| Peng Meng-chi 彭孟緝 | ||
| Surnom | Le Boucher de Kaohsiung | |
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| Naissance | Hubei, Dynastie Qing |
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| Décès | (à 89 ans) Taipei, Taiwan |
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| Allégeance | République de Chine (1912-1949), Taïwan | |
| Arme | Armée de la République de Chine | |
| Formation | Académie de Huangpu | |
| Grade | général | |
| Années de service | 1937 – 1966 | |
| Commandement | Forteresse de Kaohsiung
Garnison de Taïwan |
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| Conflits | Seconde Guerre sino-japonaise | |
| Faits d'armes | Bataille de Shanghai | |
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Peng Meng-chi (chinois traditionnel: 彭孟緝; pinyin: Péng Mèngqī) ( – ) est un officier de l'armée de la République de Chine et un diplomate nationaliste chinois. Membre du Kuomintang, il commande la forteresse de Kaohsiung après la retraite de la République de Chine vers Taïwan. La politique répressive qu'il mène après l'incident 228 en 1947 lui vaut le surnom de « Boucher de Kaohsiung » (高雄屠夫).
Peng naît en 1908 dans la province du Hubei, en Chine. Convaincu par le mouvement nationaliste chinois, il rejoint l'Académie de Huangpu où il fait ses classes dans l'artillerie. Il est ensuite versé dans l'Armée nationale révolutionnaire dirigée par Chiang Kai-shek et participe à l'Expédition du Nord. Il participe à la Seconde guerre sino-japonaise et combat durant la Bataille de Shanghai.
À la fin de la guerre contre le Japon, la République de Chine prend le contrôle de l'île de Taïwan. Peng Meng-chi est nommé commandant de la forteresse de Kaohsiung dans la foulée.
Les relations entre Taïwanais et Continentaux se dégradent rapidement. Les nationalistes accusent les insulaires d'être des traitres ayant collaboré avec le colon japonais tandis que les locaux accusent les chinois de piller l'île.
La mauvaise gestion du gouverneur Chen Yi, placé à la tête de l'exécutif de la province de Taïwan par Chiang Kai-shek, provoque une émeute le , qu'il réprime brutalement. La situation s'aggrave dans toutes l'île et alors que Chen Yi fait semblant de négocier avec les manifestants, regroupés dans des Comités de règlement, il envoie un télégramme à Chiang Kai-shek pour demander l'envoi de soutiens de police militaire pour réprimer l'île,.
Le , avant l'arrivée des troupes, trois personnalités civiles de Kaohsiung, dont le maire, se rendent auprès de Peng, chef donc de la garnison de la deuxième plus grande ville et du plus grand port de l'île, pour lui présenter les conditions d'une paix durable. Ils sont aussitôt arrêtés et exécutés. Par la suite, Peng ordonne de charger les manifestants taïwanais rassemblés sur la voie publique, et ses forces militaires massacrent sans distinction les manifestants dans les rues de Kaohsiung pendant trois jours, ce qui lui vaut rapidement les surnoms de « Boucher de Kaohsiung » (高雄屠夫), et de "Roi des meurtriers". Parmi les cibles retenues par Peng, l'armée attaque notamment l'école et la mairie de Kaohsiung. Selon le rapport transmis au gouvernement de Nankin, l'assaut fait entre 500 et 600 victimes civiles. Peng justifie plus tard ses actions en expliquant que les manifestants auraient attaqués la forteresse.
Entre-temps, alors qu'un bataillon de la 21e division arrive à Chiayi le , Peng y envoie un régiment le lendemain. Alors que les élus du Comité de règlement local dont le peintre Tan Teng-pho, Phuan Bok-tsi et Kho Lin, se rendent à l'aéroport pour négocier avec le Kuomintang, ils sont arrêtés par les troupes de Peng Meng-chi. Les négociateurs sont ensuite paradés en pleine rue et abattus en place publique.
Après l'incident 228, Chen Yi est relevé de ses fonctions. Peng Meng-chi devient chef du commandement de la garnison de Taïwan entre 1947 et 1950,. Il y organise la répression des manifestations étudiantes qui mènent au massacre des étudiants de l'Incident du 6 avril (zh) et de l'incident de Penghu du 13 juillet (en) 1949.

Entre 1950 et 1954, il est nommé à la tête de l'Institut de la Pratique Révolutionnaire (en) crée par Chiang Ching-kuo pour former les cadres du KMT après la défaite nationaliste en Chine face aux communistes.
Nommé Vice-chef d'état-major en 1954, il devient chef d'état-major par intérim après la disparition en août de la même année du titulaire, l'amiral Gui Yongqing (zh). Il reste à ce poste jusqu'en 1957. Il reprend ce poste entre 1959 et 1969. Il y dirige les efforts de modernisation et de préparation de l'armée nationaliste à une éventuelle reconquête du Continent et visite les pays anticommunistes alliés à Taïwan, comme l'Espagne franquiste, en Iran, en Turquie et en Jordanie. Il est ensuite chef d'état-major présidentiel auprès de Chiang Kai-shek.
Après sa carrière militaire, Peng est nommé ambassadeur de la République de Chine en Thaïlande de 1966 à 1969, puis ambassadeur au Japon de 1969 à 1972. Il quitte le Japon après l'établissement de relations diplomatiques entre Tokyo et la République Populaire de Chine.
Peng disparaît le . Dans la nécrologie rédigée par son fils, Peng Yin-kang, les civils massacrés par les forces de Peng cinq décennies auparavant sont décrits comme « un groupe impitoyable de citoyens violents » que Peng n'avait eu d'autre choix que d'abattre. Tu Kuang-ming, fils de Tu Shih-wen, décédé pendant l'Incident 228, porte plainte contre le fils de Peng pour diffamation.
Le souvenir de Peng Meng-chi reste encore très douloureux à Taïwan. Sa figure est vouée aux gémonies par les indépendantistes et les milieux démocrates à Taïwan, généralement regroupés autour du Parti démocrate progressiste mais les défenseurs du régime du Kuomintang ont tendance à minimiser ses actions.

Une enquête gouvernementale de 2006, réalisée dans le cadre de la justice transitionnelle, nomme Peng Meng-chi comme l'un des responsables du massacre de 1947, coupable d'avoir ordonné l'élimination physique de plusieurs centaines de personnes. En 2011, son fils Peng Yin-kang envoie une lettre au Président Ma Ying-jeou, l'appelant à réhabiliter son père alors que le chef d'État, issu du KMT, est accusé par des députées de l'opposition, dont Hsiao Bi-khim, d'essayer de réécrire l'histoire de Taïwan.
En 2017, lors du 70e anniversaire des événements du et du massacre de mars qui s'ensuivit, plusieurs universitaires ainsi que des membres du Parti pour la construction de l'État taïwanais demandent que Chiang Kai-shek et Peng Meng-chi soient désignés comme les principaux responsables du massacre de Kaohsiung. Le directeur du Musée mémorial du 28 février, Yang Chen-lung, déclare à la même occasion que le nombre total de morts dépassait largement les 600, et que de nombreuses personnes étaient encore portées disparues. L'oncle de Yang avait également été victime du massacre, et sa famille, trop effrayée, n'a signalé son décès que seize ans plus tard.
En , la Commission de justice transitionnelle innocente 24 condamnés politiques qui avaient été arrêtés, inculpés ou exécutés lors de l'incident du , dont les trois résidents de Kaohsiung dont Peng avait ordonné l'exécution.
En 2022, avant la visite très médiatisée de la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis , Nancy Pelosi, à Taïwan, Peng Yin-kang, devenu le directeur de la Fondation des échanges du Détroit (en), une organisation semi-publique chargée des contacts avec la Chine, publie une annonce dans un journal pour exprimer son opposition à cette visite. En réponse, le député du Parti progressiste démocrate, Wang Ting-yu, publie un message sur Facebook le qualifiant de « fils du boucher de l’ incident du 28 février, aidant la Chine à menacer Taïwan ». Après un procès pour diffamaiton, Wang est acquitté.
Peng Meng-chi s'infiltre aussi dans les discussions autour de la construction d'un nouveau musée de l'armée à Taipei. Encore en construction, le musée annonce que l'uniforme de Peng fera partie des pièces de collection exposées. Plusieurs chercheurs et conservateurs dénoncent cette annonce, soulignant que l'armée semble encore refuser de faire face à son passé sombre.