Omas gegen Rechts

Affiches blanches sur lesquelles figure « Omas gegen Rechts » en lettres majuscules noires
Affiches blanches caractéristiques du mouvement « Omas gegen Rechts », brandies en janvier 2018 à Vienne lors de la manifestation contre la Coalition noire-bleue rassemblant le parti de droite conservatrice et le parti d'extrême droite autrichienne.

Omas gegen Rechts, littéralement « Les mamies contre la droitisation / l'extrême droite », est un mouvement citoyen germanophone créé à Vienne en 2017. Caractérisé par une volonté de protéger la démocratie face aux politiques d'extrême droite, au fascisme, au racisme, et à la misogynie, le mouvement se structure en Allemagne, en Autriche, en Suisse en 2025 et dans le Tyrol du Sud par le biais de groupes locaux bénévoles organisés de manière informelle.

Histoire

Le mouvement nait à Vienne en 2017 sous l'impulsion de l'ancienne journaliste de l'ORF Susanne Scholl et la pasteure retraitée Monika Salzeren, en réaction à la coalition du gouvernement Kurz I entre le parti conservateur du chancelier Sebastian Kurz (ÖVP) et le parti nationaliste autrichien d’extrême droite (FPÖ).

Photo des bonnets colorés
Bonnets tricotés ou « pussyhats », caractéristiques du mouvement.

Toutes deux précisent que, bien qu'elles soient nées après la guerre, elles héritent des récits de leurs parents et grands-parents qui ont été confrontés à la montée du fascisme et au nazisme. Elles décident alors de s'organiser par le biais d'un groupe Facebook et descendent à plusieurs reprises dans les rues de Vienne contre la Coalition noire-bleue. Lors de ces manifestations, les « Omas gegen Rechts » se reconnaissent à leurs pancartes et badges blancs et noirs et à leurs bonnets tricotés roses ou multicolores, appelés « pussyhats ». Les actions et discours qui en découlent sont ensuite relayés sur les réseaux sociaux sous forme de courtes vidéos aux messages percutants.

Dès janvier 2018, le mouvement s'étend à l'Allemagne sous les impulsions simultanées d'Anna Ohnweiler à Nagold et de Gerda Smorra à Brême. En échos à la situation politique autrichienne, c'est l'entrée du parti allemand d'extrême droite (AfD) au Parlement fédéral qui amène les différents groupes à se structurer dans tout le pays. En 2020, le Berliner Zeitung dénombre un centaine de groupes régionaux répartis sur tout le territoire allemand.

Photo de la manifestation
« Omas gegen Rechts » à Hanovre en 2024

Les 3 et 4 août 2024 les « Omas gegen Rechts » se réunissent à Erfurt, en Thuringe, pour leur premier congrès fédéral, dans le but de renforcer la mise en réseau des groupes locaux, de favoriser les échanges professionnels et de développer de nouvelles idées.

Entre 2025, année où le plan de « remigration des étrangers » de l'AfD est dévoilé, et 2026, années de la victoire de l'AfD au élections régionales de Saxe-Anhalt, les « Omas gegen Rechts » voient le nombre de leurs militantes augmenter fortement avec plus de 100 nouveaux groupes créés sur tout le territoire allemand.

Si le mouvement se définit comme apolitique et non-partisan, il se positionne sur une ligne humaniste, que ce soit dans la défense du droit des femmes, l’accueil des migrants et le combat contre le racisme. Son système décentralisé permet à chaque groupe local d'exprimer ses revendication, allant du soutien au mouvement Fridays for Future à la critique des mouvement antivax des débuts de la pandémie de COVID-19.

Photo de la manifestation
Bannière des « Omas gegen Rechts » à la Ballhausplatz de Vienne en 2026. Le texte précise « La migration est un droit humain, pas de démocratie sans droits de l'Homme ».

Notes et références

  1. 1 2 Isaure Hiace, « «On ne peut pas simplement détourner le regard»: le mouvement des «grands-mères contre la droitisation» s'étend en Europe » Accès limité, Le Temps, (consulté le )
  2. ↑ (de) Manuela Tomic, « Rente und Rebellion », Zeit Online,‎ (lire en ligne Accès limité)
  3. 1 2 (de) « Weil Alter Wissen ist : Wie die Omas gegen Rechts die Republik aufrütteln. », Berliner Zeitung,‎ (lire en ligne)
  4. ↑ « Face à la montée de l'extrême-droite allemande, des mamies font de la résistance », sur geo.fr, (consulté le )
  5. ↑ (de) « Demonstrieren gegen Extremismus: Anna Ohnweiler gründete „Omas gegen Rechts” », sur swr, (consulté le )
  6. ↑ « Qui sont les « Omas », ces mamies qui font de la résistance face à l’extrême droite allemande ? », Ouest France,‎ (lire en ligne)
  7. ↑ Manon Bernard, « Elections en Allemagne : qui sont les « Omas gegen Rechts », ces mamies qui se battent contre l’extrême droite ? », Nouvel Obs,‎ (lire en ligne)
  8. ↑ (de) Juri Sonnenholzner, « "Wir waren sprachlos und sauer" », sur Tagesschau, (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes