


Philippe Mouillon, né en 1953, est un plasticien, commissaire d'exposition et scénographe urbain français.
Après des études universitaires de droit et de sciences politiques, Philippe Mouillon rencontre Pierre Sansot par lequel il découvre la richesse des milieux urbains. Il obtient en 1984 le grand prix de la biennale internationale des arts de la rue, puis il est invité à animer des ateliers auprès d'artistes muralistes nord-américains à New York, Chicago, Montréal et San-Francisco.
Il est à l’initiative du Laboratoire sculpture-urbaine, structure artistique atypique qu’il fonde en 1985 avec la plasticienne Maryvonne Arnaud. Il conçoit alors des œuvres pluridisciplinaires et d’échelle urbaine en développant un maillage mondial d'artistes et d'intellectuels dans des collaborations approfondies, comme avec Patrick Chamoiseau ou Daniel Bougnoux, ou plus ponctuelles, comme avec Abdelwahab Meddeb ou Ahmadou Kourouma. Plus d’un millier d’auteurs disséminés dans le monde sont invités à collaborer, afin de scénariser autrement l’espace public en France (ainsi Façades Imaginaires à Grenoble en 1990, qui par sa capacité prospective retient l'attention des théoriciens et critiques d'art Pierre Restany et Pierre Gaudibert, ou à l'étranger ; ainsi Arcos da Lapa à Rio de Janeiro en 1996, Légende(s) à Sarajevo en 1997, ou Face to Face à Johannesburg en 2000, Répliques à Alger en 2003, Bendskins, composé à Douala en 2007 autour des organisations urbaines informelles. Chaque œuvre est spécifique et conjugue les sensibilités identitaires locales, lentement accumulées, et notre réalité contemporaine faite de nouvelles échelles de temps et d'espace : migrations de populations et de transferts accélérés d’informations et de symbolisations d’un point à l’autre du globe.
Professeur associé à l’université Joseph-Fourier de Grenoble de 1996 à 2015, il étudie l’identité locale et les ancrages territoriaux dans le contexte de la mondialisation.
Il anime de 2003 à 2020 la revue Local-contemporain qui associe artistes, pédagogues et philosophes pour comprendre et représenter les formes sociales émergentes, associant des auteurs comme Daniel Bougnoux, Yves Citton, Bruno Latour, Bernard Stiegler…
Il développe depuis 2010 une réflexion prospective autour des œuvres collaboratives ouvertes, afin de favoriser l’émergence de nouvelles formes d’appropriations territoriales (paysages-in-situ, 2015).
Il anime de 2016 à 2021 paysage>paysages, une plateforme d’innovation territoriale et de prospective autour du paysage, portée par le département de l’Isère sur les 7 431 km2 de son territoire et associant des artistes comme Chloé Moglia, Caroline Duchatelet, Mathieu Pernot, Abraham Poincheval, Mathias Poisson, Jeremy Wood…, ainsi que le cycle Ça Remue associant performances artistiques et intellectuelles.
Il développe depuis 2024 un cycle intitulé memento vivere, autour de la place des morts dans la société des vivants, qu'il mène en collaboration avec le musée de Grenoble et la Chaire Humanités en santé du CHU de Grenoble afin de resituer nos vies et morts dans le grand cycle du vivant. Il a créé dans ce cadre en 2025 une oeuvre intitulé Les Présences au cimetière du Petit-Sablon à La Tronche.
Resituer nos vies et morts dans le grand cycle du vivant est aussi le sens du cycle développé dans la province de Fukushima au Japon, fortement impactée par la catastrophe nucléaire de 2011. Son oeuvre intitulée The House of Bonds (2026) illustre la crise de l’habitabilité terrestre qui émerge aujourd’hui comme un défi radicalement nouveau pour l’humanité.



