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Ecole Supérieure des Arts Saint-Luc Bruxelles |
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Yvan Theys, Marthe Wéry, Pierre Carlier |
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Pascal Courcelles (1956, Watermael-Boitsfort) est un artiste plasticien belge spécialisé dans le travail de la matière.
Pascal Courcelles grandit à Uccle dans une famille nombreuse. Son père, Pierre Courcelles, est journaliste et poète. Il décède prématurément en 1964. Dès ses douze ans, sa mère souhaite l'envoyer accomplir des études d'art en internat, ce qu'il refuse dans un premier temps. Quatre ans plus tard, il commence des études d'arts décoratifs en internat à l'Institut Saint-Luc de Tournai. Il y fréquente l'atelier d'Yvan Theys dont la peinture épaisse et l'expressionnisme le marqueront.
Sorti en 1975 il poursuit des études d'art plastique à l'École supérieure des arts Saint-Luc à Bruxelles qu'il terminera en 1979. Il suivra notamment les enseignements de Pierre Carlier, Marthe Wéry et Thierry de Duve. Malgré l'environnement artistique des années 1970, dominé par l'art conceptuel, il choisit la peinture comme principal mode d'expression.
Il s'ensuit une période précaire de dix ans où Pascal Courcelles continue à créer tout en travaillant sur le côté comme éducateur. Il obtient cependant sa première exposition individuelle en 1984 à la galerie Amok qui signera le début d'une longue carrière. Il est distingué au Prix de la Jeune Peinture en 1985. Au tournant des années 1990 il occupe le dernier étage d'un bâtiment qui réunit plusieurs ateliers d'artistes (notamment Pascal Bernier et Damien De Lepeleire) situé rue de l'Église à Saint-Gilles. C'est là qu'il fait la connaissance de Michel Frère.
Pour leur travail matière, ces deux peintres seront considérées comme les émules d'Eugène Leroy,qu'ils rencontrent d'ailleurs. Ils prennent toutefois chacun des voies très différentes,.
Les années 1990 sont à cet égard déterminantes pour le travail de Courcelles. Sa première et sa seconde exposition à Nagoya, en 1990 et 1992, lui apporteront l'influence de l'art japonais en termes de pensée et de clarté,. La rencontre avec sa femme, Nathalie, l'encourage à retrouver des thèmes floraux qui le fascinent depuis toujours. Il nourrit cette passion au contact de rosiéristes tels qu'Ivan Louette (qu'il connait depuis Saint-Luc à Bruxelles) et développera sa propre collection de roses,. La façon dont les fleurs captent la lumière et l'élément aquatique sont une source d'inspiration pour le peintre (ce qui l'amènera souvent à être rapproché de l'impressionnisme),. La fin de cette décennie sera marquée par la collaboration avec la galerie Noirhomme et les disparitions de Michel Frère (1999) et d'Eugène Leroy (2000).
À partir de 2002 il sera principalement représenté par la galerie Lanzenberg. S'inventant sans cesse il passera par plusieurs phases d'inspirations et de techniques portant toujours sa signature matiériste et lumineuse avec entre autres : paysages de villes (toujours colorées), sphères et mobiles, sculptures, travaux sur des livres, dessins ou encore, plus récemment, gravures,,,. Il fait partie des artistes choisis pour peindre les anciennes plaques de l'Atomium, alors en restauration (2005),. Sa deuxième rencontre avec l'orient se déroule en 2006, au Liban, où il entame une collaboration avec la galerie Alice Mogabgab. Sa sensibilité s'est, à ces occasions, nourrie de la contemplation de la nature et des paysages de Jezzine. Plus récemment il illustre des livres, comme le recueil de poésie Robert, va te coucher de Daniel Vander Gucht,.
Pascal Courcelles a également exposé en Italie, en France, en Hollande, en Grèce, en République Démocratique du Congo, à Londres, à New-York,. Il vit et travaille depuis 2016 dans les environs de Louvain-la-Neuve, à Nil-Saint-Vincent.
Ses premiers travaux sont influencés par le Pop art (collages où se superposent déjà des supports de matière composites : sable, cire, plâtre, peinture à huile). L'aspect économique lié au besoin en matériaux l'amèneront à utiliser une technique de palimpseste pictural. Comme chez Michel Frère, on trouve alors plusieurs couches de peintures à huile donnant cette épaisseur et cet aspect charnel à la peinture.
Le sens d'un travail en devenir perpétuel s'impose alors de lui-même, l'artiste considérant qu'il trouve-lui-même en créant les vérités qui l'habitent. En ce sens, le travail de Courcelles est radicalement différent de celui de Frère, dont Courcelles dira : “Michel était fasciné par la pierre philosophale. Cette pierre dont la vertu principale est d’absorber la lumière. Ce qui se retrouve dans ses tableaux, sombres, qui semblent aspirer toute la lumière.” Courcelles au contraire travaille surtout avec du blanc pour obtenir une générosité au niveau des couleurs, il cherche à renvoyer la lumière. Cette tonalité qui est par ailleurs joyeuse (voire "jouissante") est aussi ce qui le distingue fondamentalement du travail d'Eugène Leroy, qui cherche quant à lui l'indicible dans un climat de souffrance,.
Il est aussi dit de ses peintures qu'elles arrivent à équilibrer la polychromie et la sérénité,.
« Le peintre est un homme de rencontre, de hasards, de pensées et de gestes, de doutes et d’étoiles filantes : nous avons besoin d’une vie pour comprendre la peinture mais la peinture prend son temps, elle est tant de choses inexplicables et inexpliquées, sa beauté ne surgit pas d’un souffle, elle se construit. »