Le mime est un genre théâtral dont les expressions principales sont l'attitude, la mimique et le geste. Il consiste à représenter un récit évocateur interprété par l'imaginaire du spectateur qui le reçoit. Dans la pantomime, sa forme narrative, le spectateur est conduit à ressentir les pensées et la vie intérieure de l'acteur. L'acteur qui joue dans ce type de spectacle un rôles généralement muet, sans masque, est aussi désigné sous le nom de mime.
Au XXesiècle, grâce à l'acteur et professeur de mime français Étienne Decroux ainsi qu'aux recherches de l'avant-garde russe, puis en particulier pendant la période 1970 - 2000, les styles de spectacles de mime se sont diversifiés, cette forme artistique contribuant alors au renouveau du théâtre.
Étymologie
Le terme «mime», distinct du terme «pantomime», est «emprunté au latin mimus, «acteur de bas étage» et «farce de théâtre», du grec μῖμος/ mīmos, «imitateur, acteur, bouffon» et «mime, sorte de comédie»; le terme «pantomime» est emprunté au latin pantomimus «mime, comédien qui s'exprime au moyen de gestes», du grec παντόμιμος/ pantómimos, «pantomime, comédien qui joue au moyen de gestes, sans le secours de la parole».
Mime tenant un bouclier, terre cuite, Grèce, IIesiècleav. J.-C. au Iersiècleav. J.-C.
Historique du mime
L'origine du mime remonte aux cérémonies religieuses et festives de l'antiquité et connaît un âge d'or sous l'empire romain.
La pantomime est un genre théâtral, spectacle narratif dansé, accompagné de musique, né à l'époque romaine, fondé sur le moyen d'expression de l'art du mime, plus difficilement accessible aux censures car son écriture est l'interprétation.
En Grande-Bretagne, elle devient une pièce (mise en scène traditionnelle à Noël) basée sur l'un des nombreux contes folkloriques, une comédie musicale, divertissement familial caractérisé par une histoire bien connue, des blagues ringardes, interaction avec le public (surtout les enfants), par le fait que les personnages incluent toujours une méchante vieille femme (du genre mère de Blanche-Neige) jouée par un homme et un jeune homme vaillant et bon (du genre prince charmant) joué par une jeune femme.
En France, l'aspect dansé s'efface: Étienne Decroux crée son école à Paris en 1940, suivi en 1956 par Jacques Lecoq, et en 1978 par Marcel Marceau. Isidore Isou présente, dans l'un des chapitres de son livre Fondements pour la transformation intégrale du théâtre (Bordas, 1953), le pantomime ciselant (ou destructif) qui propose l'enchaînement des expressions mimiques les unes à la suite des autres dans le rejet de l'anecdote générale, aboutissant progressivement à l'anéantissement de la gestuelle significative, narrative par des successions de gestes gratuits sans signification.
Au Japon, à la suite du traumatisme de Hiroshima et de Nagasaki, Tatsumi Hijikata et Kazuo Oono créent le «buto», la «danse des ténèbres». Si l'art de Tatsumi Hijikata relève effectivement de la danse, celui de Kazuo Ōno correspond au mime.
En 1908, Paul-Henry Burguet dans son film L'Empreinte ou la Main rouge réalise une adaptation de la pantomime Conscience, créée en 1901 au Kursaal de Genève, et reprise en 1903 à L'Olympia de Paris, un mimodrame signé de François Durel et Séverin, tiré lui-même d'une pièce plus ancienne intitulée Remords.
Will Spoor (Pays-Bas), Jérôme Dechamps, Farid Chopel, Pierre Byland et Philippe Gautier (France), Remondi et Caporossi (Italie), Théâtre de Complicité (Grande-Bretagne), Ctibor Turba, Boleslav Polivka (République tchèque), Akademia Ruchu (Pologne), les Mummenschanz, Peter Wyssbrod (Suisse), Compagnie Alberto Vidal et de Fura dels Baus (Espagne), Compagnie Licedeï de Slava Polunin (Russie), Thomas Leabhart (États-Unis),.
Théâtre du mouvement, ou Kakha Bakuradze's Movement Theatre Tbilisi Georgia (Avenue Davit Agmashenebeli(en), no182 bis, entrée dans le parc Mushtaidi) (Tbilissi)
↑Peter Bu, «Mime et danse.», La revue Gestes puis Théâtre Public, n°118-119,
↑(en) Robert F. Storey, Pierrots on the Stage of Desire: Nineteenth-Century French Literary Artists and the Comic Pantomime, Princeton University Press, , 410p., p.309.
Peter Bu, «Mime», dans Michel Corvin (dir.), Dictionnaire encyclopédique du théâtre à travers le monde, Paris, Bordas, (ISBN9782047312957), p.9325-937.
Guy Charier, Jean-Marc Lachaud et Martine Maleval, Mimages, Périgueux, Imprimerie Moderne, (ISBN2950801730, OCLC409474465)
Choricios de Gaza (trad.Christian Pernet), «L’Apologie des mimes, une source d’informations sur le théâtre?», dans L’Apologie des mimes, Peter Lang, coll.«Sapheneia» (lire en ligne), p.269-368
«Dossier "Danse et mime": sœur ennemies?», Théâtre public, nos118-119, juillet - octobre 1994, p.80-96
Étienne Decroux, Paroles sur le mime, Paris, Gallimard, (ISBN978-2734901150)
Isidore Isou, Fondements pour la transformation intégrale du théâtre, Bordas, (BNF32272520)