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Pierre-Jacques Seveste |
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Pierre-Jacques Seveste, appelé aussi Seveste père, né le à Saint-Sauveur et mort le à Paris, est un comédien français.
Artiste au théâtre du Vaudeville, il reçut un privilège à vie, en date du , qui passa, à sa mort, à ses deux fils Edmond, puis Jules, connus comme « les frères Seveste ». Celui-ci les amena à bâtir plusieurs théâtres dans des communes situées alors dans la banlieue de Paris : les théâtres des Batignolles, de Belleville, de Grenelle, de Montmartre et Montparnasse. Le privilège exista un peu plus de 37 années et disparut naturellement le avec la mort de Jules, le dernier des frères Seveste, Edmond étant mort le .
Fils d’un maitre à danser de Saint-Sauveur qui, après avoir enseigné à son fils les principes de son art, il l'envoya à Paris pour se perfectionner et se créer des moyens d’existence. Seveste entra, jeune, comme danseur dans un théâtre des boulevards. Plus tard, il prit la comédie, malgré un bégaiement assez sensible dont il était affligé, mais cet inconvénient disparaissait presque entièrement à la scène, surtout quand il chantait, ce qu'il faisait avec gout. De petite taille, mais de bonne tenue, possédant une voix agréable, Seveste joua d’abord les amoureux au théâtre du Vaudeville, où il s’était engagé comme double de Henri et de Julien. Un différend qu’il eut avec la direction, l’obligea à subir une diminution sensible de ses appointements. Tenant, néanmoins, à ne pas quitter ce à théâtre, il se résigna à remplir tous les rôles qui lui seraient donnés dans quelque emploi que ce fût. Il en était réduit à jouer les utilités, lorsque arriva, le , le Procès du Fandango, pièce du directeur, qui exigeait que l’amoureux sût parfaitement danser. Réunissant toutes les qualités requises pour bien remplir ce rôle, celui-ci lui fut confié et il s’en acquitta à merveille. La pièce obtint un succès prodigieux, auquel il n’était pas étranger, et l’amoureux-danseur reconquit ses appointements primitifs.
Ce retour de bonne fortune devait être de longue durée et le succès du Procès du Fandango épuisé, la direction lui donna son congé, avec la demi-pension à laquelle il avait droit. Il s’associa alors avec Bonneville et Durainval dans une agence dramatique, une des premières à Paris. Bonneville mort, le , il resta seul propriétaire de l’agence, établie rue de Chartres 12, en 1816. À la suite des violents affrontements entre royalistes et bonapartistes auxquels donna lieu la représentation de Germanicus d’Arnault, le , Charles-Maurice raconte comment, ayant eu l’idée d’un dépôt de cannes et d’armes à la porte de chaque spectacle, il demanda celui de la Comédie-française pour la femme de Seveste, appuyé par Saint-Prix et Fleury, et lui obtint cette concession.
Mais Seveste le père, comme il sera nommé par la suite, est surtout connu pour sa création des théâtres de banlieue, en obtenant en 1817 le privilège de l’exploitation de tous les théâtres de la banlieue de Paris, c’est-à-dire les communes situées hors de l’enceinte du Paris (devenues des quartiers : Belleville, Montmartre, Batignolles, Montparnasse, etc.). Charles-Maurice écrit, en 1818 : « Les Seveste sont de ma création, et je le prouve. » Puis, il raconte qu’étant secrétaire intime au Ministère de l’Intérieur, il reçut la visite de Pierre Jacques lequel lui raconta qu’ayant été renvoyé du Vaudeville, il demandait un appui. Charles-Maurice lui conseilla alors de solliciter, le , une espèce de privilège théâtral dont les limites ne dépassaient pas la banlieue de Paris. Seveste le père avait fait valoir, en cette circonstance, qu’il avait été à 19 ans un ardent défenseur du roi au , qu’il s’était signalé sous les murs de Paris, le , conduite qui lui avait valu la décoration du Lys, et qu’il avait facilité, par sa déclaration, la découverte des ossements de Louis XVI et de Marie-Antoinette. « Et voilà comment, ajoute Charles-Maurice, la famille délogea de son quatrième étage de la rue de Chartres. »
En 1860, Émile de La Bédollière relate à propos d'une évocation du théâtre de Belleville les circonstances de l'obtention du privilège du par Pierre-Jacques Seveste :
Seveste avait épousé, le , Edmonde Angélique Balassi, âgée de 23 ans, née à Paris, et qui jouait à l’Odéon en 1850 sous le nom de Herbel. Il s’adjoignit dans son entreprise ses deux fils, qui lui succédèrent, car il mourut assez prématurément à, Paris, quoique encore jeune et d’une santé assez robuste, presque subitement après avoir ressenti, trois jours auparavant, une attaque de goutte dans l’estomac, contre laquelle tous les efforts de la médecine ont été inutiles. L’ainé, Edmond Seveste, nommé en 1848 commissaire près de la Comédie française, abandonna ensuite l’exploitation à son frère Jules, qui devint lui-même directeur du Théâtre Lyrique. Edmond mourut le . La même année, Alboize reprit la direction des théâtres de banlieue.
À Paris existe aujourd'hui une rue Seveste, anciennement appelée rue de la Carrière, située à proximité du Théâtre Montmartre, mais ce nom a été donné en l'honneur de son petit-fils Jules-Didier Seveste, également comédien.