Le panisme désigne toute idéologie qui promeut l'unification (par la langue, l'ethnie, la culture...) de personnes considérées comme appartenant à un seul et même peuple dans une seule structure étatique. Le panisme est un concept de géopolitique en ce qu'il a été le véhicule d'idéologies d'unifications nationales ou d'impérialismes.
Le concept de panisme est fondé par l'un des premiers membres de la géopolitique allemande du XIXe et début du XXe siècle, Karl Haushofer. Il utilise le terme de Pan-Ideen, fondé sur le mot pan qui désigne le tout en grec. Le panisme, ou pan-idée, est alors défini comme « une représentation géopolitique fondée sur une communauté d’ordre ethnique, religieuse, régionale ou continentale ». Haushofer nomme ainsi panisme toute idéologie qui promeut l'unification (ou la réunification) de populations géographiquement éclatées dans un tout politique. Il est lui-même paniste, car il considère que l'Allemagne a pour vocation à dominer la zone qu'il appelle « paneuropéenne ».
Le concept continue d'être utilisé après la fin de la géopolitique allemande du XIXe siècle. Il désigne aujourd'hui toute idéologie qui vise à rassembler en une unité politique des peuples considérés comme devant être unis (sur des critères de langue, de religion, d'appartenance à un même continent, etc.). François Thual définit les panismes comme « des mouvements politico-idéologiques où le regroupement de tous les membres d'une communauté éparse devient l'objectif fondamental des dispositifs géopolitiques ».
Si les panismes peuvent reposer sur des éléments historiques vrais, ils sont souvent motivés par des mythes de l'âge d'or et par la perception d'un manque d'unification d'une communauté ; ils fonctionnent donc souvent par idéalisation et reposent souvent sur une conception maximaliste du territoire ou de la population à englober. Jean-Baptiste Duroselle considère ainsi le panisme comme menant nécessairement à un échec politique, et causant, par la tentative de son accomplissement, des enchaînements de conflits armés.
Un panisme religieux vise à regrouper dans une seule entité une communauté de croyants.
Le panisme religieux le plus dynamique est le panislamisme. Son but est d’unifier le monde musulman. À la différence de l’arabité, faisant référence à l’ethnicisme, l’islamisme s’appuie sur la communauté religieuse, l’oumma. Cela nécessite une réunification des différentes écoles de pensée ; ainsi, chez les sunnites, il s'agirait de reformer l'unité des écoles malikite, hanafite, hanbalite et chaféite ; ainsi que de les regrouper avec les chiites et les kharidjites.
Les panismes continentaux visent à unifier un continent entier, sous l'égide d'une puissance hégémonique dominante, et souvent sur des critères ethniques ou culturels qui font appel à l'argument d'antériorité.
Un panisme continental obéit à une représentation fantasmée de l'unité d'un territoire à l'échelle d'un continent, en gommant ses divergences majeures. Ainsi, la charte constitutive de l'Organisation de l'unité africaine proclame l'unité du continent africain, sans définir l'Afrique dans ses limites et ses spécificités. La doctrine Monroe fonde la suprématie des États-Unis sur l'ensemble du continent américain et constitue une forme de panisme américain.