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Michel Carrade, né le à Tarbes (Hautes-Pyrénées) et mort le à Saïx,, est un peintre français de l'abstraction lyrique.
Il appartient au groupe dit de l'École de Paris. Mais son œuvre subit un profond remaniement en 1969 qui l'oriente vers un travail sur la lumière à partir de la seule couleur prise au plus près de ses qualités physiques comme support de sa recherche.
Peu après la Libération, il monte seul à Paris où il séjournera de manière rudimentaire dans un hôtel rue du Jour près des Halles.
Dès cette époque, il se rapproche en même temps d'un groupe actif de peintres (dont Maurice Garrigues) qui se réunit à l'Atelier 7 à Castres dans le Tarn, où il rencontrera Christian d'Espic, Paul Enjalbert, Maurice Laboye, Jacques Villon, Hans Bellmer et d'autres. Mais dès cette époque aussi, il expose à la galerie Arnaud à Paris parmi toute la jeune génération de l'abstraction lyrique : Zao Wou Ki, Soulages, Gauthier, Debré, Fichet, Lanskoy…

Pour Michel Carrade, cette période des années cinquante est fertile en recherches et contacts avec nombre d'amis et de relations qui s'efforcent activement de comprendre les raisons de cette peinture renouvelée si vigoureuse. « S'il partage sa vie parisienne et laborieuse entre son atelier et son enseignement d'arts plastiques à l'École alsacienne, il ne mélange jamais ses pas. Et cette vie épuisante qu'il coupe, en été, d'un séjour dans le Languedoc, est soudainement rayée au contact d'une lumière différente. Le peintre se plaît à renouer avec une existence rurale, un calme végétal, des amitiés qui lui sont chères. Il retrouve un atelier nu et s'acharne contre cette nudité qui est un peu la sienne : il peindra des nuits entières pour réchauffer, comme il dit, ce vaste et haut grenier afin qu'il devienne une cellule où l'on fabrique du soleil » (Gaston Puel).
Durant cette période, il expose souvent à l'étranger dans des Salons ou des expositions de groupes.
En 1960, le philosophe Jean Grenier, qui a lu Michel Seuphor et J.C. Lambert, et qui s'intéresse à ce mouvement des jeunes artistes parisiens, écrit à Michel Carrade pour convenir d'une émission à la radio avec seize autres peintres abstraits. Cet entretien à la RTF (ainsi que les autres) sera publié en 1963 chez Calmann-Lévy après relecture par chacun des entretiens diffusés.
En 1963, Michel Carrade entre à la Galerie Jeanne Bucher (jusque dans les années 1980) sur invitation de son directeur d'alors, Jean-François Jaeger. Il y fait une première exposition monographique qui s'avère tout aussi prometteuse que celles de la Galerie Arnaud (qu'il est alors obligé de quitter), et qui amène d'autres participations à l'étranger et en France, tandis que Jean Guiraud œuvre de son côté pour faire connaître Carrade en Belgique. Ayant gardé contact depuis 1951 avec Claude Parent, Carrade lui fera connaître Paul Virilio et, avec le sculpteur Morice Lipsi, il se trouve embarqué dans l'aventure d'Architecture Principe, mouvement qui prône par l'intermédiaire de sa revue éponyme (et d'interventions et de réalisations architecturales diverses de Parent et Virilio) un principe d'obliquité pour une architecture qui favorise les circulations (au lieu de les traumatiser par les verticales heurtant les horizontales). Ce groupe se nommera Architecture oblique. Ceci est cité, entre autres, par Roger Taillibert dans son discours du pour la Réception de Claude Parent à l'Académie des Beaux-Arts (Section Architecture). Au fur et à mesure que sa peinture évolue vers un jeu de bandes de couleurs destiné à en produire la lumière qui en résulte, il participe à d'autres nombreuses expositions, notamment avec son ami l'écrivain Charles Juliet. Il devient en 1967 professeur d'art plastique à l'École des Beaux-Arts de Paris, section Architecture U.P.6. En 1968, il organise avec le peintre Albert Chaminade, son collègue professeur de dessin comme lui à l'Ecole alsacienne, l'exposition "du jeu au signe" au Département de l'ARC, Musée d'Art moderne de la ville de Paris. A partir de 1983 jusqu'en 1989 il est nommé professeur de dessin à l'Ecole Camondo par son directeur Roger Fatus.
En 1989, il déménage avec son épouse dans leur maison du Sud-Ouest. Un transfert de poste le déplace comme professeur de dessin (de première catégorie) à l’École d’architecture membre de l'Université de Toulouse II - Le Mirail (jusqu’en 1991). C'est dans cette Université que son ami Jean Guiraud (qui deviendra, lui, professeur à Louvain) se rendra le pour prononcer une conférence à l'initiative de Bertrand Meyer Himoff sur l'œuvre de Carrade. Cette intervention constitue le texte qu'il publiera en 2004 chez Didier Devillez éditeur à Bruxelles, L'énergétique de la couleur, réflexion sur l'œuvre de Michel Carrade.
Il meurt le 4 septembre 2021 des suites d'une dégénérescence neurologique associée au développement d'un cancer tardif.
Cette recension ne concerne que les expositions du vivant du peintre.
Les expositions monographiques sont indiquées en majuscules grasses. Les expositions indiquées en régulières noires sont des expositions de groupes ou des salons: