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| Distinctions | Liste détaillée Médaille de la Résistance () Grand officier de la Légion d'honneur () Croix de guerre 1939-1945 Déporté résistant King's Medal for Service in the Cause of Freedom (en) |
Michel Hacq, né le à Nevy-sur-Seille et mort le à Boulogne-Billancourt, est un commissaire de police français, considéré comme l'une des figures de la résistance policière.
Policier germanophone, spécialiste de la surveillance du territoire, il s'engage sous l'Occupation dans plusieurs réseaux de renseignement, dont le réseau Ajax, au sein duquel il dirige la centrale de la zone sud. Arrêté à Paris en puis déporté au camp de concentration de Mauthausen, il survit à la déportation. Après la Libération, il mène une carrière de haut fonctionnaire de police : direction de la sûreté dans la Sarre occupée, puis de l'École nationale supérieure de la police et de la police judiciaire. À ce dernier poste, il conduit à partir de 1961 la lutte contre l'OAS en Algérie. Nommé conseiller d'État en service extraordinaire, il participe à la création de la Fondation de la Résistance.
Son père enseignant l'allemand, Michel Hacq maîtrise très tôt cette langue, qu'il enrichit lors de deux séjours, à Munich en 1927 puis à Londres deux ans plus tard. Titulaire d'une licence en droit obtenue la même année, il s'oriente vers la police au sortir de son service militaire. Reçu commissaire en 1934, il est en poste à Vitré, à Reims, puis à Paris.
À compter du , il exerce à Belfort comme commissaire spécial de la surveillance du territoire et y demeure jusqu'à l'entrée en guerre. Après un passage par Draguignan, il gagne Toulon en , où il prend la direction de la sûreté urbaine. Il s'y consacre d'abord à la répression des communistes — l'arrestation de 17 militants en lui attire les compliments du régime de Vichy — avant de basculer dans la clandestinité,.
En contact avec les services alliés, Michel Hacq accueille en métropole l'agent américain Fred Brown, de l'OSS, avec lequel il met sur pied dès le premier réseau américain implanté en France. Il opère successivement au sein des réseaux Brown, Azur, Ali, puis Ajax, où il porte les pseudonymes de Jasmin, Forain et Zitner. Les manquements et les fréquentes indisponibilités de Fred Brown le conduisent à assumer dans les faits la conduite du réseau.
Dans la nuit du 18 au , il met sur pied avec Torricini un parachutage d'envergure du côté de Saint-Jean-de-Sault, dans le Vaucluse, qui ramène Fred Brown en France ; selon l'historien Jacques Baynac, Jean Moulin aurait assisté à l'opération. Michel Hacq tisse par ailleurs tout un maillage d'indicateurs au sein de l'arsenal de Toulon et prend, pour Ajax, la direction de la centrale couvrant la zone sud, en remplacement du commissaire Pierre Petitjean.
L'arrestation de Fred Brown, le , le contraint à la clandestinité sans interrompre son activité. Il réceptionne les agents que déposent sur la côte les sous-marins Casabianca et Marsouin, entrepose des armes dans une ferme du cap Camarat, fait évader des résistants, met à mal les transmissions ennemies, vise les locaux du STO, héberge des agents et va jusqu'à leur procurer de vrais papiers de police. Le , il organise l'évasion du docteur Albert Simon, l'un des dirigeants de Radio-Patrie. Bien qu'absent au moment du débarquement de Provence, il compte parmi ceux qui l'ont préparé ; Ramatuelle lui décerne la citoyenneté d'honneur.
Réfugié à Lyon, Michel Hacq apprend qu'on songe à lui pour diriger Ajax en zone nord, ce qui suppose un entraînement préalable à Londres. À Paris, où il fait étape, il est appréhendé le , place Victor-Hugo, livré par l'inspecteur Léon Loiseau, en même temps que son adjoint, l'inspecteur Francis Finelli ; une large part du réseau tombe avec eux. Il subit de lourdes tortures à Marseille de la main de Georges Delfanne, dit Masuy ; emprisonné à Fresnes puis à Royallieu, il est ensuite déporté à Mauthausen, où il est affecté aux kommandos de Melk et d'Ebensee. À sa libération, en , il regagne la France atteint d'une invalidité de 50 %.
Malgré son invalidité, Michel Hacq reprend du service. Affecté à la direction du service régional de police judiciaire de Bordeaux, il passe en 1946 au commissariat général aux affaires allemandes et autrichiennes, puis prend en charge les services de contrôle du haut-commissariat français dans la Sarre de 1948 à 1953. Il dirige ensuite l'École nationale supérieure de la police, à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, qu'il quitte en pour prendre la direction de la police judiciaire, à la tête de laquelle il reste jusqu'en 1968,.
À ce poste, il mène contre l'OAS une lutte acharnée, dont il parvient à enrayer les opérations. Il crée à cette fin une structure spécialisée, la mission « C » — pour « choc » —, chargée de combattre, dès 1961, le terrorisme sur le sol algérien. Connu sous le nom de « professeur Hermelin », il commande depuis Hussein-Dey une équipe de 200 policiers et gendarmes qui, en peu de temps, appréhende plus de 600 personnes, parmi lesquelles le général Raoul Salan.
Homologué commandant, Michel Hacq est nommé conseiller d'État en service extraordinaire en 1968 et prend sa retraite l'année suivante. Il participe à la création de la Fondation de la Résistance,.
Il est reconnu « déporté résistant ».
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