Philippe Soupault

Si ce bandeau n'est plus pertinent, retirez-le. Cliquez ici pour en savoir plus.
Si ce bandeau n'est plus pertinent, retirez-le. Cliquez ici pour en savoir plus.

Cet article ne cite pas suffisamment ses sources ().

Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références ».

En pratique : Quelles sources sont attendues ? Comment ajouter mes sources ?
Page d’aide sur l’homonymie

Pour les articles homonymes, voir Soupault (homonymie).

Philippe Soupault
Robert Delaunay, Le Poète Philippe Soupault (1922),
Paris, musée national d'Art moderne.
Biographie
Naissance
Décès
(à 92 ans)
Paris
Sépulture
Nom de naissance
Marie Ernest Philippe SoupaultVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Philippe VerneuilVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
poète, écrivain, journaliste
Père
Maurice Soupault (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Robert Soupault (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoints
Suzanne Pillard (d) (de à )
Marie-Louise Soupault (d) (de à )
Ré Soupault (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Mouvement
Partenaire
Genre artistique
Influencé par
Distinctions
Œuvres principales
Plaque commémorative.

Philippe Soupault, né le à Chaville et mort le à Paris 16e, est un écrivain, poète et journaliste français, cofondateur du surréalisme.

Biographie

Famille

Philippe Soupault est le troisième enfant du docteur Maurice Soupault, gastro-entérologue, médecin des hôpitaux de Paris, riche propriétaire terrien en Beauce, et de Cécile Dancongnée, fille de Victor Léon Dancongnée, célèbre avocat au Conseil d'État, dont la famille originaire du Puy-en-Velay avait fait fortune dans la dentelle.

Sa tante maternelle, Louise, épouse Fernand Renault, frère aîné de Louis Renault. Philippe Soupault portera un jugement très dur sur son oncle par alliance. Il le décrit dans Le Grand Homme ou Histoire d'un Blanc.

Par sa sœur Marie-Rose Soupault, il est l'oncle d'Olivier Sabouraud, médecin neurologue, et de Brigitte Sabouraud, auteure-compositrice-interprète de chanson française et cofondatrice du cabaret L'Écluse.

Il est le père de deux filles : Nicole (1920-1988), de son premier mariage (1918) avec Suzanne Pillard Verneuil (1895-1980), et Christine qui, née de son second mariage (1923) avec Marie-Louise Le Borgne (1894-1955), épousera l'architecte Paul Chemetov.

Du dadaïsme au surréalisme

En 1917, Soupault est sous les drapeaux, affecté aux services auxiliaires au commissariat des Essences et Pétroles. Il publie alors ses premiers poèmes grâce à Guillaume Apollinaire et l'été de la même année, ce dernier lui fait rencontrer André Breton, lui aussi militaire. Breton rencontre Louis Aragon en . Les trois jeunes sous l'uniforme deviennent très amis et ils partagent le même dégoût de la guerre et de la société bourgeoise. Avec André Breton et Louis Aragon, Soupault participe à l'aventure Dada, qu'il considère comme une « table rase nécessaire », pour ensuite se tourner vers le surréalisme, dont il est un des principaux fondateurs avec André Breton. Avec ce dernier, il a en effet écrit le recueil de poésie Les Champs magnétiques en 1919, selon le principe novateur de l'écriture automatique. Ce recueil de poésie peut être considéré comme une des premières œuvres surréalistes, alors que le mouvement ne sera lancé effectivement qu'en 1924 avec le premier Manifeste du surréalisme d'André Breton.

Soupault est exclu du mouvement surréaliste en 1926, avec le motif « trop de littérature », alors que le mouvement surréaliste s'engage dans la cause communiste.

L’amour fou

Le , lors de la « fête de la Révolution » à l’ambassade soviétique où se retrouve le Tout-Paris intellectuel, Philippe Soupault fait la rencontre d’une Allemande, Ré Richter (Meta Erna Niemeyer, dite), qui divorça de Hans Richter. Ils se marient en 1937. Ré fait déjà partie du cercle d’artistes parisiens qui évolue autour de Man Ray, Fernand Léger, Elsa Triolet, Max Ernst, Kiki et bien d’autres. Cette ancienne élève du Bauhaus et amie des dadaïstes berlinois, leur fait découvrir l’avant-garde allemande jusque-là peu connue en France. Le couple qu’elle forma avec Philippe Soupault concrétise ce fructueux partage artistique.

Le journalisme

Philippe Soupault (à gauche) et Vítězslav Nezval, Prague, 1927.

Depuis la fin des années 1920, Philippe Soupault est devenu un journaliste français célèbre. Il travaille notamment pour VU, Excelsior ou L’Intransigeant. Il croit au talent de Ré sa future femme qui a étudié l’art et il la convainc donc d’illustrer ses reportages.

Dès 1934, le couple Soupault sillonne le monde, voyageant en Allemagne, en Autriche, en Suède, en Angleterre puis aux États-Unis. Lui écrivant, elle photographiant. Comme il le racontera dans ses entretiens sur France Culture, il rencontra même par hasard dans un ascenseur Hitler et son aide de camp. Il regrettera de ne pas avoir eu un revolver à ce moment-là. De même, il croisa un jour Staline et fut surpris par l'expression cruelle de son visage. Ce jour-là, il le vit boire 24 vodkas dans une réception mais on lui affirma que Staline les jetait discrètement sans les boire. En 1935, ils font ensemble une série de reportages en Norvège, de nouveau en Allemagne, en Tchécoslovaquie, en Angleterre, en Espagne (1936) et enfin en Tunisie.

Philippe Soupault est chargé par Léon Blum, alors président du Conseil du Front populaire, de lancer une nouvelle station antifasciste Radio Tunis, qu’il dirige de 1937 à 1940. En 1941, ils voyagent à travers tout le pays à vélo. Ils veulent rencontrer la population, voir de leurs propres yeux la réalité et en faire part : « nous voulions parler au peuple » racontera-t-elle dans un entretien pour Libération en 1994. Pourchassés tant par la police de Vichy que par la dictature nazie – Philippe Soupault est emprisonné durant six mois – ils parviennent, par un heureux concours de circonstances et sans pouvoir rien emporter, à fuir clandestinement hors de Tunisie en , un jour avant que les troupes allemandes de Rommel n’envahissent Tunis. Leur maison de la rue el Karchani sera plusieurs fois pillée. Ils passent par l’Algérie et vont se réfugier sur le continent américain.

Durant l’année 1943, Philippe Soupault est chargé de nombreuses missions en Amérique du Nord, centrale et du Sud, où il travaille à reconstruire le réseau des agences de presse françaises pour le gouvernement de Charles de Gaulle. Ils retrouvent à New York leur groupe d’amis parisiens, Walter Mehring, Man Ray, Fernand Léger, Marcel Breuer, Herbert Bayer, Kurt Weill, Max Ernst. Ré accompagne Philippe dans tous ses voyages. Ils rencontrent Gisèle Freund et Victoria Ocampo en Argentine.

Tombe de Philippe Soupault au cimetière de Montmartre (division 17).

Ils font de nombreux voyages en Amérique du Sud durant l'année 1944 : Mexique, Bolivie, Colombie, Guatemala, Chili, Argentine, Brésil. Ils rentrent aux États-Unis en passant par Haïti, Cuba et un bref séjour à Swarthmore en Pennsylvanie, où Philippe enseigne à l’Université. L'année 1945 marque la séparation du couple Soupault.

Sa poésie est depuis le début très cosmopolite et ouverte aux mouvements d'avant-garde. Soupault fut aussi journaliste, critique, essayiste, producteur à la radio (en compagnie de Paul Gilson) et l'auteur de nombreux romans.

En 1989, Philippe Soupault participe sur France Culture à l'émission consacrée à son poème cinématographique Le Cœur volé dans la série de Jean-Pierre Pagliano Cinémaquette ou Écoutez les films que vous ne pouvez pas voir.

Mort

Il est inhumé au cimetière de Montmartre (17e division).

Œuvres

Poésie

Romans et nouvelles

Théâtre

Essais

Écrits autobiographiques

Dessins automatiques

Il a tout au long de sa vie conservé la pratique, théorisée par le mouvement surréaliste, des dessins automatiques, en lien avec ses expériences quotidiennes, comme les dessins de « souvenirs de cauchemars » des années 1985-86 ou les « traits » des années 1940.

Notes et références

  1. ↑ Mémoires de l'oubli 1927-1933, Lachenal & Ritter. Paris, 1997.
  2. ↑ Didier Toussaint, Renault, ou, L'inconscient d'une entreprise L'Harmattan, 2004.
  3. ↑ Cf. « Sabouraud, l’âge d’or du microbisme » consultation du 26 mai 2010.
  4. ↑ Première diffusion: .
  5. ↑ « Cimetières de France et d'ailleurs ».

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

Monographies

  • Myriam Boucharenc, L'Échec et son double. Philippe Soupault romancier, Paris, Champion, 1997.
  • Myriam Boucharenc, L'Écrivain-reporter au cœur des années trente, Villeneuve-d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, coll. « Objet », 2004.
  • Sylvie Cassayre, Poétique de l'espace et imaginaire dans l'œuvre de Philippe Soupault, Paris, Minard-Lettres modernes, 1997.
  • Henri-Jacques Dupuy, Philippe Soupault, Paris, Seghers, coll. « Poètes d'aujourd'hui », no 58, 1957.
  • Serge Fauchereau, Philippe Soupault, voyageur magnétique, Paris, Cercle d'Art, 1989.
  • Lydie Lachenal, Philippe Soupault, littérature et le reste, 1919-1931, Gallimard, Paris, 2006.
  • Lydie Lachenal, Philippe Soupault, chronologie, Paris, Lachenal & Ritter, 1997.
  • Claude Leroy, « Soupault Philippe », in Dictionnaire de poésie de Baudelaire à nos jours (dir. Michel Jarrety), Paris, PUF, 2001.
  • Bernard Morlino, Philippe Soupault, qui êtes-vous?, Lyon, La Manufacture, 1987.
  • Béatrice Mousli, Philippe Soupault, Paris, Flammarion, Grandes biographies, 2010.

Ouvrages collectifs et revues

  • Action poétique, no 76, .
  • Philippe Soupault, le poète (dir. Jacqueline Chénieux-Gendron), Paris, Klincksieck, 1992.
  • Philippe Soupault, Europe, no 769, .
  • Portrait(s) de Philippe Soupault, collectif en co- responsabilité avec Mauricette Berne, Conservateur en chef à la BNF, Jacqueline Chénieux-Gendron et Bernard Morlino, éditions de la Bibliothèque Nationale de France, 1997, 320 p., nombreuses ill.
  • Présence de Philippe Soupault (dir. Myriam Boucharenc et Claude Leroy). Presses universitaires de Caen, 1999.
  • Philippe Soupault. L'ombre frissonnante (dir. Arlette Albert-Birot et al.). Jean-Michel Place, 2000.
  • Patiences et silences de Philippe Soupault (dir. Jacqueline Chénieux-Gendron). L'Harmattan, 2000.

Vidéo

Articles connexes

Liens externes