En mathématiques, un processus de Markov est un processus stochastique possédant la propriété de Markov. Dans un tel processus, la prédiction du futur à partir du présent n'est pas rendue plus précise par des éléments d'information concernant le passé. Les processus de Markov portent le nom de leur inventeur, Andreï Markov.
Un processus de Markov en temps discret est une séquence de variables aléatoires. L'ensemble de leurs valeurs possibles est appelé l’espace d'états, la valeur étant l'état du processus à l'instant Selon les auteurs, le vocable « chaîne de Markov » désigne les processus de Markov à temps discret ou uniquement les processus de Markov à temps discret et à espace d'états discret, c’est-à-dire les processus de Markov à temps discret dont l'espace d'états est fini ou dénombrable.
Si la loi conditionnelle de sachant le passé, i.e. sachant est une fonction de seul, alors :
où est un état quelconque du processus. L'identité ci-dessus identifie la probabilité markovienne.
Andreï Markov a publié les premiers résultats de ces processus en 1906.
Une généralisation à un espace d'états infini dénombrable a été donnée par Kolmogorov en 1936.
Les processus de Markov sont liés au mouvement brownien et à l'hypothèse ergodique, deux sujets de physique statistique qui ont été très importants au début du XXe siècle.
Lorsque les variables aléatoires successives sont des variables discrètes munies d'une fonction de probabilité, on parle de chaîne de Markov.
Bien que les chaînes de Markov s'appliquent à des phénomènes dont l'aspect temporel est généralement sans intérêt, on peut associer aux valeurs successives les instants . La propriété markovienne selon laquelle la probabilité d'un état du système ne dépend que de son état précédent à travers une probabilité conditionnelle appelée probabilité de transition s'exprime par :
Une chaîne de Markov est entièrement définie par la probabilité au premier ordre et la probabilité de transition. On obtient par exemple la probabilité au second ordre par :
Elle est donc également définie par la probabilité au second ordre. Enfin, elle peut être définie par l'état initial et la probabilité de transition.
Les chaînes de Markov trouvent des applications dans les domaines les plus divers mais les processus considérés dans les problèmes dynamiques, en particulier en vibrations, portent généralement sur des variables aléatoires continues.
Dans ces conditions, la probabilité d'obtenir une valeur donnée est généralement nulle et les probabilités d'apparition doivent être remplacées par des densités de probabilité dans la formule de la propriété markovienne :
Les considérations qui précèdent restent valables si les intervalles de temps deviennent infiniment petits. Cette remarque est particulièrement intéressante dans le cas d'une équation différentielle. Si elle est du premier ordre, la mise en différences finies fait apparaître un mécanisme markovien. Pour les ordres supérieurs et les systèmes différentiels, la décomposition en équations du premier ordre conduit à un système markovien à plusieurs dimensions.
Un processus de Markov est caractérisé par la distribution conditionnelle :
qui est aussi appelée probabilité de transition d'un pas du processus. La probabilité de transition pour deux, trois pas ou plus se déduit de la probabilité de transition d'un pas, et de la propriété de Markov :
De même,
Ces formules se généralisent à un futur arbitrairement lointain en multipliant les probabilités de transition et en intégrant fois.
La loi de distribution marginale est la loi de distribution des états au temps . La distribution initiale est . L'évolution du processus après un pas est décrite par :
Ceci est une version de l'équation de Frobenius-Perron. Il peut exister une ou plusieurs distributions d'états telles que :
où est un nom arbitraire pour la variable d'intégration. Une telle distribution est appelée une distribution stationnaire. Une distribution stationnaire est une fonction propre de la loi de distribution conditionnelle, associée à la valeur propre 1.
Dans le cas des chaînes de Markov à espace d'états discret, certaines propriétés du processus déterminent s'il existe ou non une distribution stationnaire, et si elle est unique ou non.
Quand l'espace des états d'une chaîne de Markov n'est pas irréductible, il peut être partitionné en un ensemble de classes communicantes irréductibles. Le problème de la classification a son importance dans l'étude mathématique des chaînes de Markov et des processus stochastiques.
Si une chaîne de Markov possède au moins un état récurrent positif, alors il existe une distribution stationnaire.
Si une chaîne de Markov est récurrente positive et irréductible, alors :
Donc, la moyenne d'une fonction sur les instances de la chaîne de Markov est égale à sa moyenne selon sa distribution stationnaire :
C'est vrai en particulier lorsque est la fonction identité.
La moyenne de la valeur des instances est donc, à long terme, égale à l'espérance de la distribution stationnaire.
De plus, cette équivalence sur les moyennes s'applique aussi si est la fonction indicatrice d'un sous-ensemble de l'espace des états :
où est la mesure induite par .
Cela permet d'approximer la distribution stationnaire par un histogramme d'une séquence particulière.
Si l'espace des états est fini, alors la distribution de probabilité peut être représentée par une matrice stochastique appelée matrice de transition, dont le ème élément vaut :