Évangile du Pseudo-Matthieu

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Évangile du Pseudo-Matthieu
Auteur
Pseudo-Matthieu (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Basé sur
Genre
Date de parution
VIIe siècleVoir et modifier les données sur Wikidata
Œuvre dérivée
Fuite en Égypte
Joachim chassé du temple, pour stérilité du couple (d)
Repos pendant la fuite en Égypte (d)
Libellus de Nativitate Sanctae Mariae (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

L’Évangile du Pseudo-Matthieu ou l’Évangile de l'enfance du Pseudo-Matthieu appelé aussi Livre de la naissance de la bienheureuse Vierge Marie et de l’enfance du Sauveur, est un écrit apocryphe chrétien dont la datation est incertaine, à situer entre le premier quart du VIIe siècle et la fin du VIIIe siècle. Il traite de la naissance et de l'enfance de Marie avec ses parents Anne et Joachim, puis de la naissance de Jésus et de la fuite en Égypte.

Il fait partie des nombreux récits de l'enfance du Christ qui existent depuis le IIe siècle, et s'inspire du Protévangile de Jacques. Il a connu différents remaniements, dont le Livre de la nativité de Marie et la Compilation J.

Titre

Dans les manuscrits, elle est reprises sous différents noms comme De nativitate (sanctae) Mariae (virgnis) ou de Liber de nativitate (beatae) Mariae et infancia Salvatoris.

Le titre usuel de l'ouvrage est dû au théologien allemand Constantin von Tischendorf qui a cru erronément que l'évangile selon Matthieu faisait partie du texte original, se basant sur l'échange épistolaire fictif figurant en prologue de l'une des recensions tardive du texte, entre les évêques Chromace d'Aquilée et Héliodore d'Altino avec Jérôme de Stridon et dans laquelle cette composition est présenté comme une traduction latine de cet évangile. Par souci de commodité, c'est ce nom qui est resté dans l'usage.

Datation et milieu d'origine

Liber de infantia Mariae et Christi Salvatoris, 1869

La datation est encore l'objet de discussions mais dans une fourchette large la composition du texte est probablement à situer entre le premier quart du VIIe siècle et la fin du VIIIe siècle, voire le début du IXe siècle, vraisemblablement dans le second quart du VIIe siècle. Divers éléments suggèrent que le livre est produit dans les milieux monastiques, à l'époque où ceux-ci connaissent leur essor en Occident, probablement par un moine de l'Occident latinophone séduit par le récit du Protévangile et son potentiel pour rendre hommage à Marie comme modèle de vierge embrassant l'idéal monastique.

Contenu

Remaniement en latin de plusieurs textes originaux indépendants, le Pseudo-Matthieu est essentiellement composé d'une version révisée, adaptée et amplifiée du Protévangile de Jacques, texte grec qui devait constituer sa version d'origine (chapitres 1 à 17). Celle-ci a été enrichie postérieurement d'une version de l'évangile de l'enfance selon Thomas et c'est sous cette forme qu'il a été largement diffusé au Moyen Âge, gagnant une influence considérable au point qu'il est intégré dans la Légende dorée.

Recensions

Il existe en plusieurs recensions différentes, elles-mêmes disponibles en sous-recensions :

Postérité

L'Évangile du Pseudo-Matthieu a apporté de nombreuses traditions comme l'âne et le bœuf dans la crèche, mais aussi le récit de prodiges survenus lors de la Fuite en Égypte et notamment celui du palmier :

"Penche-toi, arbre, et nourris ma mère de tes fruits ! " (chap. 20)

Le thème de la station de Marie sous un palmier se trouve également dans le Coran à la Sourate XIX, Marie, v.23.

Notes et références

  1. ↑ Gisel 1997, p. 107.
  2. ↑ Schröter 2022, p. 56-57.
  3. 1 2 Ehrman et Pleše 2011, p. 73-77.
  4. ↑ Rita Beyers, « La Compilation latine de l'enfance : Une somme de la Tradition de l'enfance à découvrir », dans Charles Perrot (dir.), Marie et la Sainte Famille : Les récits apocryphes chrétiens, t. II, Médiaspaul, (ISBN 2-7122-0987-7), p. 65
  5. ↑ Schröter 2022, p. 56.
  6. 1 2 Schröter 2022, p. 57.
  7. ↑ Schröter 2022, p. 58.
  8. ↑ Jan Gisel, «Vue d'ensemble de l'histoire textuelle» dans Libri de Nativitate Mariae, Turnhout : Brepols (Corpus Christianorum Series Apocryphorum 9), p. 71-97.

Bibliographie

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes