| Nom de naissance | Constantin Hokhloff |
|---|---|
| Naissance |
15e arrondissement de Paris, Seine |
| Nationalité |
|
| Décès |
(à 79 ans) Draguignan, Var |
| Profession | Acteur |
| Films notables |
Le Trou Ne nous fâchons pas Le Deuxième Souffle Dernier Domicile connu De la part des copains La scoumoune Il était une fois un flic Un homme est mort La Valise |
| Séries notables | Paparoff |
Constantin Hokhloff, dit Michel Constantin, né le dans le 15e arrondissement de Paris, alors dans le département de la Seine, et mort le à Draguignan (Var), est un sportif puis acteur français. Second rôle populaire au cinéma dans les années 1960-1970, il incarne le plus souvent des rôles d'homme viril mais sensible ou ironique, comme gangster ou homme de main.
Il est tête d'affiche de plusieurs longs-métrages, notamment des films policiers et des comédies. Familier des univers de José Giovanni et Georges Lautner, on le retrouve notamment dans des succès populaires comme Le Trou, Ne nous fâchons pas, Le Deuxième Souffle, Il était une fois un flic, Un homme est mort ou encore La Valise.
Constantin Hokhloff naît en dans le 15e arrondissement de Paris de Naoum Hokhloff, officier de l'Armée russe originaire de Mongolie (du fait de son origine, José Giovanni le surnomme « le Kalmouk ») et d'une mère d'origine polonaise, née à Varsovie. Son père est gouverneur de Varsovie à l'époque tsariste. Au début de l'année 1919, ses parents émigrent en France, comme de nombreux autres Russes blancs.
Pendant la guerre, il travaille aux usines Renault de Boulogne-Billancourt, où habite sa famille. Après la Libération, il crée une fabrique d'aiguilles à tricoter. Amateur de sport aidé par sa taille (1,85 mètre), il s'inscrit en 1948 au CO Billancourt dans la section volley-ball, où il joue pendant plusieurs années, remportant le championnat de France 1954 et régulièrement sélectionné en équipe de France. À partir de 1951, il devient pigiste pour le journal L'Équipe. En 1956, il est figurant dans le film En effeuillant la marguerite de Marc Allégret.
En 1959, le cinéaste Jacques Becker prépare l'adaptation du roman de José Giovanni : Le Trou. Il recherche des acteurs amateurs pour incarner des détenus cherchant à s'évader de la prison de la Santé. Son fils Jean Becker lui recommande Constantin, qu'il a connu sur les terrains de volley. À cette occasion, il prend le nom de scène de Michel Constantin. C'est alors le début d'une carrière cinématographique qui comptera soixante-quatre films et téléfilms jusqu'en 1994
Dans les années 1970, il est aussi animateur dans un village de vacances en Italie (à Cecina), puis en Corse dans le village de vacances de la Croix du Sud-Caramontino, dans la baie de Pinarello à Zonza.
Le succès du Trou lui vaut des petits rôles de gangsters au début des années 60. En 1965, il incarne un détenu en liberté conditionnelle embauché comme bûcheron dans Les Grandes gueules de Robert Enrico, aux côtés de Lino Ventura et Bourvil. Le film obtient un succès considérable avec 3,6 millions de spectateurs en France. L'année suivante, Constantin retrouve Lino Ventura dans Ne nous fâchons pas, un film policier parodique signé Georges Lautner, puis dans Le Deuxième Souffle de Jean-Pierre Melville, qui devient rapidement un classique du cinéma policier. Les deux films sont de grands succès publics.
Les critiques mettent l'accent sur sa « grande gueule » et sa carrure, son « visage carré taillé à la serpe, (...) une stature à faire peur et des immenses battoirs à la place des mains », « son visage zébré par des sourcils noirs et touffus ». S'il le sert, son physique le cantonne dans des personnages de dur-à-cuire, « parfois du bon côté de la loi et parfois du mauvais côté ». Son jeu instinctif et sa présence à l'écran font qu'il est souvent comparé à Lino Ventura, ancien sportif comme lui, qui est son partenaire à quatre reprises.
José Giovanni lui donne le rôle principal de son film La Loi du survivant, au côté d'Alexandra Stewart. Il est en haut de l'affiche pour Jerk à Istanboul et Mise à sac, adaptation par Alain Cavalier et Claude Sautet d'un roman de Richard Stark dans lequel il incarne le personnage de Parker francisé sous le nom de Georges. En 1969, il fait une incursion dans le « cinéma d'auteur » en tournant La Fiancée du pirate, de Nelly Kaplan, avec Bernadette Lafont.
En 1970, il retrouve José Giovanni et Lino Ventura en incarnant un malfaiteur inquiétant dans Dernier Domicile connu, qui rencontre un grand succès. Il tourne notamment sous la direction de Jean Delannoy (La Peau de Torpédo), Yves Boisset (Un condé), Jacques Deray (Un homme est mort) ainsi que dans des productions internationales, notamment sous la direction de Terence Young (De la part des copains) et Sergio Sollima (La Cité de la violence), deux films dans lesquels il est le partenaire de Charles Bronson.
En 1971, il revient à la comédie avec Laisse aller... c'est une valse de Lautner, avec Jean Yanne et Mireille Darc. L'année suivante, il tient le premier rôle dans Il était une fois un flic, comédie policière du même Lautner, toujours avec Mireille Darc, qui attire plus de 2 millions de spectateurs. Puis il donne la réplique à Jean-Paul Belmondo et Claudia Cardinale dans La Scoumoune, film policier de José Giovanni. Il obtient un dernier succès notable dans cette décennie avec La Valise, sa quatrième collaboration avec Lautner.
La suite des années 70 est moins faste pour Michel Constantin. Le cinéma policier français, dont il est une figure populaire, est en déclin,. Il tourne notamment avec Serge Leroy (Le Mataf, La Traque), Jean-Pierre Mocky (Un linceul n'a pas de poche), Marc Simenon (Signé Furax). Il en est de même pour les films qu'il tourne en Italie avec Sergio Corbucci (Deux Grandes Gueules) ou Tonino Valerii (Les Requins du désert). Il renoue cependant avec le succès populaire au début des années 80 avecTir groupé de Jean-Claude Missiaen avec Gérard Lanvin, Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ de Jean Yanne et Les Morfalous de Henri Verneuil avec Belmondo. En 1991, il tourne pour la dernière fois dans Ville à vendre de Jean-Pierre Mocky.
Délaissé par le cinéma, il tourne plusieurs téléfilms dans les années 80, notamment sous la direction de Josée Dayan (Le Deuxième Couteau), apparaît dans des épisodes de Marc et Sophie et de la série franco-italienne Le Professeur avec Bud Spencer et Mylène Demongeot. De 1988 à 1991, il tient le rôle principal de la série Paparoff, un policier à la retraite qui joue au volley-ball dans un village de vacances. Réalisée par Denys de La Patellière, avec notamment André Pousse et Michel Duchaussoy, cette série est « une forme d'adieu au polar d'antan ».
Amateur de jeux télévisés, il participe à L'Académie des neuf dans les années 1980. En 1985, il anime Anagram, un jeu télévisé diffusé sur TF1. Au bout de six mois, il est remplacé par Daniel Prévost.
Le , Michel Constantin épouse Maud Serres, une jeune enseignante dont il avait fait la connaissance un an plus tôt. En 1962, le couple a une fille prénommée Sophie (1962-2026). Maud Serres meurt en 1996.
Il habitait à Sainte-Maxime, dans le Var, où il possédait une villa dans le quartier de Beauvallon. Grand joueur de bridge, il a été vice-président du Bridge-Club de Sainte-Maxime.
Michel Constantin meurt le , à l'âge de 79 ans, d'un malaise cardiaque dû à la canicule de 2003 ; ses cendres sont dispersées sur la plage de la presqu'île de Giens où il avait rencontré sa femme.