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Nina Hollein, née le à Vienne, est une styliste autrichienne, architecte de formation et auteure d'ouvrages pour la jeunesse consacrés à l'art. Elle vit et travaille à New York.
Nina Hollein naît à Vienne et passe une partie de son enfance et de son adolescence à Linz. Elle est la fille du designer de lunettes Herbert Schweiger et la sœur jumelle du peintre et sculpteur Philipp Schweiger. Elle étudie l'architecture à l'Université technique de Vienne, où elle obtient son diplôme en 1996.
Elle part ensuite à New York et travaille dans l'agence de Peter Eisenman ainsi que pour le cabinet Tod Williams Billie Tsien Architects. Installée par la suite à Francfort-sur-le-Main, elle travaille dans l'agence d'architecture d'Albert Speer. Entre 2003 et 2008, elle se consacre également à des publications et à des activités journalistiques sur l'art destiné aux enfants.
Avec Max Hollein, elle publie en 2002 un livre pour enfants consacré aux papiers découpés d'Henri Matisse. Elle est également l'auteure en 2004 d'un ouvrage sur Yves Klein, Yves Klein macht blau, publié à l'occasion d'une exposition de la Schirn Kunsthalle (de).
À partir de 2008, elle se tourne vers la création de vêtements et développe le label NINAHOLLEIN. Ses premières réalisations utilisent notamment des toiles de lin et des tissus domestiques fabriqués dans le Mühlviertel, en Haute-Autriche. En avril 2009, Der Standard lui consacre un article à l'occasion de ses premières collections pour femmes et enfants. Elle ouvre la même année une boutique à Francfort.
Elle vit à Francfort avec son mari, le conservateur et directeur de musée Max Hollein, et leurs trois enfants jusqu'en 2016. La famille s'installe alors à San Francisco, puis à New York en 2018 lorsque Max Hollein prend la direction du Metropolitan Museum of Art.
Les premières collections de Nina Hollein sont réalisées à partir de textiles à carreaux ou à rayures employés traditionnellement pour le linge domestique en Haute-Autriche. Ses coupes sont simples et géométriques ; elle rapproche elle-même cette manière de travailler de sa formation d'architecte.
Elle utilise par la suite des chutes de tissus, des vêtements anciens et des costumes masculins démontés. Sa collection Suit Up, réalisée à New York pendant la pandémie de Covid-19, reprend des éléments de vestes pour hommes — revers, poches, manches ou rembourrages — et les assemble à d'autres matières comme le tulle, la soie ou le chiffon. Plusieurs vêtements peuvent être portés de différentes manières : une jupe peut devenir une cape, tandis que certaines pièces comportent des manches amovibles ou des systèmes permettant d'en modifier le volume.
Hollein fabrique une partie de ses pièces elle-même et travaille en séries réduites ou en pièces uniques. En 2021, Town & Country relève que le réemploi des matières, la production locale et les petites quantités font partie de sa pratique depuis les débuts de son label. Le Frankfurter Allgemeine Magazin décrit la même année une production qui se tient à l'écart du rythme saisonnier habituel de l'industrie de la mode.
Après son installation aux États-Unis, elle réalise également des costumes pour des projets artistiques. L'une de ses créations en plastique et tulle est utilisée dans Shadow Stalker (2018-2021), installation vidéo de l'artiste américaine Lynn Hershman Leeson.
En juillet 2021, Nina Hollein présente avec son frère Philipp Schweiger l'exposition Palindrome au Kunstverein Familie Montez de Francfort, dans le cadre de la première Frankfurt Fashion Week. Les vêtements de Hollein y sont montrés avec les peintures de son frère.
En 2024, ses créations sont présentées au Forum culturel autrichien de New York avec les photographies d'Elfie Semotan (en) dans l'exposition Inspiration Comes from Everyday Life, organisée du 15 mai au 25 septembre.
La même année, le Schlossmuseum, installé au château de Linz lui consacre Homecoming, sa première exposition personnelle dans un musée. Une trentaine de vêtements couvrant la période allant de ses premières créations en linge du Mühlviertel à ses robes de soirée et à ses séries en soie y sont présentés. L'exposition, organisée du 24 mai au 23 octobre 2024, est accompagnée d'un catalogue bilingue de 96 pages comprenant notamment des textes de Chris Dercon, Karen Van Godtsenhoven, Brigitte R. Winkler, Lynn Hershman Leeson et Genoveva Rückert.
En 2024, Vogue consacre un portrait à Nina Hollein à l'occasion de ses expositions à New York et à Linz. Le magazine relève notamment l'emploi de formes géométriques dans ses robes en soie et le réemploi de costumes masculins.
Dans The Brooklyn Rail, Ekin Erkan rapproche certaines robes de la série Colorfield Dresses des créations simultanées de Sonia Delaunay. Sa critique de l'exposition new-yorkaise est cependant plus réservée sur d'autres pièces : il estime que certaines perdent une partie de leur effet lorsqu'elles sont présentées comme des objets autonomes plutôt que portées, et distingue le travail de Hollein de démarches plus directement liées à la déconstruction de la mode.
L'exposition Homecoming donne également lieu à un texte de Chris Dercon et à des études consacrées aux rapports entre architecture, vêtement et matériau dans le catalogue publié par le Schlossmuseum Linz.