Sōetsu Yanagi

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Sōetsu Yanagi
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 72 ans)
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
柳 宗悦 ou やなぎ むねよしVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
Yanagi Narayoshi (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Yanagi Kaneko (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Sori Yanagi
Munemoto Yanagi (d)
Munetami Yanagi (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Mouvement
Distinctions
Personne de mérite culturel ()
Order of Cultural Merit, 3rd class (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Sōetsu Yanagi (柳 宗悦, Yanagi Sōetsu?, - ) est un écrivain, penseur et collectionneur japonais, connu pour son implication dans le mouvement Shirakabaha (Bouleau blanc) et son travail de réévaluation des arts populaires coréens et japonais par le terme mingei.

Enfance et formation

Sōetsu Yanagi naît à Tōkyō le . Son père, Yanagi Narayoshi (1832-1891), est un officier de marine originaire du fief de Tsu. Il fut vice-amiral dans la Marine impériale et membre de la Chambre des pairs.

Il fait ses études à l’École des pairs (Gakushūin), où il se lie d’amitié avec un groupe de jeunes gens plus âgés que lui comprenant Mushanokōji Saneatsu et Shiga Naoya. Il y découvre la philosophie et le bouddhisme grâce à ses professeurs Nishida Kitarō et Suzuki Daisetsu.

En 1910, il entre à l’Université impériale de Tōkyō, où il étudie la philosophie. Il en sort diplômé en 1913.

La revue Shirakaba

En , Yanagi participe activement au lancement et au rayonnement de la revue mensuelle Shirakaba. Membre actif du groupe éponyme qui anime la revue (Saneatsu Mushanokōji, Naoya Shiga, Arishima Takeo, Kinoshita Rigen), il a su s’assurer la collaboration de personnalités brillantes telles que le romancier Nagayo Yoshirō ou le dessinateur et potier Bernard Leach qui illustra la couverture de nombreux numéros. Son attention et sa connaissance pointue à l'égard publications occidentales furent deux raisons de son influence forte, dès les années 1910, sur toute une génération d’écrivains, d’intellectuels et d’artistes. Cette culture très ouverte met en perspective la question de l'identité culturelle du Mingei, dont l'« orientalisme » supposé semble apparaitre comme un mythe, lorsqu'on y regarde de plus près.

Yanagi écrit sur des artistes et écrivains européens, comme Rodin ou Renoir. Il exalte dans ses textes la liberté de création, le génie individuel, la capacité des grands esprits à saisir le divin, déclarant dans son ouvrage sur William Blake de 1914 que :

« La liberté et l’affranchissement sont les portes uniques de la grâce que doit franchir le voyageur de la vie »

Il fréquente aussi des artistes comme Kishida Ryūsei et Umehara Ryūzaburō.

De 1915 à 1923, Yanagi réside à Abiko, ville située à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Tōkyō, où se forme autour de lui une petite communauté artistique. Le dessinateur et céramiste Bernard Leach séjourne plusieurs mois chez Yanagi à son retour de Chine en 1917.

En 1919, Yanagi est nommé professeur dans le département de philosophie de l’Université Tōyō.

La revue Shirakaba cesse de paraître après en raison des destructions provoquées par le grand tremblement de terre du Kantō. Yanagi s’installe à Kyōto, où il reste jusqu’au début des années 1930.

Les arts populaires

Yanagi commence à s’intéresser à la céramique dès le début des années 1910. En 1917, Leach construit un four dans le jardin de sa propriété à Abiko. À la même époque, au retour d’un voyage en Corée en 1916, il commence à s’intéresser aux arts de la péninsule et notamment à la céramique de la dynastie Yi.

À la suite de la répression du Soulèvement du , Yanagi s’exprime à plusieurs reprises en faveur d’un plus grand respect et d’une plus grande autonomie de la Corée. Il contribue à l’ouverture d’un Musée des arts populaires de Corée en 1924.

C’est au milieu des années 1920 que Yanagi théorise sa conception des arts populaires ou mingei en japonais (mingei est un néologisme forgé par Yanagi en 1925). À travers de nombreux livres et articles écrits dans un style de plus en plus doctrinaire, il développe l’idée d’une supériorité des arts populaires, dont les caractéristiques à ses yeux sont d’être produits de façon anonyme et sans orgueil, pour un usage fonctionnel, quotidien et populaire, par des artisans maîtrisant leur technique au point d’arriver à une forme de détachement de la conscience.

« Il [l'objet migei] doit être modeste mais non de pacotille, bon marché mais non fragile. La malhonnêteté, la perversité, le luxe, voilà ce que les objets mingei doivent au plus haut point éviter : ce qui est naturel, sincère, sûr, simple, telles sont les caractéristiques du mingei. » Yanagi s’intéresse en particulier à la céramique coréenne et chinoise, aux textiles, aux objets en laque et à certains artistes itinérants comme Mokujiki Gogyō (1718−1810). Le discours de Yanagi s’appuie sur une réflexion sur le bouddhisme de la Terre pure qui professe la primauté de la foi et de la répétition des vœux sur le savoir et la méditation.

Yanagi a commencé à rassembler des œuvres dès la fin des années 1910. Sa collection s’accroît rapidement et après avoir envisagé un don de sa collection au Musée impérial (aujourd’hui Musée national de Tôkyô), il fonde en 1936 le Musée japonais des arts populaires, construit grâce au soutien de mécènes comme Ōhara Magosaburō.

Contre la colonisation de la Corée

Sōetsu Yanagi est l'auteur de nombreux articles s'opposant à la colonisation de la Corée par le Japon, critiquant les méthodes et pratiques de l’impérialisme japonais et plaidant pour le respect de la culture coréenne. Il a été victime de censure et placé sous surveillance par la police à cause de ses écrits.

Publications de Sōetsu Yanagi (Yanagi Muneyoshi) en Japonais

Traductions françaises

Bibliographie

Notes et références

  1. 1 2 Michael Lucken, « À la poursuite infinie des désirs intérieurs : Yanagi Sōetsu avant le Mingei », Cipango [En ligne],‎ mis en ligne le 15 novembre 2011, consulté le 08 janvier 2021 (lire en ligne)
  2. ↑ Kikuchi, 2004, p. de présentation.
  3. ↑ Christophe Marquet, « Yanagi Sōetsu et l'invention des arts populaires », Cipango, Publications INALCO, no 16 « L’invention des « arts populaires » Yanagi Sōetsu et le Mingei »,‎ , p. 13-22 (lire en ligne, consulté le ).
  4. ↑ Germain Viatte (dir.) et Ryu NIIMI (exposition), L'Esprit Mingei au Japon : [exposition, Paris, galerie Jardin du Musée du quai Branly, 30 septembre 2008-11 janvier 2009], Arles, Arles : Actes Sud ; Paris : Musée du quai Branly, , 143 p., 20 x 26 cm (ISBN 978-2-7427-7849-2 et 978-2-915133-95-0, lire en ligne), p. 4e de couv.
  5. ↑ François Mace, « Et le sourire de Mokujiki révéla à Yanagi Sōetsu la beauté véritable », Cipango, Publications INALCO, no 16 « L’invention des « arts populaires » Yanagi Sōetsu et le Mingei »,‎ , p. 73-87 (lire en ligne, consulté le ).
  6. ↑ P. Bailey, The Centenary of Korea’s Sam-il (March First) Independence Movement: Remembering Japanese Art Critic Yanagi Sōetsu’s Solidarity with Colonized Koreans, The Asia Pacific Journal. Japan Focus 17, 16, 1 (15 août 2019).o

Liens externes