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Parents vigilants est un réseau (association de fait) de parents d'élèves créé en par le parti Reconquête d'Éric Zemmour. Il se donne pour objectif de lutter contre un « grand endoctrinement » qui soumettrait selon lui les écoliers aux idéologies « woke » et « islamiste ». Le réseau s'oppose notamment à l'éducation à la vie affective et sexuelle ainsi qu'à la lutte contre les discriminations liées à l'identité de genre et à l'orientation sexuelle. Ses méthodes sont dénoncées par de nombreux enseignants et syndicats, et ont donné lieu à des actions en justice, dont une procédure en diffamation ayant abouti à une relaxe en 2026. Sa participation aux conseils de parents d'élèves depuis est analysée par des journalistes et des syndicats enseignants comme une stratégie d'entrisme à visée électorale, notamment en vue des élections municipales de .
Le collectif est créé en Île-de-France en , par le parti Reconquête peu après l'échec d'Éric Zemmour aux élections présidentielles et législatives. Éric Zemmour en avait présenté l'idée en lors des universités d'été de Reconquête. Le sujet de l'éducation étant apparu prioritaire pour ses militants, derrière l'immigration, il cherche à les fédérer derrière une lutte contre le « grand endoctrinement », variante du « grand remplacement ».
Le collectif a été comparé au mouvement américain Moms for Liberty, et s'inspirerait de la stratégie de la lutte contre le « wokisme » mise en œuvre par Ron DeSantis en Floride,,.
Le collectif Parents vigilants a été créé et est financé par le parti Reconquête. Les deux entités sont présentées comme « parallèles », mais les nouveaux membres de l'association sont immédiatement invités à prendre leur carte au parti.
Selon Causeur, le mouvement est coordonné par Sarah Knafo et le militant identitaire Damien Rieu. La porte-parole de l'association serait Agnès Marion, une proche de Marion Maréchal Le Pen, et la professeure de mathématiques Séverine Duminy gèrerait les affaires courantes. La conseillère presse de Reconquête Diane Ouvry est directrice de publication du site web.
L'association revendique des milliers de membres, mais l'information n'est pas confirmée, et aucune procédure d'adhésion ne semble être mise en place,. Les parents qui remplissent les formulaires sont ensuite inondés de mails faisant la propagande de Reconquête et invitant à des réunions locales,.
En , Sophie Djigo, professeure de philosophie en classe préparatoire littéraire au lycée Antoine-Watteau de Valenciennes, organise une sortie scolaire à Calais auprès d'une association d'aide aux migrants. Cette visite, destinée à initier ses élèves à l'ethnologie, s'inscrit dans un projet plus large consacré à l'exil et aux frontières. Les détails de la sortie sont relayés sur les réseaux sociaux par le réseau Parents vigilants, puis repris et amplifiés par le parti Reconquête et les comptes d'Éric Zemmour, avant que Sophie Djigo ne fasse l'objet d'une campagne de cyberharcèlement menée par des comptes anonymes.
Le rectorat de Lille annule la sortie scolaire par mesure préventive,, dépose plainte et accorde à Sophie Djigo la protection fonctionnelle. Puis, l'enseignante est placée sous protection policière pendant plusieurs semaines, son adresse professionnelle ayant fuité à plusieurs reprises,. Elle dépose finalement à son tour une plainte pour menaces de mort et cyberharcèlement auprès du parquet de Lille, et décide de changer d'établissement. Le proviseur d'un lycée à Luçon porte également plainte après l'emploi de méthodes similaires avant la venue de l'agriculteur et militant Cédric Herrou, connu pour son soutien aux migrants.
L'affaire donne lieu à deux procédures judiciaires distinctes. Le 20 mars 2026, le tribunal correctionnel de Paris condamne cinq internautes, auteurs de messages injurieux ou menaçants, à des peines de cinq à huit mois de prison avec sursis pour le cyberharcèlement de l'enseignante, une sixième prévenue étant relaxée. Dans un second procès, tenu devant la 17e chambre du tribunal judiciaire de Paris, spécialisée dans le droit de la presse, les neuf personnalités poursuivies pour diffamation et injure publique — parmi lesquelles Éric Zemmour, une porte-parole du réseau Parents vigilants et plusieurs élus du Rassemblement national — sont relaxées le 9 juin 2026, le tribunal estimant que les propos litigieux relèvent du « débat d'idées »,. Elle fait appel.
Selon des syndicats enseignants et des professeurs, le réseau aurait recours à des « méthodes éprouvées » : actions d'intimidation envers les professeurs ou les infirmières scolaires, campagnes de harcèlement numérique, courriers anonymes et rassemblements devant les établissements. Ces enseignants rapportent hésiter à aborder en classe les sujets liés aux étrangers et aux minorités de genre ou d'orientation sexuelle.
En avril 2025, le journal Mediapart publie une enquête identifiant une professeure de mathématiques d'un collège privé catholique, qui tenait sous pseudonyme un compte sur le réseau social X où elle diffusait, selon le média, des messages qualifiés d'« islamophobes ». Selon Valeurs actuelles, l'enquête est suivie de pressions de la part d'autres enseignants de l'établissement et l'intéressée se trouve empêchée de reprendre son poste, alors que la justice a classé l'affaire sans suite.
Le réseau Parents vigilants prend la défense de cette enseignante. Dans un entretien accordé au média conspirationniste Tocsin, sa coordinatrice nationale Séverine Duminy estime que la professeure, qui exerçait depuis plus de vingt cinq ans sans incident, s'était bornée à exprimer des opinions personnelles sur un compte privé sans rapport avec son enseignement, ce qui relèverait selon elle de la liberté d'expression. Elle affirme par ailleurs que le réseau a écrit au Premier ministre pour demander le retrait de l'agrément permettant à l'association SOS homophobie d'intervenir en milieu scolaire, ainsi que des sanctions contre sa présidente, à laquelle elle reproche des propos tenus publiquement sur le contournement de l'obligation de neutralité des enseignants.
En , le mouvement attire l'attention par de nombreuses actions s'opposant à des menus sans porc à l'école,,,, des actions pour l'égalité fille/garçon ou contre les discriminations LGBT,,,, des lectures drag,. Il a diffusé des rumeurs, concernant des aménagements d'espaces de prière pour des élèves musulmans.
À la rentrée scolaire , le réseau est soupçonné de vouloir infiltrer les conseils de parents d'élèves, qui ont un rôle consultatif sur tous les sujets périscolaires, au moment des élections qui se tiennent en octobre,, réputées comme faciles à remporter. L'objectif serait en fait de peser sur les prochaines municipales, à trois ans du scrutin, en récupérant les coordonnées des habitants pour les scrutins à venir, et en faisant émerger un nouveau vivier de militants,,,,,.
En , le sénateur Stéphane Ravier (Reconquête) provoque l'indignation à gauche en invitant Parents vigilants à organiser un colloque au Sénat,,. La réunion commence avec la diffusion de vidéos montrant Éric Zemmour et Mathieu Bock-Côté, et incitant à résister au supposé « impérialisme woke » venu des États-Unis. Les intervenants s'inquiètent de la « propagande islamo-gauchiste » et de l'absence de discipline dans les écoles (il faudrait ainsi, selon eux, en finir avec le « pédagogisme » des instituts de formation des enseignants), et dénoncent le « lobby transactiviste » qui inciterait les enfants à changer de sexe, et l'OMS qui chercherait à légaliser la pédophilie. Les fédérations enseignantes et des politiques de gauche s'indignent de cet évènement et le député écologiste Benjamin Lucas demande l'ouverture d'une commission d'enquête sur ce réseau,.
Depuis , les élèves du cours primaire à la terminale doivent avoir trois séances par an d'éducation à la sexualité. Le Conseil supérieur des programmes (CSP, présidé par un ancien conseiller de François Fillon et saisi en par Pap Ndiaye) publie en un premier projet de programme scolaire consacré à l'éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité. Selon Le Monde, le projet introduit l'éducation à la vie affective et relationnelle à l'école primaire et y ajoute « l'éducation à la sexualité » au collège et au lycée. La notion de consentement est abordée pour la première fois en CE2, la puberté est évoquée à partir de la classe de CM1 et la différenciation entre sexe, genre et orientation sexuelle à partir de la 5e. Il fait consensus au sein des organisations syndicales et a été soutenu par le Conseil économique, social et environnemental (CESE) qui a rappelé que l'éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité doit « s'inscrire dans une politique de santé publique et de lutte contre les discriminations et les violences sexuelles ».
Parents vigilants fait partie des associations qui mènent une fronde contre ce projet,,. Dans son rapport sur l'évolution des programmes, le CESE dénonce cette « frange réactionnaire très visible sur les réseaux sociaux, qui alimente les peurs et les fantasmes », en référence selon Sud Ouest au collectif Parents vigilants.
Fin , plusieurs organisations syndicales écrivent au ministre de l'Éducation Gabriel Attal pour dénoncer les agissements du collectif qui selon eux « met à mal notre École républicaine ». Ils dénoncent le harcèlement de professeurs souhaitant aborder les thématiques de la lutte contre les LGBTIphobies, les droits des personnes migrantes, l'éducation à la vie sexuelle et affective,,. Au Sénat, Ian Brossat et Paul Vannier interpellent le ministre à ce sujet. Selon la secrétaire nationale du SNES-FSU, Gabriel Attal « compatit » mais s'inquiète peu.