| Mont Elbert | |||
Vue du mont Elbert. | |||
| Géographie | |||
|---|---|---|---|
| Altitude | 4 399 m | ||
| Massif | Chaîne Sawatch (montagnes Rocheuses) |
||
| Coordonnées | 39° 07′ 03″ nord, 106° 26′ 43″ ouest | ||
| Administration | |||
| Pays | |||
| État | Colorado | ||
| Comté | Lake | ||
| Ascension | |||
| Première | 1874 par H. W. Stuckle | ||
| Géologie | |||
| Roches | Roches métamorphiques | ||
| Géolocalisation sur la carte : États-Unis
Géolocalisation sur la carte : Colorado
| |||
| modifier |
|||
Le mont Elbert (4 399 mètres) est le point culminant des montagnes Rocheuses en Amérique du Nord et de l'État du Colorado. Il est aussi le deuxième plus haut sommet des États-Unis contigus après le mont Whitney. Il se situe dans la chaîne Sawatch et dans le comté de Lake, au Colorado. Il se trouve dans la forêt nationale de San Isabel à 19 km au sud-ouest de la ville de Leadville.
Il a été nommé en l'honneur d'un homme d'État du Colorado, Samuel Hitt Elbert, gouverneur du territoire du Colorado de 1873 à 1874. Henry W. Stuckle est le premier à réaliser une ascension du sommet, en 1874.
Le mont Elbert est nommé par des mineurs en l'honneur de Samuel Hitt Elbert (en), alors gouverneur du territoire du Colorado, parce qu'il négocie un traité en avec les Utes, qui ouvre à l'exploitation minière et ferroviaire plus de 12 000 km2 de terres de réserve.
Le mont Elbert est le plus haut sommet des montagnes Rocheuses. Il est visible depuis Leadville, en direction du sud-ouest, souvent couvert de neige même en été. De nombreux autres fourteeners entourent le mont Elbert dans toutes les directions, et celui-ci se trouve à proximité immédiate des pics Collegiate du centre du Colorado. Le mont Massive voisin, au nord, est le deuxième plus haut sommet des montagnes Rocheuses et le troisième plus haut sommet des États-Unis contigus, tandis que le pic La Plata, au sud, est le cinquième plus haut sommet des Rocheuses. La localité de Twin Lakes se trouve au pied du mont Elbert, Denver est à environ 210 km à l'est, Vail à 80 km au nord et Aspen à 65 km à l'ouest. Leadville, à environ 25 km au nord-est, est la ville importante la plus proche. Le sommet parent de l'Elbert est le mont Whitney, en Californie. En incluant l'Alaska et Hawaï, le mont Elbert est la quatorzième plus haute montagne des États-Unis.
Le mont Elbert fait partie de la chaîne Sawatch, un soulèvement issu de l'orogenèse laramienne qui se sépare du chaînon Mosquito (en), à l'est, il y a environ 28 millions d'années. Les sommets de cette chaîne sont fortement soumis à l'action des glaciers, qui laissent derrière eux des formes sommitales caractéristiques et d'autres indices de cette glaciation. Par exemple, la base de l'Elbert, sur son versant oriental, présente des étendues de roches magmatiques et métamorphiques mises au jour lors du retrait des glaciers, laissant une moraine latérale. Plus haut sur le versant oriental se trouve un vaste cirque abritant un petit ombilic glaciaire. On trouve également des lacs au nord et au sud, respectivement le lac Turquoise et les Twin Lakes ; ceux-ci résultent d'un barrage naturel formé par des moraines frontales, tandis que le lac Turquoise est créé par le barrage artificiel de Sugar Loaf.
Le mont Elbert est principalement composé de quartzite. Cependant, son arête sommitale est constituée de roches métamorphiques du socle, d'origine précambrienne et âgées d'environ 1,7 milliards d'années. On y trouve diverses intrusions ignées, notamment de la pegmatite, ainsi que des bandes de gneiss et de schiste. Contrairement aux proches montagnes d'altitude similaire, le mont Elbert ne possède ni couverture neigeuse permanente ni cirque nord proéminent, ce qui peut s'expliquer par sa position dans l'ombre pluviométrique d'autres montagnes d'altitude comparable.
Les conditions météorologiques changent souvent rapidement et les orages de l'après-midi sont fréquents en été ; la grêle et la neige sont possibles toute l'année. Un orage au sommet de la montagne est jugé suffisamment remarquable pour faire l'objet d'un article dans le numéro de de la revue Science.
Le sommet du mont Elbert constitue un environnement alpin, où poussent notamment Phacelia sericea (phacélie soyeuse), Hymenoxys grandiflora et Geum rossii (benoîte des Alpes). On y trouve également Carex atrata var. pullata, Salix desertorum, Platanthera hyperborea, Thalictrum fendleri, Aquilegia canadensis, Chenopodium album, Gentiana detonsa var. hallii et Bigelovia parryi. En dessous de la limite des arbres, la montagne est fortement boisée, les versants inférieurs étant couverts d'un mélange de pins tordus, d'épicéas, de peupliers et d'abies.
Parmi les animaux signalés figurent des ours noirs, des marmottes, des cerfs mulets, des pikas et des gaufres à poches ; de nombreuses espèces d'oiseaux sont également présentes. Des wapitis, des tétras, des dindons sauvages et des mouflons sont présents dans la région pendant l'été. Les grizzlys y ont disparu.
En 1873, Anna Elizabeth Dickinson et son mari John gravissent la montagne à dos de mulets empruntés au gouvernement des États-Unis.
La première ascension documentée du sommet est réalisée par H. W. Stuckle en 1874, alors qu'il étudie la montagne dans le cadre du Hayden Survey.
Initialement mesurée à 4 399 m, l'altitude du mont Elbert est ensuite révisée 4 400 m à la suite d'une réévaluation des altitudes cartographiées, ce qui provoque des protestations. Le changement effectif intervient en 1988 à la suite de l'adoption du North American Vertical Datum of 1988 ; il semble que la mesure originale soit issue du Sea Level Datum of 1929,,. Une controverse éclate après la Grande Dépression au sujet de l'altitude de l'Elbert et de son voisin, le mont Massive, dont les altitudes ne diffèrent que de 3,7 m. Cette situation donne lieu à un différend qui atteint son paroxysme lorsque les partisans du mont Massive construisent de grands amas de pierres au sommet afin d'augmenter son altitude, avant que les partisans du mont Elbert ne les démolissent. Cette tentative échoue finalement et le mont Elbert reste le plus haut sommet du Colorado.
La première ascension motorisée de l'Elbert a lieu en 1949, lorsqu'une Jeep est conduite jusqu'au sommet, apparemment afin d'évaluer la possibilité d'y développer le ski.
Il existe trois itinéraires principaux pour gravir le mont Elbert, qui présentent tous un dénivelé de plus de 1 200 m. L'itinéraire classique atteint le sommet par l'est, en partant du Colorado Trail (en) juste au nord de Twin Lakes. Le North (Main) Elbert Trail, long de 7,4 km, commence à proximité du terrain de camping d'Elbert Creek et présente un dénivelé d'environ 1 400 m,. Le sentier est accessible aux cavaliers, aux vététistes et aux chasseurs pendant la saison de chasse. Un itinéraire plus facile mais plus long, le South Elbert Trail, mesure 8,9 km et présente un dénivelé de 1 400 m, avec une pente moins éprouvante que celle du North Elbert Trail ; il arrive par le sud avant de gravir l'arête orientale.
Le plus difficile des principaux itinéraires est le Black Cloud Trail, une ascension de classe 2 qui demande de dix à quatorze heures selon l'allure, présente un dénivelé de 1 600 m et comprend également l'ascension du sommet secondaire South Elbert, à 4 308 m. Même des grimpeurs en bonne condition physique et expérimentés signalent de grandes difficultés sur cet itinéraire et, bien qu'un sentier existe, celui-ci est extrêmement raide, instable et rocailleux par endroits. Le dénivelé n'est pas réparti uniformément sur les 8,9 km de l'ascension. Il existe également des itinéraires qui arrivent par le versant occidental et l'arête sud-ouest, depuis les départs de sentier de South Halfmoon Creek et d'Echo Canyon, respectivement.
Bien qu'éprouvants et nécessitant une bonne condition physique, aucun des itinéraires conventionnels ne requiert de compétences spécialisées en alpinisme ou en escalade rocheuse technique. Les principaux dangers de la montagne sont ceux rencontrés sur toutes les hautes montagnes, notamment le mal aigu des montagnes. Il est conseillé aux grimpeurs de commencer leur ascension à 6 heures du matin ou avant et d'atteindre le sommet puis de redescendre avant le début de l'après-midi afin de limiter leur exposition aux éventuels orages de l'après-midi à haute altitude.