| Paul Magnaud | ||
Paul Magnaud photographié par Nadar. | ||
| Fonctions | ||
|---|---|---|
| Député français | ||
| – (3 ans, 11 mois et 30 jours) |
||
| Élection | 6 mai 1906 | |
| Circonscription | Seine | |
| Législature | IXe (Troisième République) | |
| Groupe politique | RRRS | |
| Prédécesseur | Gabriel Deville | |
| Successeur | Circonscription supprimée | |
| Biographie | ||
| Nom de naissance | Jean Marie Bernard Paul Magnaud | |
| Surnom | Le Bon Juge | |
| Date de naissance | ||
| Lieu de naissance | Bergerac | |
| Date de décès | (à 78 ans) | |
| Lieu de décès | Saint-Yrieix-la-Perche | |
| Nationalité | Française | |
| Profession | Magistrat | |
|
|
||
| modifier |
||
Jean Marie Bernard Paul Magnaud, né le à Bergerac (Dordogne) et mort le à Saint-Yrieix-la-Perche (Haute-Vienne), est un magistrat et homme politique français.
D'abord inscrit au barreau de Paris, il entre dans la magistrature en 1880. Il est substitut à Doullens, juge d'instruction à Montdidier, puis Senlis et Amiens, et président du tribunal civil de Château-Thierry entre le et le , date à laquelle il est élu député radical-socialiste de la Seine. Il ne se représente pas en 1910 et devient juge au tribunal de la Seine, puis conseiller à la cour d'appel de Paris.
Mort sans enfant, il était marié à la féministe Marie-Thérèse Beneix, filleule de George Sand.

Le , le juge Magnaud relaxe Louise Ménard, une jeune fille-mère qui avait dérobé du pain chez un boulanger de Charly-sur-Marne parce qu'elle n'avait rien mangé depuis 36 heures. Le juge fonde sa décision sur l'état d'absolue nécessité de la prévenue, en interprétation des dispositions de l'article 64 du code pénal. Il rembourse lui-même le coût du vol au dit boulanger. Si la cour d’appel d'Amiens confirme la relaxe le , elle censure la motivation. En effet, l’état de nécessité n’est pas fondé en droit, mais elle reconnait à la prévenue une absence d'intention frauduleuse,.
Cette affaire fait la une de la presse parisienne à l'époque et lui vaut le surnom de « bon juge », attribué par Georges Clemenceau, et qui sera ensuite inscrit sur sa pierre tombale.
En 1994, le code pénal reconnaît officiellement l'« état de nécessité ».
Dans l'affaire Eulalie Michaud, il défend cette fille-mère en fustigeant « cette lacune de notre organisation sociale, laissant à une fille-mère toute la charge de l’enfant qu’elle a conçu, alors que celui qui, sans aucun doute, le lui a fait concevoir, peut se dégager allègrement de toute responsabilité matérielle ».
Il rendra d'autres jugements controversés, comme l'acquittement d'un jeune homme accusé de vagabondage ou des décisions en faveur des employés face à leurs patrons.
Plusieurs autres affaires sont explicitées, analysées et mises en perspective, dans une synthèse de Jean Touzet, procureur général honoraire près la cour d'appel de Reims.
Paul Magnaud se justifiera en expliquant que « le juge n'est pas fait pour appliquer la loi d'une façon mécanique, comme un écolier copiant des pages d'écriture ».