
Le menu est la liste des divers mets qui composent le repas. Dans un restaurant, ou à la cantine, c'est l'ensemble des mets qui peuvent être servis pour un prix déterminé.
Par métonymie, le menu est le feuillet, le carton, le tableau, l'affichette, l’objet ou la brochure qui liste :
Les premiers menus de restaurant apparaissent vers le XIIIe siècle, en Chine, au cours de la dynastie Song. À cette époque, de nombreux marchands se retrouvent dans les centres-villes et manquent de temps et d'énergie pour le dîner. En raison de la grande variété des plats dans la cuisine chinoise, les restaurants ne peuvent plus répondre aux goûts locaux des différentes régions, donnant naissance ainsi au menu.
Le mot menu, dans la terminologie culinaire, est d'origine française. Le nom « menu » vient du même adjectif « menu » signifiant « petit, infime », qui dérive lui-même du latin minutus de même sens.
Aux XVe et XVIe siècles, une liste des mets qui peuvent composer un repas peut être inscrite sur un écriteau comme en attestent le Livre fort excellent de cuysin et un opuscule Mémoire pour faire un écriteau pour un banquet cité par Pierre Jean-Baptiste Legrand d'Aussy qui précise que « C'eſt une liſte de mêts que pouvaient employer les perſonnes qui avaient intention de donner un feſtin. L'auteur leur fournit cinq menus différens, dans leſquels il accumule pêle-mêle, & ſans diſtinction, tous les ragoûts, entremêts, &c, les plus recherchés, qui étaient alors d'uſage ». Ce menu était donc un aide-mémoire destiné au cuisinier ou au maître d'hôtel et non au convive.
De la locution adverbiale par le menu (synonyme de en détail) dans liste détaillée, par le menu, des plats composant un repas vient le terme menu acté en 1718 dans la 2e édition du Dictionnaire de l'Académie française : « On appelle Le menu d’un festin, Le memoire que l’on fait de ce qui doit y entrer, Il y aura demain vingt personnes à table, il faut dresser le menu ».
À cette époque, le terme carte est apparu dans le vocabulaire de la restauration : « Carte se dit aussi du memoire de la despense d’un repas, chez un Traiteur. Apportez la carte », une carte qui se présente sous forme de panneau ou d'ardoise. Les traiteurs vont être concurrencés par les restaurateurs qui utilisent le même moyen de communication : « Carte, chez les Traiteurs ou Restaurateurs, Liste des mets qu’on peut demander. Dîner à la carte. Demander la carte. La carte de ce restaurateur est très-variée. Tel mets n’est pas sur la carte ».
Le fait de citer un mets apparait peu à peu dans la sphère privée. « Lorsque devait figurer une pièce remarquable et tout à fait hors ligne, on pouvait en faire mention au bas des billets d’invitation ; on écrivait par exemple, en forme de post-scriptum :il y aura une carpe du Rhin ». Parfois aussi l'hôte choisit de faire placer des étiquettes sur les cloches qui recouvrent les plats pour en désigner le contenu.
Le menu, en tant que feuillet explicatif destiné au convive, apparaît dans les années 1840-1850 lorsque le service à la française est remplacé par le service à la russe où les mets sont servis aux convives par portion. Jules Gouffé considère qu'il est indispensable, car il présente un « avantage réel pour pouvoir prendre ses dispositions à l'avance et faire ses réserves d'appétit en raison des diverses parties du repas dont on a le plan général sous les yeux ».

Il va devenir « un marqueur d’évènements : évènements familiaux avec les mariages, les baptêmes, les communions, etc ; évènements institutionnels avec les repas d’associations, de confréries, de fraternelles, etc. ; évènements nationaux avec les repas présidentiels, les banquets des maires de France, et bien d’autres encore » et va intéresser les collectionneurs avant les historiens. Son format et sa matière sont laissés à l'appréciation des hôtes.
Au XXe siècle, le menu de restaurant est décliné sur de multiples supports : papier, carton, livret, ardoise et même textile. À partir des années 1990, il se décline parfois sur des écrans dynamiques ; au cours des années 2000, il peut aussi être adapté sur tablettes tactiles. Dans les restaurants haut de gamme, la carte des boissons disponibles est parfois présentée séparément et systématiquement présentée au client masculin lorsqu'il y en a, ce qui est considéré peu à peu comme discriminatoire au XXIe siècle. De même disparait l'habitude de présenter aux dames une carte muette, qui ne mentionne pas de prix.
Voici l'exemple d'un menu où figurent une série de plats en usage au XIXe siècle. Il fut servi au palais impérial de Vienne (dans l'actuelle Autriche), le .
Ce repas a été organisé par l'empereur François-Joseph, en l'honneur du roi de Naples François II, et aux archiducs :
| Plats | |
|---|---|
| Mises en bouche | Allumettes (biscuits salés), canapés, rôtie |
| Potage | Bisque de homard, crème d’orge |
| Hors-d’œuvre | Petits aspics de foie gras, tartelettes de tamboff |
| Relevés | Longe de veau et filet de bœuf garnis, sauce béchamel et demi-glace |
| Entrées | Filets de faisans et purée de champignons, timbale milanaise aux truffes |
| Entremets verts (de légumes) | Cardons à la moelle |
| Mets : rôtis (de volaille et gibier) | À la rôtissoire : poulets de Bruxelles, cailles bardées |
| Salades | Salade et compote |
| Entremets de douceurs (desserts) | Profiteroles au chocolat, mousse de thé |
| Boutehors | Vin et d'épices de chambre, fruits confits dans du sucre ou du miel, nougat de pignons, pâte de coing, noisettes ou pistaches confites, dragées et confitures |
Un banquet de mariage, ou un repas extrêmement formel, comprendra de très nombreux plats. Ils pourront éventuellement être entrecoupés d'une ou plusieurs pauses constituées d'animations et d'un trou normand :
