| Fondation | |
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| Prédécesseur |
Mobilier national et manufactures nationales des Gobelins de Beauvais et de la Savonnerie (d) |
| Forme juridique | |
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| Domaine d'activité |
Gestion des sites et monuments historiques et des attractions touristiques similaires |
| Siège |
Mobilier national (depuis ) |
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| Site web |
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| SIREN | |
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| OpenCorporates |
Le Mobilier national est un établissement public français dépendant de la direction générale de la création artistique du ministère français de la Culture, héritier du Garde-meuble de la Couronne. Les manufactures nationales de textiles ainsi que les ateliers-conservatoires de dentelles y ont été rattachés au cours du XXe siècle après son déménagement à proximité de la manufacture des Gobelins. Depuis 2025, il est inclus dans l'établissement public Manufactures nationales - Sèvres & Mobilier national. Il gère le mobilier de l'État français, tel l'ameublement des ministères et ambassades, son stockage, ses restaurations, et sa conception, notamment avec l'Atelier de recherche et de création.
À la fin du Moyen Âge, « l'ameublement des châteaux royaux est un enjeu primordial pour la cour royale qui se met en scène à travers l'exposition de ses collections d'objets d’art, essentiellement l'orfèvrerie et les textiles ». La cour itinérante nécessite ainsi un service de l'intendance royale chargé, en coulisses, de pourvoir en meubles et en tapisseries les différentes résidences royales, ainsi que celles de leurs serviteurs (en premier lieu les ministres) afin de rendre possible cette représentation quasi permanente. La responsabilité des meubles incombe généralement au valet de chambre tandis que l'entretien et la garde des tapisseries et tentures d'apparat est confiée aux tapissiers, ces deux fonctions ayant tendance à fusionner au XVIIe siècle et devenir des valets de chambre-tapissiers.
Sous l'Ancien Régime, Henri IV crée le Garde-Meuble royal en 1604, administration royale que Colbert réorganise en 1663 sous le nom de Garde-Meuble de la Couronne et qui, après plusieurs lieux, s'installe en 1772 dans un bâtiment spécialement créé, l'hôtel du Garde-Meuble, actuel hôtel de la Marine à Paris.
Supprimé à la Révolution, le 30 Floréal an VI (), cette administration renaît en 1800 sous le nom de Garde-Meuble des Consuls, puis Mobilier impérial en 1804. À la suite de plusieurs autres déménagements, il s'installe de 1852 à 1937 au 103 quai d'Orsay, correspondant au terrain aujourd'hui occupé par le musée du quai Branly.
Il prend son nom actuel de Mobilier national après la chute du Second Empire en 1870. La dispersion de ses collections entre différents ministères, administrations et palais est alors aggravée par les incendies du palais des Tuileries et du château de Saint-Cloud.
Dans ses locaux du 103 quai d'Orsay, en partie reconstruits en 1884, un musée est ouvert deux jours par semaine le jeudi et le dimanche, afin « de faire passer successivement sous les yeux du public les séries de tapisseries et les meubles précieux qui appartiennent au mobilier national ».
En 1892, l'administrateur du Garde-Meuble National, Édouard-Thomas Williamson, est l'auteur d'un catalogue de la collection du musée. La IIIe République ordonne par la loi du , la réalisation d'un inventaire des meubles présents dans les réserves.
En 1901, le musée du Louvre prend en charge par décret du gouvernement une partie des collections et des pièces rares, auparavant réunies dans le musée du Garde-Meuble.
En 1937, le Mobilier national quitte le terrain du quai d'Orsay, pour accueillir le Centre des métiers de l'Exposition universelle de 1937 et est installé dans un nouveau bâtiment construit par Auguste Perret sur les anciens jardins de la manufacture des Gobelins.
En 1959, le Mobilier national est rattaché au ministre chargé des Affaires culturelles et en 1982, il est placé sous la tutelle de la Délégation aux Arts plastiques du ministère de la Culture.
Le , le Mobilier national devient un service à compétence nationale,.
Au , en application du décret no 2021-1890, il change à nouveau de statut pour celui d'établissement public à caractère administratif.
Depuis 2020, le Mobilier national lance une campagne de nouvelles acquisitions. Durant le premier confinement, le Mobilier national, avec le soutien du ministère de la Culture, a lancé un appel à propositions pour soutenir ce secteur du design fragilisé, au moyen d’une campagne inédite d’acquisition.
Au , le Mobilier national et la Cité de la céramique à Sèvres et Limoges fusionnent en un seul établissement public : Mobilier national - Musée national de céramique - Musée national Adrien Dubouché - Manufactures nationales de Sèvres, des Gobelins, de Beauvais et de la Savonnerie - Atelier de recherche et de création - Ateliers de dentelles d'Alençon et du Puy-en-Velay.


Il a pour mission de meubler les bâtiments officiels de la République française (Palais de l'Élysée, hôtel de Matignon, certains ministères et ambassades à l'étranger, etc.), auxquels il prête certains des objets de sa collection. Celle-ci en compte plus de 200 000, datant du XVIIe siècle à nos jours. 75 000 d’entre eux possèdent une valeur patrimoniale, parmi lesquels plusieurs milliers d’objets prestigieux ou précieux. Ils stockent également les drapeaux étrangers utilisés lors des réceptions de dignitaires étrangers.
Il est également chargé de la conservation et de l'entretien de ces objets, au sein de sept ateliers d'art : restauration de tapisseries, restauration de tapis, tapisserie d'ameublement, tapisserie de décor, menuiserie en sièges, ébénisterie et lustrerie-bronze.
Outre les objets eux-mêmes, le Mobilier national conserve une documentation comprenant des dessins ou des archives.
En 1964, André Malraux, alors ministre de la Culture, fait créer un atelier de recherche et de création au sein du Mobilier national : l'ARC.
Le Mobilier national a aussi un rôle de médiation culturelle, notamment par l'organisation d'expositions.
Ces principales missions ont été définies par un décret en date du ,, codifié entre-temps au code du patrimoine.
Au Mobilier national ont été rattachés :
Fin et pour la première fois, sont aquis dans les réserves des objets et des meubles contemporains en terre cuite. Ces ajouts font suite au rapprochement avec la cité de la céramique-Sèvres et Limoges. Le président de l'institution détaille l'arrivée d'une soixantaine d'œuvres de 39 designers pour la campagne d’acquisition de 2026. Celle-ci inclut les lampes Paravent (2025) de Marc Venot et 05 (2022) de Stéven Coëffic, les vases EB#18 (2025) d'Edouard Taufenbach et Bastien Pourtout, Shapes of the Sea de Valentin Jager et Vacuum Platinum (2020) de Clément Brazille, ainsi que la jarre Moon Jar de Jacques Monneraud. Du côté du mobilier, on peut citer le tabouret Grès (2020) de l'Atelier Baptiste & Jaïna, la console Corettea (2025) de Maison Leleu.
Depuis l'origine de l'institution, l'administration générale du Mobilier national réalise périodiquement l'inventaire de ses richesses. Le premier inventaire connu fut entrepris par Gédéon Berbier du Mets, dès sa nomination par Colbert à la tête du Garde-Meuble royal. L’inventaire entrepris depuis 1950 est aujourd’hui informatisé.
L'une des missions importantes de l'établissement, est la vérification régulière de la présence physique des biens mis à disposition, sous sa responsabilité, afin d'éviter des « disparitions », lors des prêts aux différents organismes (environ 180 000 prêts)
Les observations successives de la Cour des comptes, et particulièrement son rapport public de 1996, ont conduit le Premier ministre de l'époque, Alain Juppé, à publier une circulaire, le de cette même année, à la suite de laquelle le décret no 96-750 du a créé une commission (la CRDOA), chargée de diriger le récolement de tous les dépôts de mobilier et d'œuvres d'art consentis par la Direction des musées de France, le Musée national d'art moderne, le Mobilier national, le Fonds national d'art contemporain. Les travaux de cette nouvelle commission, ont débuté en , et depuis lors, de nombreuses irrégularités sont signalées périodiquement aux autorités compétentes, suivies de dépôts de plaintes.
En 2007, peu avant son départ, le Premier ministre de l'époque, Dominique de Villepin, avait fait diligenter un inventaire général, transmis à son successeur François Fillon, et qui avait permis à la commission de récolement, et de l'inventaire physique, de constater la disparition de plus de 17 000 pièces, soit environ 19,1 % des objets prêtés,.
Plus récemment, la Cour des comptes, dans son rapport 2014, indique que 625 objets, ainsi que 32 œuvres prêtées par les musées nationaux, sont signalés comme « non vus »,, ce que la Cour des comptes assimile à de pures et simples « disparitions ».
Avec un taux de perte de 26 %, le ministère des Affaires étrangères est le plus mauvais élève. Les ambassades, richement dotées, sont les plus faciles à dépouiller. En particulier en Europe de l’Est, où l’on a retrouvé des objets provenant des représentations françaises sur le marché de Naschmarkt, à Vienne, en Autriche.
Son dépôt est situé 1 rue Berbier-du-Mets, dans le 13e arrondissement de Paris (quartier de Croulebarbe), dans un bâtiment en béton armé construit en 1936 par Auguste Perret sur les anciens jardins de la manufacture des Gobelins. Son entrée principale se situe sur la place en Hommage-aux-Femmes-Victimes-de-Violences, près du square René-Le Gall.