Ousmane Sylla, plus connu sous le titre de Dr Ousmane Sylla, est un homme d'État, ingénieur et diplomate guinéen. Docteur en génie chimique formé en Allemagne, il exerce successivement comme cadre dans l'industrie allemande, puis comme ministre à plusieurs reprises sous la présidence de Lansana Conté, avant d'entamer une longue carrière diplomatique qui le conduit à représenter la Guinée en Afrique du Sud, puis en Belgique auprès de l'Union européenne et du Groupe ACP.
Ousmane Sylla naît le 8 janvier 1946 à Kindia, en République de Guinée, et fait ses études supérieures en Allemagne, à l'université de Munich, où il se spécialise en génie chimique. En 1979, il soutient avec succès sa thèse de doctorat dans cette discipline, obtenant la mention « excellente ».
À l'issue de sa thèse, Ousmane Sylla ne rentre pas immédiatement en Guinée. Il intègre la société allemande Interratom, filiale du groupe industriel Siemens, où il occupe le poste de chef de département de 1979 à 1985,.
C'est finalement l'intervention d'un compatriote, Jean-Claude Diallo, ancien ministre guinéen de l'Information, qui le convainc de quitter l'Allemagne et de mettre son expertise au service de son pays.
De retour en Guinée en 1985, Ousmane Sylla entre rapidement dans les cercles gouvernementaux. De 1986 à 1989, il est chargé du ministère des Ressources Naturelles, un département alors regroupant des attributions très larges : les mines, la géologie, l'environnement, l'hydraulique et l'énergie),.
En 1989, Ousmane Sylla est muté vers un autre portefeuille gouvernementall. Il prend la tête du ministère de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat, fonction qu'il occupe jusqu'en 1992,.
De 1996 à 2000, Ousmane Sylla représente la République de Guinée en tant qu'ambassadeur auprès de la République d'Afrique du Sud et des pays de la SADC (Communauté de développement de l'Afrique australe),.
En 2000, il retourne en Allemagne pour exercer en tant que consultant auprès de la Banque allemande de développement (KfW), où il est chargé des secteurs des mines, de l'énergie et de l'industrie.
Rappelé à Conakry en 2003 par le président Lansana Conté, il est nommé recteur de l'université de Conakry, une fonction qu'il occupe durant trois ans,.
Le 29 mai 2006, Sylla est reconduit à la tête du département des Mines et de la Géologie, pour la deuxième fois de sa carrière),. Il occupe cette fonction jusqu'en mars 2007, date de la formation d'un nouveau gouvernement sous la direction du Premier ministre Lansana Kouyaté.
En 2008, il devient conseiller auprès du ministre des Transports, un poste qu'il quitte à la suite du coup d'État mené par Moussa Dadis Camara en décembre de la même année.
Après avoir fondé un bureau d'études spécialisé dans le secteur de l'énergie, il est nommé le 30 avril 2012 par le président Alpha Condé au poste d'ambassadeur de la République de Guinée à Bruxelles, accrédité auprès de l'Union européenne et des pays du Benelux,,,.
Plusieurs épisodes marquent le mandat bruxellois du Dr Sylla. En mars 2014, il est convoqué par le cabinet du ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, à la suite d'un différend relatif au rapatriement de ressortissants guinéens en situation irrégulière sur le territoire belge.
L'ambassade guinéenne s'oppose à l'expulsion collective de ses ressortissants, annulant le survol de l'espace aérien guinéen ; une décision qui suscite la réaction des autorités belges.
En septembre 2016, l'ambassadeur intervient publiquement pour clarifier la position de l'ambassade concernant un nouveau rapatriement collectif, organisé dans le cadre d'un vol affrété par FRONTEX, l'agence de protection des frontières de l'Union européenne. Il souligne alors que la Guinée entretient de bonnes relations avec la Belgique, pays qui lui accorde une aide publique au développement de 15 millions d'euros.
En février 2020, à la veille du scrutin législatif et référendaire en Guinée, l'ambassade de Guinée à Bruxelles est ciblée par des jets de projectiles. Le Dr Sylla condamne cette attaque, qu'il attribue à des militants de l'opposition, et souligne le caractère inédit d'un tel incident dans l'histoire diplomatique guinéenne.