| Parc Chouvalov | |||
Un étang du parc. | |||
| Géographie | |||
|---|---|---|---|
| Pays | Russie | ||
| Commune | Saint-Pétersbourg | ||
| Quartier | Pargolovo, district de Vyborg | ||
| Superficie | 134,5 | ||
| Histoire | |||
| Création | Années 1750 ; remaniements au XIXe siècle | ||
| Gestion | |||
| Protection | Patrimoine culturel d'importance fédérale ; composante du patrimoine mondial | ||
| Localisation | |||
| Coordonnées | 60° 04′ 31″ nord, 30° 18′ 18″ est | ||
| Géolocalisation sur la carte : Saint-Pétersbourg
Géolocalisation sur la carte : Russie
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Le parc Chouvalov (en russe Шуваловский парк, Chouvalovski park) est un parc paysager historique situé à Pargolovo, dans le district de Vyborg, au nord de Saint-Pétersbourg. Il s'étend entre le village de Pargolovo et la rivière Zamanilovka, sur l'ancien domaine des comtes Chouvalov, dont il conserve plusieurs palais, une église néogothique, un système d'étangs et deux buttes appelées « Parnasse ».
Le parc fait partie de l'ensemble « Domaine des Chouvalov (E. A. Vorontsova-Dachkova) "Pargolovo" », protégé comme objet du patrimoine culturel d'importance fédérale. Ce domaine constitue la composante 540-023 du bien « Centre historique de Saint-Pétersbourg et ensembles monumentaux annexes », inscrit en 1990 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO selon les critères (i), (ii), (iv) et (vi).
L'Encyclopédie de Saint-Pétersbourg attribue au parc une superficie de 134,5 hectares, tandis que l'historienne Elena Alexandrova l'estime à près de 200 hectares, soit environ le double du parc inférieur de Peterhof. Le périmètre de la composante inscrite au patrimoine mondial, qui englobe l'ensemble du domaine, couvre 149,9 hectares.
Le parc occupe des collines sableuses d'origine glaciaire du bassin de la Neva. Le sommet du Parnasse, la principale de ces hauteurs, culmine à 63 mètres au-dessus du niveau de la mer. La forêt naturelle, composée surtout d'épicéas, de pins et de bouleaux, couvre plus de 60 % de sa surface ; les plantations du XIXe siècle sont dominées par les tilleuls, les chênes, les érables et les mélèzes. Plus de quarante espèces d'oiseaux y nichent.
Le registre cadastral de la piatina de Vod dressé en 1500 mentionne dans les environs plusieurs petits villages de deux ou trois feux, dont quatre, habités par des Ijoriens, formaient la localité de Parkola. Une carte suédoise de 1662 indique près de l'actuel lac inférieur de Souzdal, au bord du ruisseau Zamanilovka, une localité nommée Kabilouïa, qui pourrait correspondre au manoir d'un noble suédois.
Selon les guides du XIXe siècle, Pierre Ier aurait donné ces terres, après la grande guerre du Nord, à sa fille Élisabeth ; d'autres traditions évoquent une donation antérieure aux Chouvalov, que les documents ne confirment pas. Avant l'arrivée de ces derniers, la partie nord du futur parc n'était encore qu'une terre de labour paysanne.
On date souvent de 1746, année où Pierre Ivanovitch Chouvalov fut fait comte, la donation du domaine de Pargolovo à ce favori de l'impératrice Élisabeth. Une étude publiée en 2023 à partir des plans et des archives du XVIIIe siècle établit cependant que la mise en possession eut lieu dans la seconde moitié de 1747. Le domaine couvrait alors 9 223 dessiatines. Les principaux travaux de construction de la résidence et du parc régulier, avec son système d'étangs aux contours géométriques, furent réalisés en 1756-1758. Deux palais de pierre identiques furent élevés au milieu du XVIIIe siècle ; celui de l'est subsiste aujourd'hui sous le nom de Petit Palais ou « Maison blanche ». Selon Elena Alexandrova, la butte du Parnasse fut alors rehaussée artificiellement sur ordre de l'impératrice.
Le domaine se transmit ensuite au sein de la famille Chouvalov jusqu'au début du XXe siècle.
| Propriétaire | Période |
|---|---|
| Comte Pierre Ivanovitch Chouvalov (1711-1762) | De 1747 à 1762 |
| Comte Andreï Petrovitch Chouvalov (1743-1789) | De 1762 à 1789 |
| Comte Pavel Andreïevitch Chouvalov (1776-1823) | De 1789 à 1823 |
| Comtesse Varvara Petrovna Chouvalova, sa veuve, remariée au comte Adolphe de Polier | De 1823 à 1841 |
| Comte Andreï Pavlovitch Chouvalov (1817-1876) | De 1841 à 1876 |
| Mikhaïl Andreïevitch Chouvalov, devenu prince Vorontsov | De 1876 à 1903 |
| Élisabeth Andreïevna Vorontsova-Dachkova, épouse du comte Illarion Vorontsov-Dachkov, puis son fils Alexandre Illarionovitch (1881-1938) | De 1903 à la révolution de 1917 |
En 1905, l'ensemble des terres de Pargolovo appartenant à la famille couvrait encore 5 799 dessiatines, superficie qui ne doit pas être confondue avec celle du parc proprement dit.
Après la mort de Pavel Andreïevitch Chouvalov en 1823, sa veuve Varvara Petrovna épousa en 1826 le comte Adolphe de Polier. Celui-ci lança, peu avant sa mort en mars 1830, l'aménagement d'un vaste parc paysager au nord de l'ancien jardin, dont les travaux furent dirigés par le jardinier Peter Erler. L'Encyclopédie de Saint-Pétersbourg date de 1820 la nouvelle composition d'Erler, dont les grandes lignes ont été conservées. Les noms des étangs « Chemise de Napoléon » et « Chapeau de Napoléon » remonteraient à l'époque de Pavel Andreïevitch, qui avait escorté Napoléon jusqu'à l'île d'Elbe en 1814.
Pour perpétuer la mémoire de son second époux, Varvara Petrovna confia à l'architecte Alexandre Brioullov la construction de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul et d'un caveau funéraire de style gothique au bord d'un étang. Après l'incendie de 1846, le comte Andreï Pavlovitch Chouvalov fit reconstruire le palais principal par l'architecte Harald von Bosse en 1851-1854 ; ce palais brûla à son tour en 1876.
Sous les Vorontsov-Dachkov, l'architecte Stepan Kritchinski construisit en 1907 les écuries, de style scandinave, en pierre brute, puis, en 1912-1914, sur l'emplacement de l'ancien palais, une nouvelle résidence de style néoclassique, le Grand Palais ; il remania aussi le Petit Palais en 1915. Le pavillon des Bains froids, dont il ne subsiste que des ruines, date des mêmes années.
Le domaine fut alors loti en partie de datchas. La plus célèbre, la « datcha jaune », est une demeure en bois de style néogothique construite en 1900-1902 par l'architecte Maximilian Mesmacher pour son frère, l'avocat Georg Mesmacher, en face du Petit Palais. Elena Alexandrova cite également la villa Belmont, construite dans les années 1880, et plusieurs autres datchas, dont la « datcha verte ».
En 1926, le Grand Palais, dont les intérieurs venaient d'être achevés, devint une maison de repos pour les travailleurs de l'alimentation. L'église fut fermée en 1937 et transformée en club, puis en sanatorium et, dans les années 1950, en laboratoires.
Pendant la Grande Guerre patriotique, le parc et le palais abritèrent un état-major de réserve du front de Léningrad, ainsi que des ouvrages fortifiés et des points de transmissions, dont l'un fut creusé à la base du Parnasse.
À partir de 1947, les palais furent confiés à l'Institut de recherche sur les courants à haute fréquence V. P. Vologdine (VNIITVTch), qui les occupa pendant plus d'un demi-siècle et fut chargé de l'entretien de l'ensemble. L'église fut rendue à l'Église orthodoxe en 1990 et restaurée au cours de la décennie suivante.
En 1991, des enfants s'introduisirent dans l'ancien abri du Parnasse par des brèches ouvertes par les pluies ; un éboulement en tua deux. L'opération de secours, menée avec des ouvriers du métro puis une pelleteuse, déforma la butte, où subsiste une excavation.
L'institut Vologdine, transformé en société par actions en 1992, ne remplit pas ses obligations de conservation. De 2007 à 2015, le tribunal d'arbitrage rendit treize décisions le condamnant à plus de 250 000 roubles de pénalités. En 2016, l'institut renonça à entretenir la majeure partie du parc, dont la ville finance depuis 2015 l'entretien des espaces verts, à hauteur de plus de 30 millions de roubles en 2015-2016 et de 34 millions en 2018. En février 2018, le tribunal du district de Vyborg lui infligea une amende de 1,4 million de roubles pour le mauvais état des monuments.
En 2018, l'institut, en grande difficulté financière, fut placé sous la gestion fiduciaire de la société RT-Kapital, filiale de Rostec chargée des actifs en difficulté. Il faisait l'objet de vingt-quatre procédures d'exécution pour près de onze millions de roubles et ses bâtiments étaient saisis. En 2019, il mit aux enchères des biens jugés étrangers à son activité, dont la datcha Mesmacher et la « datcha verte ». Le 19 mai 2020, la datcha Mesmacher fut adjugée pour 5,63 millions de roubles, pour une mise à prix de 4,3 millions, à une entrepreneuse individuelle, Rada Rousskikh.
La ville ayant refusé en mai 2020 de racheter ou d'échanger le reste de l'ensemble, Rostec mit en vente en avril 2021 le Grand Palais et les bâtiments voisins, soit douze édifices d'une surface totale de 14 844 m2, dont cinq monuments d'importance fédérale, sur un terrain de plus de 7,5 hectares, pour une mise à prix de 366 millions de roubles. Malgré l'opposition des défenseurs du patrimoine, l'ensemble principal fut adjugé pour 275 millions de roubles à une société du promoteur Element.
Le projet présenté en 2023 prévoit d'installer une école privée dans le Grand Palais, des appartements hôteliers dans le Petit Palais et la maison du jardinier, et de remplacer un atelier expérimental de 1965 par des bâtiments hôteliers. Les façades doivent être restituées dans leur état de 1912, et le second plafond ajouté à l'entrée du Grand Palais supprimé afin de rendre la lumière de la coupole, conformément au projet de Kritchinski. La société panrusse de protection des monuments (VOOPIK) a approuvé ce concept à condition qu'aucune construction nouvelle ne soit élevée dans le parc et que les habitants puissent y accéder librement après les travaux ; des militants réclament pour le parc le statut de musée-réserve. En novembre 2025, le promoteur annonçait le début des travaux de restauration pour 2026, leur achèvement en 2028 et la mise en service en 2029 ; l'usage du Grand Palais (école privée, centre de rééducation ou clinique) n'était pas encore arrêté.
La datcha Mesmacher, monument en bois d'importance régionale, continua de se dégrader après sa vente. En septembre 2022, le comité pour la protection des monuments (KGIOP) assigna sa propriétaire en justice pour obtenir l'exécution de travaux de conservation, les travaux d'urgence exigés pour la fin du mois de juillet 2022 n'ayant pas été réalisés. Selon un entretien publié en octobre 2023, ces travaux d'urgence furent finalement menés avec une entreprise spécialisée, ouvrant la voie à la restauration proprement dite ; la propriétaire envisageait d'installer un restaurant au rez-de-chaussée et une auberge à l'étage.

| Élément | Date | Auteur et observations |
|---|---|---|
| Grand Palais | 1912-1914 | Stepan Kritchinski ; élevé à l'emplacement du palais du XVIIIe siècle, reconstruit par Harald von Bosse en 1851-1854 et incendié en 1876 |
| Petit Palais, ou « Maison blanche » | Milieu du XVIIIe siècle | L'un des deux palais jumeaux du domaine ; remanié par Kritchinski en 1915 |
| Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul | 1831-1839, consacrée en 1846 | Alexandre Brioullov ; style néogothique |
| Caveau d'Adolphe de Polier | Années 1830 | Alexandre Brioullov ; style gothique, façade en granit rouge de Finlande |
| Écuries | 1907 | Stepan Kritchinski ; style scandinave, pierre brute |
| Datcha Mesmacher, ou « datcha jaune » | 1900-1902 | Maximilian Mesmacher ; bois, style néogothique, monument d'importance régionale |
| Étangs et ouvrages hydrauliques | XVIIIe siècle et XIXe siècle | Douze étangs, dont la « Chemise de Napoléon », le « Chapeau de Napoléon », l'étang triangulaire creusé en 1863 et l'étang rond ; ruines de l'arc de tuf |
| Vieux Parnasse et Nouveau Parnasse | XVIIIe siècle | Buttes en partie artificielles ; ruine d'un pavillon rond à colonnes doriques sur le Vieux Parnasse |
| Pavillon des Bains froids | 1912-1914 | Ruines |
Le parc comprend deux buttes, le Vieux Parnasse et le Nouveau Parnasse. Le Vieux Parnasse porte la ruine d'un édifice circulaire de pierre à colonnes doriques, qui abritait autrefois une installation de pompage alimentant le palais en eau. Au pied du Parnasse s'étendent le grand étang trapézoïdal dit « Chemise de Napoléon », relié à deux petits étangs rectangulaires, et, au-dessus, l'étang plus petit du « Chapeau de Napoléon ». Selon Elena Alexandrova, la butte culmine à 61 ou 62 mètres au-dessus du niveau de la mer après avoir été rehaussée artificiellement d'une dizaine de mètres.
Le nom de la butte renvoie au mont Parnasse de la mythologie grecque, séjour d'Apollon et des Muses, devenu dans la culture européenne le symbole de la poésie et des arts. Elena Alexandrova écrit qu'on ignore à quel moment il fut attribué ; elle suppose qu'il date de la seconde moitié du XVIIIe siècle, période d'engouement pour l'Antiquité.
Depuis le sommet de l'une des buttes, où se trouvait autrefois un belvédère, on apercevait le golfe de Finlande. Le panorama est aujourd'hui dominé par les quartiers récents du nord de Saint-Pétersbourg. Les pentes du Parnasse sont fréquentées par des cyclistes pratiquant le VTT en dehors de tout cadre autorisé.

L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul fut construite par Alexandre Brioullov à la demande de Varvara Petrovna Chouvalova, en mémoire de son second époux, Adolphe de Polier. Commencée en 1831 avec l'assistance de l'architecte K. A. Beine, elle fut consacrée en 1846, une quinzaine d'années plus tard. Fermée en 1937, elle servit de club, de sanatorium puis de laboratoire avant d'être rendue au culte en 1990.
C'est dans l'église de Chouvalovo que Nikolaï Rimski-Korsakov épousa Nadejda Pourgold le 30 juin 1872 (calendrier julien), en présence de Modeste Moussorgski, son témoin.