExxonMobil. Le MRC rejette le consensus scientifique sur le changement climatique et critique la couverture médiatique qui reflète ce consensus,,.
Le MRC a reçu plus de 10 millions de dollars de son principal donateur individuel, le milliardaire Robert Mercer (l'un des pionniers discrets de l'intelligence artificielle, qui a aussi financé Cambridge Analytica et sa société-sœur AggregateIQ, lancées avec Steve Bannon. Selon sa déclaration de 2015 à l'IRS, l'organisation a enregistré des revenus avoisinant les 15 millions de dollars et des dépenses supérieures à 15 millions de dollars. Le salaire de Bozell pour cette année-là s'élevait à près de 345 000 dollars, auxquels s'ajoutaient près de 122 000 dollars de rémunération supplémentaire versée par l'organisation et des organisations apparentées.

De 1996 à 2009, le MRC publiait une lettre d'information, quotidienne, en ligne, intitulée CyberAlert, rédigée par Brent Baker. Chaque numéro critiquait pour ses lecteurs des reportages publiés dans des médias mainstream américains, et présentés comme politiquement biaisés (en faveur de la gauche), ou jugés inexacts par le MRC.
Avant CyberAlert (de 1988 à 1999), le MRC publiait ce type d'analyses dans une autre lettre d'information mensuelle, intitulée MediaWatch,.
Ces articles d'analyse des médias sont désormais regroupés sous le titre BiasAlert. Tim Graham, directeur de l'analyse des médias, et Rich Noyes, directeur de la recherche, rédigent régulièrement Media Reality Check, une autre publication du MRC documentant les allégations de partialité libérale (c'est à dire en faveur, supposément, de la gauche américaine).
Une rubrique « Notable Quotables » (« Citations marquantes ») recueille des citations de journalistes, présentées comme étant les plus biaisées de journalistes. Elle décerne des prix tels que le « Prix Linda Ellerbee pour un reportage exceptionnel », un nom qui est une allusion moqueuse à une ancienne commentatrice de CNN, que Bozell critiquait comme « une grande gauchiste qui n'a rien à dire ».
Le site web du MRC propose aussi :
En 1992, le MRC a créé en son sein le Free Market Project, un sous-groupe qui promeut les théories de la libre entreprise, et veut lutter contre ce qu'il considère être une manipulation des informations économiques et commerciales par des médias supposés biaisés par des points de vue de gauche. Cette division a récemment changé de nom pour devenir le Business & Media Institute ou BMI (www.businessandmedia.org), ensuite rebaptisé MRC Business, qui se consacre à promouvoir la culture de la libre entreprise aux États-Unis.
Le directeur de recherche du MRC (Rich Noyes) a aussi contribué, comme co-auteur, à plusieurs ouvrages.
Cette entité s'est dotée d'un conseil consultatif comprenant des personnalités comme les économistes Walter Williams et Bruce Bartlett, ainsi que l'ancien présentateur de CNN, David Goodnow. Ce BMI (Business & Media Institute) est dirigé par Dan Gainor (ancien rédacteur en chef de CQ.com, le site web du Congressional Quarterly, un éditeur et service d’information politique américain, spécialisé dans le suivi du Congrès, l’analyse législative et les données sur la politique fédérale des États-Unis). À titre d'exemple, en juin 2006, il a publié une analyse de la représentation des entreprises dans les émissions de divertissement en prime time en mai et novembre 2005, concluant que les programmes TV, notamment la série judiciaire à succès de la chaîne TV NBC, sur la police judiciaire de New York (Law & Order), étaient biaisés en donnant une mauvaise image du monde de l'entreprise. Un autre document publié par le BMI accusait les chaînes de télévision de partialité en faveur du vaccin Gardasil, (qui prévient le cancer du col utérin).
Bozell a fondé CNSNews (anciennement Cybercast News Service) en 1998, pour couvrir des sujets qu'il jugeait insuffisamment traités par les grands médias. CNSNews.com fournit des articles à Townhall.com (site d'opinion, conservateur, traitant de l'actualité politique aux États‑Unis) et à d'autres sites web, moyennant un abonnement.
Cette entité (CNSNews.com) est pilotée par son président (Brent Bozell) et un rédacteur en chef (Terry Jeffrey). Sous la direction de David Thibault, elle a par exemple remis en question la légitimité de la médaille militaire (médaille Purple Heart) attribuée au député démocrate John Murtha (après qu'il eut critiqué la guerre américaine en Irak).
Le Washington Post et Nancy Pelosi ont fait remarquer à ce propos que les méthodes de CNSNews sont similaire aux tactiques du groupe politique conservateur Swift Vets and POWs for Truth, créé en 2004 par d’anciens militaires, et visant à contester le parcours militaire de John Kerry quand il se présentait aux élections américaines de la Chambre des représentants de 2024.
À l'été 2005, le Media Research Center lance NewsBusters, un site web qui se présente comme un blog de réaction rapide, « dédié à dénoncer et combattre les préjugés des médias libéraux ».
Ce site travaille en collaboration avec Matthew Sheffield (un ancien blogueur conservateur qui travaille désormais pour le site web Salon.com), impliqué dans le « scandale des documents Killian » de CBS (un scandale, daté de 2004, aussi dénommé Memogate ou Rathergate où la chaine CBS a diffusé dans son émission 60 Minutes, peu avant l'élection présidentielle américaine de 2004, six mémos présentés comme prouvant que George W. Bush avait bénéficié de favoritisme dans la Texas Air National Guard (une juridiction militaire qui dépend du gouverneur du Texas, et non de l'US Army), avant que des experts ne concluent que ces documents étaient probablement inauthentiques. CBS s'est rétracté et s'est excusé, après enquêtes internes, licenciements et la fin de Dan Rather au journal télévisé). NewsBusters publie des articles rédigés par les membres du MRC en réponse à des articles sélectionnés dans la presse.
Bien que l'orientation politique de NewsBusters soit principalement présentée comme « conservateur », ce site défend aussi, et fréquemment, des néoconservateurs (tenant d'un sous‑courant du conservatisme, né dans les années 1970, plus interventionniste en politique étrangère, promouvant une défense active de la démocratie, l'usage possible de la force et souvent associé à une vision plus musclée de la puissance américaine). Il met aussi en lumière des journalistes et des non-journalistes (écrivains, musiciens, producteurs, scientifiques, etc.) perçus comme ayant des opinions libérales (de gauche),,,.
Le Media Research Center (MRC) a aussi produit et diffusé des analyses sur l'industrie du divertissement.
En mai 1989, le MRC a lancé une lettre d'information bimensuelle baptisé TV, etc. dont la mission, telle que déclarée par L. Brent Bozell III, lors d'une conférence à la Heritage Foundation en 1992, est de « documenter les manœuvres de la gauche au sein de l'industrie du divertissement ».
Selon le magazine Broadcasting, le premier numéro de TV, etc. a critiqué des séries télévisées à succès comme The Golden Girls, Head of the Class, and Thirtysomething, leur reprochant des intrigues ou des dialogues jugés par le MRC hostiles aux conservateurs. La publication du MRC a critiqué les activités de personnalités qu'elle nomme comme étant membre de la « gauche hollywoodienne », et qui seraient en décalage entre les prises de position de gauche des célébrités et leur mode de vie.
En juillet 1989, lors de son congrès annuel, l'AFTRA (Fédération américaine des artistes de la télévision et de la radio) a adopté une résolution critiquant ce bulletin d'information du MRC, et la SAG a fait de même. John Hall, directeur de l'AFTRA, assimile les méthodes de Bozell aux tactiques de mise sur liste noire de l'ère du maccarthysme, l'accusant de menacer directement l'emploi des artistes en faisant pression sur les annonceurs et les chaînes de télévision au-delà des limites de la liberté d'expression, annonçant que les syndicats porteraient l'affaire devant les tribunaux si ces agissements persistaient. De son côté, Bozell a nié faire du ciblage professionnel, qualifiant la réaction de ces deux syndicats d'« hystérique », et estimant que leurs critiques étaient incohérentes avec le fait que ces syndicats auraient dans le passé soutenu des boycotts à des fins politiques.
En 1990, un numéro du magazine TV, etc. a publié les paroles de la chanson « Jesse » du chanteur et compositeur Todd Rundgren, qui s'en prenaient à deux personnalités politiques américaines (Jesse Helms et Tipper Gore) ainsi qu'au pape Jean-Paul II ; et Bozell a aussi écrit à la Warner Bros. Records pour exhorter le label à ne pas inclure la chanson dans le prochain album de Rundgren.
TV, etc. a aussi publié une liste annuelle de programmes jugés « les plus partiaux ». Pour la saison 1991-1992, The Trials of Rosie O'Neill figurait en tête de liste ; et parmi les autres émissions classées figuraient Captain Planet, La Loi de Los Angeles et Les Simpson.
En 1993, Bozell écrit à NBC pour soutenir son émission Against the Grain, qui était en perte d'audience, bien qu'étant selon Bozell une « défense inébranlable de l'éducation et un traitement respectueux et bienveillant de la vie familiale ».