École supérieure des officiers de réserve spécialistes d'état-major

École supérieure des officiers de réserve spécialistes d'état-major
Image illustrative de l’article École supérieure des officiers de réserve spécialistes d'état-major
Insigne de l'ESORSEM.

Création 1899
Pays Drapeau de la France France
Allégeance Armée française
Branche Armée de terre
Type École militaire
Fait partie de Centre d'Enseignement Militaire Supérieur - Terre
Garnison Paris
Surnom ESORSEM
Devise Ils s'instruisent pour mieux servir
Commandant Colonel Benoît Chamberland
Commandant historique Lcl. Frocard (R)

L'École supérieure des officiers de réserve spécialistes d'état-major (ESORSEM) est l'une des quatre écoles militaires supérieures de l'Armée de terre française et la seule ouverte exclusivement aux réservistes.

Située dans les locaux de l’École militaire à Paris, elle est, depuis 2023, une composante du Centre d'enseignement militaire supérieur de l'Armée de terre. Elle est le passage obligé de tout officier de réserve souhaitant poursuivre une carrière en état-major au-delà des temps de commandement en unité, quelle que soit son arme.

Après un cursus spécialisé et une sélection, ils deviennent officiers de réserve spécialistes d'état-major (ORSEM), ce qui les prédestine aux fonctions et responsabilités d’officier supérieur. Depuis peu[Quand ?], des sous-officiers (Sofem) y sont également formés. Toutes formations confondues, l'école accueille jusqu'à 500 stagiaires par an.

Aujourd’hui plus de mille ORSEM actifs servent dans la réserve opérationnelle de premier niveau (RO1) avec des volumes d’engagement importants, pouvant atteindre 150 jours par an,.

Servant sous ESR (Engagement à servir dans la réserve), les ORSEM renforcent les états-majors de l’armée de Terre, interarmées et interalliés en France et à l’étranger (Afghanistan, Tchad, Côte d’Ivoire…). Souvent diplômés de l'enseignement supérieur à titre civil (majoritairement au niveau bac+5), il n'y a néanmoins pas de profil type. Interrogé à ce sujet en , le général Pascal Facon, directeur du Centre de doctrine et d’enseignement du commandement (CDEC), dont dépendait l'ESORSEM, relevait deux traits répandus chez les stagiaires ERSOSEM : leur « expérience », en opération (souvent plusieurs OPEX ou MISSINT à leur actif) ou dans le cadre de leurs emplois en tant qu'officiers de réserve (comme officiers traitants ou rédacteurs confirmés, à qui l’on peut déjà confier des responsabilités de chefs de cellule) ; et leur « engagement », compte tenu de la nécessité d'un investissement constant et important pris sur leur temps personnel et leur vie familiale, dénotant un « très fort sentiment d’appartenance à la communauté militaire et une très forte volonté de s’engager au service du pays ».

De nombreux ORSEM ont donné leur vie lors des deux derniers conflits mondiaux et dans la résistance. Même en "service courant", certains y laissent leur vie, comme en , lorsque cinq ORSEM se tuent dans l'accident d'un hélicoptère lors d'un vol de reconnaissance.

Les diplômés ORSEM se regroupent au sein de la « Réunion des ORSEM », association aujourd'hui "reconnue d'utilité publique" née le à l'initiative d'officiers "de complément" qui voulaient éviter que se reproduisent les événements de 1870-71 en se formant entre eux au travail d'état-major, source majeure d'infériorité des armées françaises face à leurs adversaires d'alors.

Cette initiative a été consacrée par le Commandement avec ce qui deviendra l’ESORSEM. Cette école sera rattachée à l’École de Guerre en 1911 et reprendra à sa charge la formation, laissant depuis lors à la Réunion des ORSEM la mission de réflexion, d’animation et de représentation du réseau constitué; l'ESORSEM évoluant aujourd'hui en symbiose avec le réseau des ORSEM animé par la Réunion l'École y recrutant même une grande partie de ses instructeurs.

Historique

Ce cours supérieur d'état-major propre aux réservistes, qui n'a pas d'équivalent dans les autres armées occidentales, a été créé en 1899 par des officiers de réserve rassemblés en « réunion » et rattaché à l'École supérieure de guerre en 1911.

Le choc de la défaite de Sedan (1870) et les enseignements de cette tragique guerre franco-prussienne - notamment des insuffisances du corps d’état-major impérial français - conduisent à de profondes réformes qui voient la naissance de la conscription obligatoire, la constitution d’une armée de réserve encadrée par des officiers et sous-officiers dits « de complément » (les termes officiers de réserve n'apparaissent qu'après 1914) et une refonte complète du corps d’état-major qui cependant ignore la ressource réserve. Dans ce contexte, alors qu'il est vétéran de cette guerre, sous-lieutenant d'artillerie de réserve et fonctionnaire civil au ministère de la Guerre, André Mariotti produit une note (dit « rapport Mariotti ») préconisant d'assurer la permanence d'un service d'état-major grâce notamment à des officiers de réserve formés spécialement et sélectionnés pour leurs aptitudes scientifiques et militaires, après examen validant leur culture générale et leurs connaissances militaires techniques et pratiques. Dix sept ans plus tard, en 1899, le projet Mariotti débouche sur la création à cet effet de la « Réunion des officiers de complément du service d’état-major » qui voit le jour au Cercle national des armées à Paris.

L'initiative des réservistes (la Réunion des ORSEM) a donc précédé la volonté du haut commandement qui cependant avait fini par l'approuver. Au début, les officiers se forment eux-mêmes au sein de leur association avant que le ministère de la Guerre n’accepte la création d’une école d’instruction, qui sera rattachée en 1911 à l’École supérieure de guerre,,.

Cette filière d'excellence a évolué jusqu'à ce jour et demeure malgré la disparition de l’École supérieure de Guerre (1993) dont elle dépendait et la fin de la conscription (1997/2002) en exécution du « plan Armée 2000 » ainsi qu'une réorganisation radicale de l'enseignement militaire supérieur (1993/2009/2016) qui a finalement débouché sur son rattachement au Centre de Doctrine et d’Enseignement du Commandement (CDEC) et la rénovation de son cursus.

La séparation des branches "doctrine" et "enseignement" aboutit à la dissolution du CDEC à l'automne 2023 et au rattachement de l'ESORSEM à la DRHAT, et précisément au Centre d'Enseignement Militaire Supérieur-Terre.

Chronologie synthétique :

Insigne de l'École supérieure de guerre porté par les stagiaires ORSEM jusqu'en 1982.

Cursus

Le cursus de formation dispensé par l'ESORSEM a connu de nombreuses évolutions et vient récemment de s'élargir.

École militaire de Paris, siège de l'ESORSEM, où ont lieu les différents stages qualifiants (en principe l'été).

Dans les années 1980 jusqu'en 2001, les candidats préparent en deux ans le concours annuel d'accès au stage national de trois semaines organisé par l'ESORSEM à Paris, ceci en suivant des cours dispensés par l'état-major local dont ils dépendent. Par la suite, le cursus sera scindé en deux étapes : le certificat et le diplôme d'état-major ; la volonté s'affirmant, plus encore depuis 2012, de mettre progressivement les qualifications des ORSEM en correspondance avec celles des officiers de carrière malgré leur spécificité, ce cursus sera élargi pour couvrir la totalité du parcours professionnel des officiers de réserve destinés à servir en états-majors.

Désormais, ce cursus de formation continue tout au long de la carrière, comprend quatre niveaux, :

L'ESORSEM fournit aux réservistes ORSEM la possibilité de stages tout au long de leur carrière et aussi des conférences, des voyages d'étude, des participations à la journée interarmes du CIADA (camp interarmes des divisions d’application). Les ORSEM ont la possibilité de se spécialiser dans un domaine particulier après avoir satisfait à la réalisation de stages qualifiants spécifiques, ceux de l'ESORSEM (ci-dessous), ou dans leurs affectations,.

À côté des formations de cursus, l’école dispense aussi désormais cinq formations d’adaptation rendues nécessaires par les besoins des formations d’emploi :

Depuis 2018, les ORSEM diplômés (ou brevetés) ainsi que leurs camarades de carrière ont droit au port du brevet militaire professionnel correspondant à leur qualification, y compris à titre rétroactif (insigne calqué sur celui de l'ancienne école supérieure de guerre avec une variation de couleur de l'argent au doré correspondant aux trois niveaux possibles).

Par ailleurs, certaines qualifications données par l'ESORSEM sont désormais inscrites au RNCP (répertoire national des certifications professionnelles). Les stagiaires des SOFEM et SCEM recevant désormais la certification professionnelle de « responsable en management des organisations », option « management stratégique », de niveau 6 (ancien niveau II) ,,.

Dans les formations délivrées par le CDEC, le DORSEM se voit transposé en certification professionnelle de Manager d'Unité Opérationnelle et Fonctionnelle (MUFO), depuis un arrêté du ministère des Armées en date du 17/07/2020 . Cette certification est enregistrée au registre national des certifications professionnelles (RNCP) sous le numéro 29444 et classée au niveau de classification 7 (équivalent de niveau master 2),.

Devise

De 1947 à 1982 : Duci et militi (pour le chef et pour le soldat), devise partagée avec l'école d'état-major.

Depuis 1982, la devise de l'École est : « Ils s'instruisent pour mieux servir ».

Les promotions des ORSEM

De 1900 à 1975, de l'ordre de 90 promotions se succèdent jusqu'à celle de 1976 qui est la première à être baptisée du nom d'un parrain. Les numéros de promotion restent sujet à caution en raison des interruptions liées aux deux guerres mondiales.

Les premiers insignes de promotion apparaissent de manière isolée en 1985 et 1986 avec les promotions « Colonel Touny » et « Capitaine de Redon » (photos). Ils deviennent davantage systématique sans être une règle à partir de 1994 avec la promotion « Cinquantenaire de la Libération de Paris » jusqu'à ce jour où la tradition semble mieux établie.



Directeurs ou commandants de l'ESORSEM

De 1900 à 1914 le lieutenant-colonel Frocard, réserviste, est d'abord président du Conseil d'instruction de la Réunion, puis directeur-adjoint de l'École d'instruction, successivement sous l'autorité du chef d'état-major du Gouverneur militaire de Paris (1901), puis du général commandant l'École supérieure de guerre (1911). L'école rouvre après la guerre, en 1920. Ses directeurs successifs sont désormais des militaires de carrière.

Bibliographie

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. ↑ À l'exception (récente) de deux stages (officiers/sous-officiers) pour la chaîne « organisation territoriale interarmées de défense » qui réunissent active et réserve (cf. infra)
  2. ↑ Général Thierry Chigot, « Actualités RH, Armée de Terre ».
  3. ↑ L'ESORSEM forme les officiers de réserve de l’armée de Terre, mais également des officiers du commissariat des armées et du service de santé des armées, des élèves de l’École polytechnique et parfois des réservistes volontaires de la Marine et de l’armée de l’Air. S'y ajoutent des stagiaires des pays amis - Cf. L’adresse du Commandant de l’ESORSEM in Cahiers du CESAT n° 35, mars 2014, pp. 5-6
  4. ↑ La vie de l'école in La lettre de l'ESORSEM, n° 6, 2016
  5. ↑ Plus du double en comptabilisant ceux ayant quitté la ROP
  6. ↑ Les ORSEM de la promotion 2016 « Lieutenant-colonel Emile Driant » baptisés le 19 août (consulté le 14 juillet 2019)
  7. 1 2 Réserve: les ORSEM dans une passe difficile
  8. ↑ Cf. Mohamed Madoui, Militaires à temps partiel. Sociologie des officiers de réserve spécialistes d'état-major, L'Harmattan, 20O7
  9. ↑ Depuis, promu général de division, le général Facon a pris la tête de Barkhane en mars 2019
  10. ↑ Pour OPérations EXtérieures, autorisées pour les réservistes depuis 1995
  11. ↑ Pour MISSions INTérieures
  12. ↑ Sur le site du Ministère de la Défense : 3 questions au général Pascal FACON, directeur du Centre de Doctrine et d’Enseignement du Commandement (20 septembre 2017) - Voir aussi : Audition du général Pascal Facon, commandant le CDEC devant la Commission de la défense nationale et des forces armées de l'Assemblée Nationale (25 septembre 2018)
  13. ↑ Escadrille d'hélicoptère d'attaque (EHA)
  14. ↑ La Réunion des ORSEM est elle-même membre de l'Association nationale des réserves de l'Armée de terre
  15. ↑ Présentation-École supérieure des officiers de réserve spécialistes d'état-major (ESORSEM)
  16. ↑ Brève histoire des ORSEM in UN SIÈCLE JOUR POUR JOUR APRÈS SON DÉCÈS AU FEU LE 24 AOÛT 1918, LA PROMOTION ORSEM 2018 PORTE LE NOM DE LIEUTENANT HENRI TOURTEL.
  17. ↑ Historique de l’École Supérieure des Officiers de Réserve Spécialistes d'Etat-Major (penseemiliterre.fr)
  18. ↑ ESORSEM-Historique (CDEC)
  19. 1 2 3 Colonel Gérard Bieuville et capitaine Philippe Gouësmel, Un siècle d'Orsem, Lavauzelle-Graphic Editions, 1999
  20. 1 2 L’adresse du Commandant de l’ESORSEM in Cahiers du CESAT n° 35 Mars 2014, pp. 5-6
  21. 1 2 Un nouveau diplôme pour les colonels de réserve, in Armée & Défense octobre-novembre-décembre 2014, p. 8
  22. 1 2 Bulletin Officiel des Armées - Instruction du 15 février 2019 relative à la formation du personnel de la réserve opérationnelle de l'Armée de terre
  23. 1 2 3 Directive n° 200/RH-AT/CESAT/ESORSEM/FORM du 05 juillet 2013
  24. ↑ Fin 2018 le Lieutenant-Colonel Julliard devient le premier officier de réserve à recevoir à Saumur son insigne d'instructeur des mains du général-directeur du CDEC Cf. in La Lettre de l'ESORSEM n° 1 janvier 2019
  25. ↑ Bulletin Officiel des Armées - Instruction du 15 janvier 2017 relative aux conditions d'obtention du brevet technique d'études militaires générales
  26. ↑ Bulletin Officiel des Armées - Instruction du 21 mars 2016 relative à l’organisation du cycle d’enseignement militaire supérieur de 2e degré des officiers de réserve en vue de l’attribution du brevet technique interarmées de réserve.
  27. ↑ Concerne notamment : EMIAZD-S (états-majors de zone de défense et de sécurité) et CO DMD (centre opérationnel auprès du délégué militaire départemental)
  28. ↑ Circulaire du 27 novembre 2018 du Général Pascal Facon, directeur du CDEC
  29. ↑ Arrêté du 27 décembre 2018 (JO du 4 janvier 2019) niveau 6 (
  30. ↑ CDEC - Certification professionnelle
  31. 1 2 Page d'accueil du site la Réunion des Orsem - Communiqué du 8 mars 2019 (consulté le 19 juillet 2019)
  32. ↑ « Arrêté du 17 juillet 2020 créant des certifications professionnelles délivrées par le ministère des armées - Légifrance », sur legifrance.gouv.fr (consulté le ).
  33. ↑ Président de la Réunion des ORSEM, « Certification professionnelle des formations de l’ESORSEM – Communiqué de la Réunion des ORSEM du 21 octobre 2020 », sur Réunion des ORSEM, .
  34. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Lettre de l'ESORSEM - CDEC, N° 1, janvier 2019
  35. ↑ Page privée de la promotion Colonel Charles Cambe
  36. ↑ CDEC / ESORSEM, « Guide à l'usage des officiers stagiaires français et alliés au CSORSEM », sur c-dec.terre.defense.gouv.fr, .
  37. ↑ « Associations Reconnues d'Utilité Publique (ARUP) - data.gouv.fr », sur data.gouv.fr (consulté le ).