| Naletale Nalatale | ||
| Localisation | ||
|---|---|---|
| Pays | Zimbabwe | |
| Province | Matabeleland méridional | |
| District | Insiza | |
| Type | Établissement entouré de murs en pierre sèche | |
| Protection | Monument national depuis 1937 | |
| Coordonnées | 19° 53′ 00″ sud, 29° 32′ 00″ est | |
| Altitude | 1 402 m | |
| Histoire | ||
| Culture | Phase de Khami | |
| Critères | (ii) (d), (iii) (d) et (iv) (d) | |
| Géolocalisation sur la carte : Zimbabwe
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Naletale, aussi orthographié Nalatale, est un site archéologique situé dans le centre-sud du Zimbabwe, dans la province du Matabeleland méridional. Il comprend les vestiges d'un établissement entouré de murs en maçonnerie à pierres sèches, construit et occupé entre les XVIIe et XVIIIe siècles.
Le site appartient à la phase de Khami de la tradition architecturale du Zimbabwe. Il est lié aux États dirigés par les dynasties kalanga Torwa puis Rozvi. Son enceinte elliptique se distingue par la diversité et la finesse de ses motifs géométriques.
Naletale se trouve près des plaines de Somabhula, à environ 90 km au sud de Gweru et à environ 25 km à l'est de Shangani. Les ruines se situent à l'est du site de Danamombe, dans une région rurale du district d'Insiza,.
Naletale donne son nom à un ensemble de sites à murs de pierre sèche appelé « groupe de Naletale ». Celui-ci comprend aussi Nsalansala, Arupanga, Shangangwe, Bhila, Gwenaguru, Belmont Ruin et Lawdale. Ces établissements sont concentrés dans une zone limitée du sud de la Zambézie et fonctionnent comme des centres d'habitat entre les XVIe et XVIIIe siècles.
Naletale appartient aux établissements de la phase de Khami, qui se développent après le déclin du Grand Zimbabwe. Ces sites reprennent des techniques architecturales employées à Khami, avec des plateformes surélevées et des murs de soutènement construits sans mortier.
Les dynasties Torwa dominent le sud-ouest du Zimbabwe à partir du XVe siècle. Leur pouvoir politique se déplace entre plusieurs centres, dont Danamombe, Zinjanja et Naletale. Naletale devient l'un de leurs principaux centres au cours du XVIIe siècle.
À la fin du XVIIe siècle, les Rozvi prennent le contrôle des territoires Torwa et assimilent une partie de leurs structures politiques et matérielles. Naletale reste occupé pendant la période rozvi, au cours des XVIIIe et XIXe siècles. Les recherches archéologiques montrent cependant que l'attribution précise de chaque phase de construction aux Torwa ou aux Rozvi demeure difficile, car les deux dynasties utilisent et transforment les mêmes établissements.
Le site appartient à un réseau politique et commercial qui relie plusieurs établissements du sud de la Zambézie. Les habitants pratiquent l'agriculture, l'élevage, l'extraction minière et le travail des métaux. Des objets importés, parmi lesquels des perles de verre et des céramiques, témoignent de relations avec les réseaux commerciaux de l'océan Indien. L'or extrait dans la région est échangé avec des intermédiaires liés aux marchands portugais, puis exporté vers les marchés extérieurs.

L'élément principal du site est une enceinte elliptique d'environ 60 m de diamètre. Ses murs sont composés de blocs de granite soigneusement taillés et assemblés sans mortier. Ils servent à délimiter des espaces résidentiels et à soutenir des plateformes sur lesquelles se trouvent les habitations.
Les murs de Naletale réunissent six formes principales de décor. Elles comprennent :
Cette concentration de motifs sur une même enceinte distingue Naletale des autres établissements de la phase de Khami. Les décors témoignent de la maîtrise technique des maçons et remplissent aussi une fonction sociale et symbolique.
Les vestiges des habitations se trouvent sur des plateformes aménagées à l'intérieur et autour de l'enceinte. Les murs en terre des bâtiments domestiques disparaissent presque entièrement, tandis que les structures de pierre résistent davantage à l'érosion.
Des chercheurs de trésors et des antiquaires perturbent plusieurs parties du site au cours du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Ils retirent des objets et détruisent une partie des contextes archéologiques, ce qui complique l'interprétation de l'histoire de l'établissement.
Naletale est classé monument national en 1937 sous la référence réglementaire E.N. 485. Les National Museums and Monuments of Zimbabwe le classent parmi les sites archéologiques à murs en pierre sèche.
Certaines restaurations réalisées au cours des années 1930 emploient du ciment, du plâtre et des éléments métalliques qui ne correspondent pas aux techniques des bâtisseurs d'origine. Des travaux plus récents cherchent à rétablir les murs en utilisant les méthodes traditionnelles de construction en pierre sèche.
Le ralentissement des travaux d'entretien à partir des années 1980 fragilise plusieurs sections des murs. En 2012, le World Monuments Fund inscrit Naletale sur la liste du World Monuments Watch, car les fondations et les murs risquent de s'effondrer. En novembre 2013, les National Museums and Monuments of Zimbabwe reçoivent une subvention de l’Ambassadors Fund for Cultural Preservation des États-Unis. Le programme permet de consolider les murs, d'améliorer l'accès au site et d'installer des dispositifs d'interprétation.
Le Zimbabwe inscrit le « groupe des dzimbabwes de Naletale » sur sa liste indicative du patrimoine mondial le 27 novembre 2018. La proposition, soumise par les National Museums and Monuments of Zimbabwe, retient les critères culturels (ii), (iii) et (iv).