Grue (cinéma)

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Une grue au cinéma est un système de portage permettant des prises de vues cinématographiques :

(Avant que se présente la possibilité d’exécuter des mouvements amples avec une caméra télécommandée munie d’une visée vidéo, certains mouvements de bas en haut étaient obtenus à l’aide d’un système tout à fait différent : le plan incliné, où un chariot de travelling, équilibré par une masse du même poids, roulait sur des rails inclinés à 45°, dressés sur un échafaudage métallique)

Dolly et jib

L'une des plus célèbres marques : la Dolly Panther (sans caméra)
Une autre marque célèbre : la Dolly Fisher en travelling circulaire

Grue à plate-forme

Grue classique à plate-forme, avec une équipe indienne (New Delhi).

« La grue vertigineuse des studios hollywoodiens — très rares sous nos cieux — couvrant des trajectoires très complexes et grimpant jusqu’à dix-huit mètres de hauteur » nécessite une équipe de machinistes renforcée (3 personnes au minimum pour les plus légères) pour son installation et sa manipulation, de par son poids et son encombrement. Elle doit à tout prix respecter certaines règles de calage afin d'assurer la sécurité des personnes à bord et des machinistes au sol.

La grue à deux flèches est basée sur le principe de la balance Roberval : afin de garder l’horizontalité des plateaux, la balance Roberval est actionnée par un parallélogramme articulé, fléaux et contre-fléaux. De même, la grue de cinéma comporte deux bras dont les extrémités demeurent horizontales et empêchent le renversement de son précieux et fragile chargement grâce à des contre-flèches.

D’inégales longueurs, les deux bras supportent, d’un côté — au bout de la flèche la plus longue, jusqu’à 30 mètres — la caméra et le personnel concerné (le cadreur, le pointeur et parfois le réalisateur ou le directeur de la photographie), de l’autre les contrepoids (les gueuses), installés sur une contre-flèche plus courte dont la commande permet aux machinistes de mettre en mouvement l’ensemble. De plus en plus, pour des raisons de sécurité, la plate-forme accueillant le personnel est remplacée par un support de caméra orientable, télécommandé depuis le sol. Les bras sont souvent haubanés pour conserver leur rigidité tout en permettant de diminuer le poids de leur structure.

L’histoire du cinéma garde en mémoire des mouvements de grue superbes avec l’engin Chapman qui s’était imposé à Hollywood :

« En 1937, dans Jeune et innocent, Alfred Hitchcock nous offre un extraordinaire mouvement de grue. Le film raconte comment un jeune homme est accusé d’un crime qu’il n’a pas commis. Avec sa petite amie, il part à la recherche de l’assassin qui est repérable par un tic, il cligne de l’œil gauche quand il est stressé! Dans un mouvement de grue de soixante et quelques secondes, qui nous mène du hall d’entrée d’un cabaret à la salle où évoluent de nombreux couples, la caméra survole la piste, elle descend progressivement, se dirige vers l’orchestre, des musiciens blancs grimés en noirs, dont elle isole le batteur, s’approche de lui, de plus en plus près, finit par un gros plan très serré de son visage, et soudain… l’homme cligne nerveusement de l’œil gauche. »

Grue télescopique

Deux types représentent les grues télescopiques :

Louma a développé un modèle de ce type, la Louma 2, qui offre notamment l’avantage d’avoir tous les câbles d’alimentation intégrés à l’intérieur des éléments, qui ainsi ne pendent pas en dehors du bras extensible.

Grue portable

Grue Coolcam

De nombreux modèles plus petits, mais à l’extension plus limitée, sont prévus pour des caméras plus légères et des trajectoires simples.

Avec les caméras très légères est apparu un autre type de grues, les portables. Inspirées des perches microphoniques, les grues Coolcam sont portées par l'opérateur qui peut ainsi se déplacer entre deux prises de vues. Elles ont une longueur de 1,70 m à 5,50 m avec des caméras pouvant peser jusqu'à 3 kg.

Références

  1. ↑ Vincent Pinel, Dictionnaire technique du cinéma, Paris, Armand Colin, , 369 p. (ISBN 978-2-200-35130-4), p. 140
  2. ↑ Le Guide machinerie de la prise de vues cinéma, François Reumont, éditions Dujarric, 2004
  3. 1 2 Marie-France Briselance et Jean-Claude Morin, Grammaire du cinéma, Paris, Nouveau Monde, coll. « Cinéma », , 588 p. (ISBN 978-2-84736-458-3), p. 391-392

Bibliographie

Articles connexes