| Nicolae Iorga | |
| Fonctions | |
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| Président du Sénat roumain | |
| – (4 jours) |
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| Prédécesseur | Alexandru I. Lapedatu |
| Successeur | Constantin Argetoianu |
| Président du Conseil des ministres de Roumanie | |
| – (1 an, 1 mois et 18 jours) |
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| Monarque | Carol II |
| Prédécesseur | Gheorghe Mironescu |
| Successeur | Alexandru Vaida-Voevod |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Botoșani (principautés unies de Moldavie et de Valachie) |
| Date de décès | (à 69 ans) |
| Lieu de décès | Strejnicu (royaume de Roumanie) |
| Nationalité | Roumaine |
| Parti politique | Parti national-démocrate |
| Diplômé de | Université Alexandru Ioan Cuza de Iași Université de Paris Université Humboldt de Berlin Université de Leipzig |
| Profession | Historien |
| Religion | Orthodoxe |
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| Président du Conseil des ministres de Roumanie | |
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Nicolae Iorga (ou Nicolas Jorga) est un historien et homme politique roumain né le à Botoșani et mort le à Strejnicu (județ de Prahova).
Sa grande œuvre est Byzance après Byzance.

Après ses études en Roumanie, Nicolae Iorga complète sa formation d'historien dans les années 1890 en effectuant deux séjours à l'étranger, à Paris (thèse sur Philippe de Mézières) et à Leipzig. Iorga peut ainsi comparer deux écoles historiographiques qui s'opposaient dans le contexte plus global de la rivalité franco-allemande de l'époque. Après ses études, Iorga commence à enseigner à l'université Alexandru Ioan Cuza de Iași et à celle de Bucarest, puis à publier ses premiers articles et ouvrages.
La Roumanie vient d'accéder à l'indépendance en 1878 et commence à revendiquer les provinces à majorité roumaine de Transylvanie et de Bessarabie alors appartenant respectivement aux Empires austro-hongrois et russe, ce qui suscite dans ces Empires des réactions hostiles. Iorga s'engage activement pour l'unité roumaine et prend part aux véhémentes polémiques historiques où il s'efforce de montrer que linguistiquement le peuple roumain est issu de la romanisation des Daces, que sa langue est romane et qu'il n'a pas « disparu de l'histoire pendant mille ans » comme l'affirment avec force les historiens austro-hongrois et russes pour postuler que les Magyars sont arrivés les premiers en Transylvanie et les Slaves orientaux (Oulitches et Tivertses) les premiers en Moldavie / Bessarabie, les Roumains étant des immigrés tardifs (XIVe siècle) provenant des Balkans où résident aujourd'hui les Aroumains (ce que réfutent, de leur côté, les historiens bulgares et grecs,,, de sorte que les Roumains semblent venir de nulle part).

Nicolae Iorga œuvre pour la diffusion de sa conception de l'origine des roumanophones et de leurs droits, au rythme de l'alphabétisation, en publiant des ouvrages destinés au grand public. Il organise à partir de 1908 des « universités populaires » dans sa résidence de Vălenii de Munte. Son rôle dans la renaissance culturelle roumaine peut être comparé à celui tenu par Jules Michelet dans la diffusion en France des idées républicaines : à ce titre, il a non seulement écrit, mais aussi « fait » l'histoire. Il est aussi un promoteur de l'« ascenseur social de la nation roumaine » pour les classes populaires jusque-là peu instruites — alors qu'Allemands, Hongrois, Juifs et Russes avaient, eux, un niveau d'instruction convenable pour la plupart d'entre eux. Bien qu'il n'a jamais soutenu l'idée d'un numerus clausus dans les Universités en faveur des « Roumains de souche » (réclamé par les partis les plus nationalistes) il a néanmoins été accusé d'avoir été xénophobe à l'encontre des minorités.
Il organise en 1920, avec l'archéologue Vasile Pârvan, l'Académie de Roumanie à Rome (en roumain : Școala română din Roma ; en italien : Accademia di Romania in Roma) institution pour la spécialisation de jeunes archéologues et historiens.
Dans une approche roumanophobe Nicolae Iorga a été analysé comme un « idéologue antisémite », en particulier comme source d'inspiration pour Corneliu Codreanu. Le fait est qu'en 1909, il a fondé le Parti national-démocrate avec Alexandru C. Cuza, qui lui, fut par la suite un antisémite notoire. Selon l'historien Traian Sandu, chercheur à l'université Sorbonne-Nouvelle, Nicolae Iorga se serait référé au socialisme chrétien-démocrate de 1919, mais des écrits de Corneliu Codreanu attribuent à Iorga des idées que ce dernier n'a pas exprimées, mais que Codreanu a fait siennes : « Comme bagage intellectuel, j'avais les connaissances qu'on m'avait enseignées au lycée. […] Mais, en plus des ouvrages classiques roumains, j'avais lu tous les articles du Semănătorul (« Le Semeur ») et du Neamul Românesc (« La Nation roumaine »), journaux où écrivaient Nicolae Iorga et Alexandru C. Cuza. […] Sous une forme élevée, ces articles affirmaient les trois impératifs de vie du peuple roumain : 1. L'union de tous les Roumains. - 2. Le relèvement de la classe paysanne par l'accession à la propriété et aux droits politiques. - 3. La solution du problème juif. Deux maximes figuraient en manchette sur toutes les publications nationalistes de ce temps-là dont l'une attribuée à Iorga: La Roumanie aux Roumains, rien qu'aux Roumains, et à tous les Roumains. ».
Iorga partage cette position avec le nationaliste Alexandru C. Cuza qui écrit : « La nationalité est la force créatrice de la civilisation humaine, la civilisation est la force créatrice de la nationalité. » Toutefois les liens entre Iorga et Codreanu ne peuvent pas être prouvés et les archives montrent que les deux se haïssaient mutuellement, Iorga s'opposant avec force à la Garde de Fer et à tout ce qu'elle représentait, la qualifiant de « honte de la Roumanie moderne, meute de brutes assoiffées de haine et de violence ». Iorga soutenait le Carlisme et les membres de la Garde de Fer l'ont d'ailleurs assassiné en 1940.
Nicolae Iorga fut également un homme politique et un parlementaire, ministre et brièvement premier ministre (1931-1932). Profondément patriote il s'opposa dès 1933 à Adolf Hitler, à la Garde de fer (mouvement xénophobe et antisémite), à l'abandon de la Tchécoslovaquie lors des accords de Munich en 1938 ainsi qu'à la non-résistance roumaine face à l'occupation soviétique de la Bessarabie et de la Bucovine du Nord. Iorga fut assassiné le par un groupe de commandos de la Garde de fer qui le considérait comme coresponsable de la condamnation et de l'exécution en 1938 de leur « capitaine » Corneliu Codreanu.
Nicolas Iorga fut également écrivain et dramaturge. Ses œuvres littéraires n'ont pas laissé un souvenir impérissable aux historiens de la littérature, elles reprennent souvent des grands thèmes de l'histoire roumaine.

On ne doit pas conclure de ce qui précède que Nicolae Iorga ne fut qu'un banal propagandiste de l'idée nationale de son pays. Ce fut un historien de grande valeur, qui compta parmi les grands intellectuels européens de son temps. Grand voyageur et polyglotte, il fut nommé docteur honoris causa des plus grandes universités européennes.
Son principal apport à la science historique est sans doute son histoire de l'Empire ottoman parue en allemand en 1905. Pour la première fois, dans celle-ci, un historien balkanique ne considère pas l'occupation ottomane sous son aspect purement négatif et souligne ses effets positifs. Il ouvre ainsi la voie à la critique historique en Roumanie et dans les Balkans.
Il est également considéré comme important en Albanie, en tant que découvreur en 1915 du premier document écrit en langue albanaise, la formule du baptême de l'archevêque de Durrës Pal Engjëlli.
Nicolae Iorga est l'auteur de 1 003 livres, 12 755 articles et 4 963 études.