Mir@bel(Mutualisation d’Informations sur les Revues et leurs Accès dans les Bases En Ligne) désigne à la fois une base de connaissance participative d'informations sur les revues, ainsi que le réseau de professionnels (documentalistes, bibliothécaires, éditeurs) enrichissant cette base. Ainsi on devient membre partenaire de Mir@bel (le réseau) pour alimenter Mir@bel (la base de connaissance).
Le prototype de Mir@bel est présenté lors de la «Journée d'étude sur la mutualisation des systèmes de signalement des contenus de périodiques en sciences humaines et sociales», le à Lyon.
Une deuxième version proposant une nouvelle interface et de nouvelles fonctionnalités est mise en place en 2012. En , le réseau annonce la diffusion de ses contenus sous licence ouverte puis en , le code source de l'application est libéré sous licence Affero GPL et placé sur Gitlab.
En 2020, sous l’égide du Comité pour la science ouverte, Mir@bel noue un partenariat avec l'équipe du Jisc(en) ayant développé la base Open policy finder (anciennement Sherpa Romeo). Un groupe de travail est lancé à cet effet piloté par Bernard Teissier,. Ainsi naît en un service de déclaration des politiques de publication, pour les revues scientifiques françaises, animé par un groupe de modération au sein du réseau Mir@bel.
En 2020, puis 2023, le réseau Mir@bel est deux fois lauréat de l'appel à projet du Fonds national pour la science ouverte (FNSO), sous la coordination de Sophie Fotiadi.
Contenu
La base de connaissance Mir@bel longtemps dédiée aux revues scientifiques de sciences humaines et sociales (SHS) s’est progressivement enrichie de publications issues d’autres disciplines en sciences, techniques et médecine (STM) ainsi que de revues professionnelles, de magazines, de journaux de presse.
La couverture thématique de Mir@bel est intrinsèquement liée aux besoins et à l’investissement des membres du réseau qui l’alimentent. Pour exemple, les bibliothèques des établissements de sciences politiques l’ont investie pour signaler les accès en ligne aux revues dans cette discipline, de même pour les documentalistes du réseau des écoles d’architecture ou les membres du réseau Frantiq au profit des revues en archéologie ou sciences de l'Antiquité.
Les revues référencées sont majoritairement anglophones, francophones, hispanophones ou germanophones; les deux-tiers des revues sont bilingues. Les revues référencées sont autant en cours de publication qu'ayant cessé de paraître.
En 2009, la base indique principalement, pour chaque revue, les sources possibles de texte intégral des articles, les sommaires des numéros, les résumés des articles et les références bibliographiques. Elle évolue ensuite en signalant de nombreux rebonds complémentaires permettant d'accéder à tout l'environnement en ligne d'une revue. Ainsi, Mir@bel contribue à la qualité des métadonnées des revues,, notamment grâce à des mises à jour automatisées depuis plusieurs plateformes de diffusion (nommées «ressources» dans Mir@bel) comme Cairn.info, Érudit, OpenEdition, Persée ou les plateformes d'éditeurs ou les pépinières de revues fédérées au sein du réseau Repères, mais également grâce au travail de veille individuel des membres du réseau et à un partenariat renforcé,, avec l'Agence Bibliographique de l'Enseignement Supérieur (ABES) ou le centre ISSN France,.
À partir de 2021, les éditeurs français de revues sont décrits dans Mir@bel en incluant leur identifiant IdRef pour aboutir à un alignement des deux bases depuis 2024.
Depuis 2022, plus d'une centaine d'éditeurs (maisons d'édition, sociétés savantes, laboratoire ayant développé une activité éditoriale...) bénéficie du service de déclaration des politiques de publication dans Mir@bel.
En 2024, plus de 20 000 revues sont signalées dont 6000 quotidiennement mises à jour de manière automatisée.
Organisation et fonctionnement
Le réseau Mir@bel repose sur des conventions mais ne dispose pas d'une personnalité juridique propre. En 2024, il est piloté par 4 établissementsSciences Po Lyon, Sciences Po Grenoble, la MSH Dijon et l'ENTPE, qui envisagent les orientations et une feuille de route annuelle, en relation avec un comité de pilotage opérationnel ouvert aux membres partenaires qui souhaitent s’y investir.
Deux types de partenariat peuvent être contractés pour participer au réseau:
une convention de partenariat est signée entre les établissements membres veilleurs avec Sciences Po Lyon par délégation pour les autres établissements pilotes;
un partenariat plus souple pour les éditeurs se traduit par une lettre d’engagement.
La base de connaissance est ainsi alimentée de 3 façons par:
des partenaires veilleurs au sein d'établissements ayant signé une convention, majoritairement représentés par des bibliothèques universitaires ou d'autres services documentaires;
des partenaires éditeurs représentant des maisons d'édition publiques et privées mais aussi quelques laboratoires ayant développé une activité éditoriale;
des partenaires ressources représentant essentiellement des plateformes de diffusion avec lesquelles une automatisation des mises à jour a été mise en œuvre.
Le fonctionnement du réseau et l'alimentation de sa base de connaissance reposent sur le partage et la mutualisation des informations sur les revues,. Plusieurs dizaines de bibliothèques et d'établissements francophones l'utilisent et vérifient son contenu.
L'interface est développée par SILECS, société de service en informatique spécialisée dans les solutions informatiques libres. La base de connaissance a été financée à ses débuts par la Région Rhône-Alpes, et reçoit depuis plusieurs années de nouveaux financements issus de dépôts de projets lauréats ou de soutiens financiers institutionnels.
Exemples d'applications et interconnexions
Schéma de présentation de la production des données dans Mirabel (mars 2023)
Mir@bel a déployé un service de déclaration des politiques de publication pour les revues scientifiques françaises qui a vocation à alimenter la base Sherpa Romeo et par ricochet l'archive ouverte HALégalement.
Le projet Mir@bel2022 lauréat du FNSO, regroupe 14 partenaires engagés à "coopérer pour faciliter le référencement des revues en accès ouvert dans le DOAJ et à contribuer à l'amélioration du partage des métadonnées sur les revues scientifiques et leurs structures éditoriales".
Notes et références
12Christine André, «Mutualisation du signalement des contenus de périodiques en sciences humaines et sociales», Bulletin des bibliothèques de France, no2, , p.116-117 (ISSN0006-2006, lire en ligne)
↑Carole Tilbian, «Valoriser les périodiques en SHS: le modèle collaboratif de sign@l», dans Christelle Di Pietro, Produire des contenus documentaires en ligne: Quelles stratégies pour les bibliothèques?, Presses de l’enssib, coll.«La Boîte à outils», , 40–47p. (ISBN978-2-37546-060-3, DOIhttps://doi.org/10.4000/books.pressesenssib.2814, lire en ligne), p.39-40
↑«Bernard Teissier, responsable du Centre de ressources documentaires et numérique de l’ENTPE, copilote du réseau Mir@bel», Arabesques, no108, , p.28 (ISSN2108-7016 et 1269-0589, DOI10.35562/arabesques.3171)
↑Aurélie Fichot, «Mir@bel: tout l’univers des revues à portée de clic», Le français à l'université. Bulletin des départements de français dans le monde, nos22-04, (lire en ligne, consulté le )
↑Aurélie Fichot, «Politique éditoriale des revues. Des outils pour mieux appréhender cet écosystème complexe», MAGAFSP, no5, , p.32-33 (lire en ligne)
↑Cyrielle Avisse et Yannick Bernardie, «ArchiRès/Mir@bel: un partenariat qui valorise la science ouverte en architecture», Culture et recherche, no144, , p.124-125 (HALhal-04141447, lire en ligne)
↑Dépouillement: Le dépouillement des périodiques: sa valeur ajoutée et sa mutualisation. L'expérience en Fédération Wallonie-Bruxelles, , 17p. (lire en ligne), p.15.
↑Sophie Fotiadi, «Mir@bel: une porte d’entrée sur l’univers en ligne des revues!» , sur Tribune Compétences Informationnelles. Initié par le groupe de travail pour la Promotion du développement des compétences informationnelles (PDCI) du réseau de l’Université du Québec, (consulté le )
↑(en) Dimity Stephen et Stephan Stahlschmidt, Landscape study of small journal publishers for the Knowledge Exchange Task & Finish Group for «Small Publishers and the Transition to Open Access», Berlin, German Centre for Higher Education Research and Science Studies (DZHW), (DOI10.5281/zenodo.7258049, lire en ligne), Overall Conclusion, p.40:
«"[...] As such, we recommend that future studies aiming to expand the coverage of small publishers examine alternate data sources [...] such as DataCite. Nationally-oriented data sources, e.g. Mir@bel for France ..."»
12Delphine Bleesz et Morgane Parra, «BACON, facilitateur du signalement des périodiques en libre accès dans les outils de découverte et dans le Sudoc», Arabesques, no108, , p.22 (ISSN2108-7016 et 1269-0589, DOI10.35562/arabesques.3160)
↑«Le saviez-vous? Le signalement des revues françaises en ligne est désormais enrichi et valorisé par l’import d’un lien vers Mir@bel», Actualités du catalogue, BNF, no53, (lire en ligne, consulté le )
↑Claire Dandieu, Carolina Verlengia, Basile Bayoux et Morgane Parra, «Repères, Mir@bel et l’Abes: coopérer pour améliorer la visibilité des revues Diamant», Punktokomo, (e-ISSN2728-6770, lire en ligne, consulté le )
↑«Assemblée générale ordinaire 2021 du 24 mars 2022 et renouvellement du conseil d’administration», Journal de la Société des Océanistes, no154, , p.221-230 (lire en ligne, consulté le ):
«Nous mettrons aussi nos données à jour dans Mir@bel (base de connaissance de revues scientifiques) qui offrira, d’ici peu, une chaîne de traitement permettant aux revues de déclarer leur politique en matière de science ouverte via un compte ; Mir@bel vérifiera ensuite le dossier et le transmettra à sherpa romeo ainsi qu’à d’autres bases de données bibliographiques. Il sera possible de mettre à jour les données dans Mir@bel en fonction de l’évolution de la politique d’accès de la revue.»
↑Fichot, Aurélie, «Mir@bel: tout l’univers des revues à portée de clic», Le français à l'université. Bulletin des départements de français dans le monde, nos22-04, (lire en ligne, consulté le )
12Anabel Vazquez et Sophie Fotiadi, «Une veille collaborative au service des revues: l’exemple du réseau Mir@bel», Documentation et bibliothèques, vol.65, no4, , p.34–45 (ISSN2291-8949 et 0315-2340, DOI10.7202/1068660ar)
↑L'association Kohala a présenté un poster réalisé par la Bibliothèque universitaire de Rennes 2 aux journées de l'Agence bibliographique de l'enseignement supérieur (Jabes 2021). Dédié aux plugins pour améliorer la qualité du catalogue, il met notamment en avant l'extension Koha ⇄ Mir@bel.
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Anabel Vazquez et Sophie Fotiadi, «Une veille collaborative au service des revues: l’exemple du réseau Mir@bel», Documentation et bibliothèques, vol.65, no4, (DOI10.7202/1068660ar)