| Destination initiale |
Habitation |
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| Fondation | |
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Raymond Isidore (d) |
| Propriétaire |
Ville de Chartres (d) |
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| Patrimonialité |
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| Coordonnées |
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La maison Picassiette est un exemple d'architecture naïve constituée de mosaïques de faïence et de verre coulées dans le ciment. Elle est située à Chartres et dépend du musée des Beaux-Arts de la ville.
La maison a été construite par un seul homme Raymond Isidore ( - ), dit Picassiette, employé communal de la ville de Chartres pour laquelle il travaillait en tant que cantonnier, puis balayeur du cimetière. Une fois sa maison construite, il eut l'idée de réaliser des fresques de mosaïques recouvrant peu à peu l'entièreté de son habitation. Sa vie a été totalement consacrée à la construction et à la décoration de sa maison et du jardin, notamment à l'aide de débris de céramiques et de porcelaines, entre autres des assiettes qu'il se procurait dans les décharges publiques, d'où son surnom « pique-assiette ». Son surnom peut aussi être vu comme une moquerie de la part de ses contemporains, le comparant à Picasso.
Les fresques réalisées par Raymond Isidore à l'intérieur de sa maison représentent des vues du mont Saint-Michel, de Chartres et de ses alentours. Il les a agrémentées de pâquerettes faites de bouts d'assiettes cassées.
Peu à peu, tout l'intérieur des trois pièces d'habitation, murs et plafonds, s'est retrouvé recouvert de fresques rehaussées de mosaïques. Le mobilier, devant quand même être déplacé à l'occasion, a été peinturluré, mais à la façon d'une mosaïque. Le sol a été recouvert de mosaïques faites de débris de marbrerie.
C'est lorsque Picassiette n'a plus eu de place pour ajouter quoi que ce soit, à l'intérieur de la maison, qu'il s'est tourné vers l'extérieur et que la fresque a été complètement abandonnée au profit de la mosaïque, plus résistante aux intempéries.
Après les murs de la maison, ce sont les allées et les murs d'enceinte du jardin qui furent l'objet de cet inlassable travail de décoration.
Sont ainsi représentés :
Selon sa veuve et ses deux beaux-fils, ses rêves nocturnes furent la source de son inspiration.
« Je voyais des débris de vaisselle briller dans les champs. On jette des choses, des êtres. Moi-même j'ai été un détritus : j'étais dans la misère. J'étais dans la mort puisqu'on m'a mis au service du cimetière, j'étais comme quelqu'un qui est caché, qu'on a caché. Je devais sortir, me sauver de la mort pour rejoindre mon esprit (...) On m'a mis balayeur dans un cimetière comme quelqu'un qu'on rejette parmi les morts alors que j'ai des capacités pour faire autre chose ainsi que je l'ai prouvé. »
« L'œuvre d'Isidore fut le fruit d'un profond ressentiment, l'expression d'une revendication sociale teintée d'anarchisme. »
« J'ai d'abord construit ma maison pour nous abriter. La maison achevée, je me promenais dans les champs quand je vis par hasard, des petits bouts de verre, débris de porcelaine, vaisselle cassée. Je les ramassais sans intention précise, pour leurs couleurs, leur scintillement. J'ai trié le bon, jeté le mauvais. Je les amoncelais dans un coin de mon jardin. Alors l'idée me vint d'en faire une mosaïque, pour décorer ma maison. Au début, je n'envisageais qu'une décoration partielle, se limitant aux murs. »
« Je pense trop. Je pense la nuit aux autres qui sont malheureux. Ça m'empêche quelquefois d'être heureux. L'esprit m'a dicté ce que je devais faire pour embellir la vie. Beaucoup de gens pourraient en faire autant, mais non ils n'osent pas. Moi, j'ai pris mes mains et elles m'ont rendu heureux. Je voudrais être un exemple. »
Lors de la reconstruction du quartier, inspirés par Picassiette, les habitants réalisent de nombreuses mosaïques, créent une entreprise associative et le prix Picassiette.
Raymond Isidore meurt le à 63 ans.
Considéré comme un original, Raymond Isidore connaît une médiatisation tardive : dans les années 1950, la presse s'intéresse à lui. Mais sa fin de vie, dans son espace saturé de mosaïques, est tragique. Son inspiration tarie, lui-même épuisé, il connaît des troubles mentaux. Par une nuit d'orage, il s'enfuit de chez lui à travers les champs, en proie à un délire de fin du monde. Retrouvé et ramené chez lui, il meurt peu après.
Il repose au cimetière Saint-Chéron de Chartres.
(Classement effectué par années de publications).