Moteurs de Formule 1

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Moteur V10 de la Ferrari F2004 en 2004.

Les moteurs de Formule 1 ont suivi une évolution continue depuis la création du championnat du monde en 1950, en fonction de l'évolution de la réglementation édictée par la commission spécialisée de la Fédération internationale de l'automobile (FIA), et dont la gestion est assurée par la Formula One Administration.

Histoire

Avant 2014

Les régulations de la FIA ont très souvent varié dans les premières décennies de la discipline ; elles ont connu de nombreuses variations de cylindrée et des alternances entre moteurs atmosphériques et suralimentés.

Si la Formule 1 existe depuis 1946, son championnat du monde n'a eu lieu pour la première fois qu'en 1950. Les moteurs ont une cylindrée maximum de 1,5 L pour les moteurs compressés et 4,5 L pour les atmosphériques. Ces limitations ont changé en 1952, en passant à 2 L pour des moteurs atmosphériques et 750 cm3 pour des compressés. En 1954, les moteurs atmosphériques sont autorisés à avoir 500 cm3 de plus, soit 2,5 L.

En 1958, les carburants contenant de l'alcool sont interdits ; les constructeurs doivent utiliser de l'essence standard. Trois ans plus tard, en 1961, les moteurs compressés sont interdits. Les moteurs doivent donc être atmosphériques et se trouver entre 1,3 L et 1,5 L : ces derniers développaient autour de 150 à 250 chevaux. En 1966, les moteurs compressés sont à nouveau autorisés, avec une cylindrée maximum de 1, 5L ; les moteurs atmosphériques peuvent aller jusqu'à 3 L de cylindrée. La FIA autorise l'utilisation d'un turbocompresseur en 1967 mais aucun constructeur n'en équipe sa voiture avant 1977.

Moteur Renault de Formule 1, 6 cylindres en V. Il est équipé de deux turbocompresseurs.
Moteur Renault EF1 V6 de 1977, le premier moteur à turbocompresseur de l'histoire de la Formule 1.

En 1970, les moteurs suralimentés passent à 500 cm3 de cylindrée et reviennent deux ans plus tard à 1,5L. Durant ces saisons, ils développaient environ 450 chevaux.

Le premier moteur turbocompressé de Formule 1 est introduit en 1977. Le Renault EF1, un V6 turbocompressé de 1 492 cm3 de cylindrée, propulse la Renault RS01.

En 1982, le règlement devient plus précis : les moteurs à 2 temps, Wankel et diesel sont interdits au profit du moteur à quatre temps. Courant 1985, toutes les écuries adoptent le turbocompresseur et, l'année suivante, le moteur 3 L atmosphérique est interdit. Seul le 1,5 L suralimenté est autorisé ; ces moteurs développent de 850 à 1000 chevaux. En 1987, les moteurs atmosphériques sont à nouveau autorisés avec une cylindrée maximale de 3,5 L. Malgré cela, les moteurs équipés d'un turbocompresseur dominaient la compétition, possédant environ 600 chevaux.

En 1989, les moteurs turbocompressés sont interdits. La FIA impose une limite de 12 cylindres et 3,5 L de cylindrée maximale. On retrouve des moteurs de 550 chevaux minimum cette année là, jusqu'à 820 chevaux en 1994 pour le Ferrari Tipo 043 V12 qui propulsait la Ferrari 412 T1 (le moteur atmosphérique le plus puissant utilisé en Formule 1).

De 1995 à 2000, la cylindrée maximum autorisée est de 3 litres, avec des moteurs avoisinant les 800 chevaux. La FIA réduit le nombre de cylindres à 10 pour les saisons de 2000 à 2005. La cylindrée restant la même. Entre 2006 et 2013, le nombre de cylindres est réduit à 8 cylindres en V, avec 2,4 L de cylindrée. Ils développaient de 720 à 800 chevaux entre 2006 et 2008.

2014 à 2020

À partir de 2014, la réglementation des moteurs de Formule 1 est profondément modifiée :

Quatre motoristes, Mercedes, Ferrari et Renault en 2014, Honda en 2015, équipent les dix écuries en compétition. En 2018 les meilleurs moteurs atteignent 1000 chevaux en qualification.

Depuis 2021

En prévision de la saison 2021, et des saisons ultérieures, les perspectives d'évolution de la réglementation des moteurs de Formule 1 sont discutées au sein de différentes instances, notamment au sein du Groupe Stratégie et au sein d'une instance moins formelle, le groupe des motoristes, pour des questions de puissance, de bruit, de standardisation de pièces et de coûts,.

Tableau récapitulatif

Années Cycles Cylindrée maximale Rotation maximale Cylindres Carburant
Atmosphérique Suralimenté
Turbocompressé
Alcool Essence
1947-1953 Non spécifié 4,5 litres 1,5 litre Sans limitation Sans limitation Sans limitation Sans limitation
1954-1957 2,5 litres 0,75 litre
1958-1960 Interdit
1961-1962 1,5 litre (1,3 mini.) Interdit
1963-1965 Pompe
1966-1980 3 litres 1,5 litre Sans limitation
1981-1985 Quatre temps
1986 Interdit
1987-1988 3,5 litres 87 : 1,5L-4 bars

88 : 1,5L-2,5bars

1989-1991 Interdit jusqu’à 12
1992-1994 Sans plomb
1995-1998 3,0 litres
1999
2000-2005 V10
2006 2,4 litres 90° V8
2007 19 000 tr/min
2008 5,75%
2009-2013 18 000 tr/min
2014-2021 1,6 litre 15 000 tr/min 90° V6
2022-2025 Sans limitation 10%

Notes et références

  1. ↑ (en) Steven De Groote, « F1 rules and stats 1950-1959 », (consulté le )
  2. ↑ « L'évolution de la F1 : Réglementation, design, technique | CD-Sport », (consulté le )
  3. ↑ Pascal Richard, « La puissance des F1, toute une histoire (70') », sur L'Auto-Journal, (consulté le )
  4. ↑ « Renault RS01 - The Originals Museum », sur Renault (consulté le )
  5. ↑ Pascal Richard, « La puissance des F1, toute une histoire (80's) », sur L'Auto-Journal, (consulté le )
  6. ↑ « A Genius Named Todt », sur atlasf1.autosport.com (consulté le )
  7. ↑ Matt Somerfield, « Rétro technique F1 : Les grands changements des années 2000 », sur fr.motorsport.com (consulté le )
  8. ↑ « Technique - Qu'est-ce que le MGU-K et le MGU-H ? », sur Motorsport, 2" juin 2016.
  9. ↑ (en) « Power unit and ERS », sur Formula1, .
  10. ↑ « Moteurs F1. Faille dans le règlement », sur L'Équipe,
  11. ↑ (en) « How are F1 engines so powerful? », sur Motorsport Technology, .
  12. ↑ (en) James Gilboy, « 2021 Formula 1 Engine Rules Will Force Exchange of Technical Information », sur The Drive, .
  13. ↑ A. Combralier, « Ferrari et Mercedes demeurent prudentes sur la conclusion des Accords Concorde », sur Motorsport Nextgen, .

Bibliographie