| Novial Novial | |
| Date de création | 1928 |
|---|---|
| Catégorie | langue auxiliaire internationale |
| Glottolog | novi1234
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Le novial [nov-, « nouveau » et IAL, « international auxiliary language »] est une langue construite créée par Otto Jespersen (1860–1943), un linguiste danois qui avait précédemment soutenu le mouvement pour la langue ido. Le novial a été conçu comme langue auxiliaire internationale, destinée à faciliter la communication et l'amitié entre les divers peuples du monde sans remplacer leurs langues maternelles.
Son vocabulaire est largement fondé sur les langues romanes et germaniques, tandis que sa grammaire (principalement la syntaxe verbale) évoque à de nombreux égards celle de l'anglais.
Le novial a été initialement présenté en 1928 dans l'ouvrage An International Language de Jespersen. Dans le Novial Lexike, un dictionnaire publié par Jespersen en 1930, le novial a subi quelques modifications. D'autres modifications seront proposées dans les années 1930, essentiellement par le biais du Novialiste, un journal prévu comme organe officiel d'échanges et de discussion linguistique concernant le novial, mais le décès de Jespersen en 1943 met largement un terme au développement de la langue.
Depuis les années 1990, le novial semble connaître un regain d'intérêt grâce à Internet ; de nos jours, Wikipédia dispose d'une version en novial.
La description initiale du novial a été publiée dans l'ouvrage de Jespersen An International Language (Londres, 1928). La première partie de l'ouvrage traite de la nécessité d'une langue auxiliaire internationale, de l'inconvénient d'employer les langues ethniques à cette fin et des objections communément formulées à l'encontre des langues auxiliaires internationales construites. Jespersen soumet de même l'histoire des langues auxiliaires internationales construites à un examen critique et discute plus spécifiquement du volapük, de l'espéranto, de l'Idiom Neutral, de l'ido, du Latino sine flexione et de l'occidental (interlingue). L'auteur indique clairement qu'il ne base pas son examen uniquement sur ces langues mais bien sur un ensemble plus vaste de travaux et de projets de langues auxiliaires internationales construites.
Dans la seconde partie de l'ouvrage, Jespersen entreprend de décrire le novial en détail, proposant des solutions alternatives à différents problèmes grammaticaux et lexicaux. Il explique et justifie les choix qu'il opère en comparant les formes retenues en novial avec celles rencontrées dans une variété de langue ethniques et d'autres langues auxiliaires internationales construites. Cette seconde partie s'achève avec un ensemble de textes rédigés (ou traduits) en novial.
La présentation succincte du novial ci-dessous se fonde intégralement sur la description qui en est faite dans An International Language, seule la nomenclature grammaticale ayant par endroits été adaptée à des fins didactiques. Le vocabulaire rencontré dans les exemples provient du Novial Lexike.
Le novial comporte un certain nombre d'adjectifs de type déterminatif (articles, démonstratifs, indéfinis, interrogatifs, ...) qui, à défaut de constituer une catégorie sémantique unifiée, ont en commun le fait d'être des adjectifs (désinence facultative -i, invariabilité en genre et en nombre, possibilité de l'emploi autonome et substantivation en -e/-o/-a/-um — sur ce dernier point, cf. les pronoms ci-dessous). La seule propriété formelle qui les distingue des autres adjectifs est que leur position est fixe : ils précèdent toujours le substantif qu'ils qualifient, tandis que la position des autres adjectifs est libre. Afin de souligner cette importante différence, nous les regroupons dans une sous-catégorie que nous nommons « adjectifs déterminatifs » ou, par souci de concision, « déterminants ».
Jespersen rassemble ces trois classes lexicales en une catégorie commune, les « particules ».
L'ordre des mots dans la phrase est Sujet – Verbe – Complément d'objet direct – Autres objets, p.ex. li matra dona kukes a sen filies « la mère donne des gâteaux à ses enfants ».
« Ma première réaction en face du novial a été probablement la même que celle de bien d'autres. « Qu'est-ce que c'est ? » Ce n'est pas de l'ido, qui est manifestement un enfant illégitime de l'espéranto, ce n'est pas de l'occidental puisqu'il n'est pas immédiatement compréhensible. Je viens de lire six kilos de documents, en novial et sur le novial, des correspondances et toutes les délibérations du Lingue-Jurie des novialistes, qui ont discuté pendant plusieurs années sous la direction de Sr. Valter Ahlstedt de Stockholm. Au cours de ces discussions la langue n'a pas cessé de se transformer et elle est restée dans une sorte d'état liquide, mais c'était certainement un idiome plus élaboré et plus adéquat que l'original de Jespersen. Les documents finaux sont une grammaire du novial par Alessandro Baietti et une autre, plus complète, par Valter Ahlstedt, sans doute la personne la plus qualifiée. Mais pendant ces années-là aucun effort n'a été fait pour s'organiser et fournir ainsi une garantie que le novial survivrait. »
— Extrait du Discours d'Ingvar Stenström à la Conférence Internationale d'Interlingua, Pays-Bas 1989, paru dans Interlinguistica e Interlingua : « Que pouvons-nous apprendre des autres et de leur expérience d'un siècle ? » p. 39–40.
| Novial | Traduction française | |
|---|---|---|
| Watson: | Bon jorne, doktoro Mortimer. | Bonjour, Docteur Mortimer. |
| Mortimer: | Bon jorne. Ob vu es sinioro Sherlock Holmes ? | Bonjour. Êtes-vous Monsieur Sherlock Holmes ? |
| Holmes: | No, lo es men amike, doktoro Watson. | Non, c’est mon ami, le docteur Watson. |
| Mortimer: | Me joya renkontra vu, doktoro. Me konosa vun nome. Sinioro Holmes, vu tre multim interesa me. | Enchanté de faire votre connaissance, Docteur. Je vous connais de nom. Monsieur Holmes, je m’intéresse beaucoup à vous. |
| Holmes: | Fro vun fingre me remarka ke vu fuma. Bonvoli sida e fuma. A quum nus deba li honore de vun visito? | À votre doigt je me rends compte que vous fumez. Asseyez-vous, je vous prie, et fumez. À quoi devons-nous l’honneur de votre visite ? |
| Mortimer: | Me have seriosi e non-ordinari problemes. Me konsia ke vu es li duesmi autoritate in Europa… | J’ai des problèmes sérieux et peu ordinaires. J’ai conscience que vous êtes la deuxième autorité en Europe. |
| Holmes: | Verim, sinioro? E que es li unesmi? | Vraiment, Monsieur ? Et quelle est la première ? |
| Mortimer: | Li laboro de Monsieur Bertillon sembla bon a siential home. | Le travail de monsieur Bertillon paraît bon aux hommes de science. |
| Holmes: | Tikas, pro quum vu non konsulta lo? | En pareil cas, pourquoi ne le consultez-vous pas ? |
| Mortimer: | Lo sembla bon a siential homes, ma me prefera rekurse a vu in praktikal koses. Me espera ke me non ofensed vu. | Il paraît bon aux hommes de science mais je préfère avoir recours à vous dans les cas pratiques. J’espère que vous ne vous sentez pas offensé. |
| Holmes: | Nur pokim. Parla a nus pri li nature de vun probleme. | Un peu seulement. Parlez-nous donc de la nature de votre problème. |