Pollution olfactive

La pollution olfactive concerne toutes les nuisances qui affectent, touchent le domaine de l'olfaction (odorat). Elle peut être causée par la présence dans l'air d'odeurs désagréables, souvent résultant de l'émission de substances chimiques ou biologiques provenant d'activités humaines ou industrielles.

Origine

Les odeurs sont généralement dues à une multitude de molécules différentes, en concentrations très faibles, mélangées à l'air que nous respirons. Ces mauvaises odeurs peuvent l'être de par leurs actions physiologiques (notamment du fait de leurs toxicités), psychologiques (par ex. via l'effet dit « madeleine de Proust » quand associé à des expériences traumatiques), ou sociologiques (par ex. via divers effets de « mode » ou encore des évolutions historiques des significations de ces odeurs).

La nuisance olfactive ne dépend pas uniquement de la nature ou de l’intensité d’une odeur, mais également de plusieurs facteurs, souvent regroupés sous l’acronyme FIDOL : la fréquence (à quelle fréquence l’odeur est perçue), l’intensité (force de l’odeur), la durée (temps pendant lequel elle est perceptible), le caractère offensant ou désagréable de l’odeur et sa localisation, notamment le contexte dans lequel elle est perçue. Ces facteurs, associés à la sensibilité individuelle, aux attentes et au contexte de perception, contribuent à déterminer le niveau de gêne ressenti par les personnes exposées. Ainsi, une odeur n’est pas nécessairement une nuisance du seul fait de sa présence : la gêne dépend notamment de ses caractéristiques, de la répétition des épisodes et des conditions dans lesquelles elle est perçue.

La plupart des composés odorants nocifs sont détectés à des niveaux très faibles par rapport aux niveaux toxiques. À l'inverse, quelques gaz très toxiques, comme le monoxyde de carbone, n'ont aucune odeur et certains peuvent inhiber la fonction olfactive à plus haute concentration (ex. H2S).

Mesure

Les odeurs peuvent être mesurées par un olfactomètre dynamique qui permet d'exprimer la concentration de l'odeur en Unité d'Odeurs Européenne par mètre cube d'air (oue/m3).

L'échantillon d'air prélevé dans un sac inerte est dilué progressivement dans l'olfactomètre dynamique avec un gaz neutre, puis présenté à un panel de sujets humains sélectionnés et dont la sensibilité olfactive est contrôlée (calibration au n-butanol). La concentration d'odeur est déterminée à partir du facteur de dilution nécessaire pour atteindre le seuil de détection olfactive du panel. Par définition, une concentration de 1 ouE/m³ correspond au seuil de détection de référence.

Il est important de noter que l'olfactométrie dynamique mesure une concentration d'odeur à partir de la réponse sensorielle d'un panel. Elle ne mesure directement ni la concentration chimique des molécules odorantes, ni leur toxicité, ni le caractère agréable ou désagréable de l'odeur. Elle ne permet pas non plus, de quantifier la gêne ressentie par les riverains ou l'exposition aux odeurs dans l'air ambiant.

La méthode est décrite par la norme européenne EN 13725:2022, intitulée « Émissions de sources fixes - Détermination de la concentration d'odeur par olfactométrie dynamique et du taux d'émission d'odeurs ».

La qualité odorante dans l'environnement peut, elle, être appréciée par la méthode du champ des odeurs.

Sources de pollution olfactive

NB : cette liste n'est ni exhaustive, ni définitionnelle, dans le sens où les appréciations pour une odeur ou un ensemble d'odeurs caractérisées, d'une part en tant que perception génante, d'autre part en tant que pollution, sont sujettes à de fortes variabilités !

Modélisation

Des logiciels de simulation de dispersion d'odeurs sont utilisés pour des études d'impact lors de création d'installations industrielles susceptibles d'être source de nuisances. L'adéquation à la réalité de la situation observée après construction est difficile à établir mais ils participent à la prise en compte des nuisances environnementales dans les décisions.

Législation, réglementation et jurisprudence

La pollution olfactive peut faire l'objet de poursuites civiles sur le fondement de la responsabilité civile délictuelle pour faute (article 1240 du code civil), ou sur le fondement de la responsabilité civile délictuelle fondée sur la nuisance causée par une chose (article 1242, alinéa 1er du code civil). La notion de trouble anormal du voisinage peut aussi recevoir application.

Dans les cas les plus graves, la pollution olfactive peut au surplus faire l'objet de poursuites pénales sur le fondement de la mise en danger de la vie d'autrui (article 223-1 du code pénal).

Bibliographie

Notes

  1. ↑ Jacqueline Blanc-Mouchet (directrice d'édition pour ce numéro) et Martyne Perrot (collaboratrice), Odeurs : l'essence d'un sens, vol. 92 (sept.), Paris, Autrement (revue), , 215 p. (ISBN 2-86260-226-4).
  2. ↑ Ministry for the Environment. 2016. Good Practice Guide for Assessing and Managing Odour. Wellington: Ministry for the Environment. Web https://environment.govt.nz/assets/Publications/good-practice-guide-odour.pdf
  3. ↑ AFSSET, Pathologies - Intoxications au monoxyde de carbone, janvier 2006.
  4. ↑ « NF EN 13725 », sur Afnor EDITIONS (consulté le )
  5. ↑ Poiret 1998.
  6. ↑ François-Joseph Daniel, « Interpréter dans la grosseur du trait: Les usages prédictifs et évaluatifs des modèles de dispersion des odeurs », Revue d'anthropologie des connaissances, vol. 12,1, no 1,‎ (ISSN 1760-5393, DOI 10.3917/rac.038.0001, lire en ligne).
  7. ↑ Léa Boluze, « Sur le magazine '. », Capital,‎ (lire en ligne).

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes