Ciron ventru
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Arthropoda |
| Classe | Arachnida |
| Sous-classe | Acari |
| Ordre | Trombidiformes |
| Famille | Pyemotidae |
| Genre | Pyemotes |
Pyemotes ventricosus, le Ciron ventru, est une espèce d'Acariens Trombidiformes, de la famille des Pyemotidae. Cette espèce présente en Europe occidentale et en méditerranée, dont la femelle en gestation se dilate de 10 fois sa taille, vit en ectoparasite de larves de nombreuses espèces d'insectes. Cet acarien est tout autant un auxiliaire à la lutte biologique contre les ravageurs du bois, des céréales stockées et des cultures agricoles qu'un agent responsable chez l'humain de graves dermatites en forme de comète. Bien que cette infection ne soit qu'accidentelle, elle est en forte expansion sous climat méditerranéen depuis les années 2000 et est considérée comme une maladie émergente.

Le nom valide complet (avec auteur) de ce taxon est Pyemotes ventricosus (Newport, 1850). L'espèce est initialement classée dans le genre Heteropus sous le protonyme Heteropus ventricosus Newport, 1850. Elle est décrite à partir d'une récolte dans un nid d'Anthophora retusa en Angleterre. L'épithète spécifique « ventricosus » signifiant ventru fait référence à l'abdomen extraordinairement dilaté de la femelle gravide.
Cependant, la description originale étant floue, l'identité taxonomique de nombreux anciens signalements attribués à Pyemotes ventricosus est incertaine. Cross et Moser ont notamment souligné les difficultés de distinction entre les espèces du complexe P. ventricosus, dont Pyemotes tritici,.
Pyemotes ventricosus a pour synonyme Heteropus ventricosus Newport, 1850.
Ce taxon porte en français les noms vernaculaires normalisés suivant : Ciron ventru et Pyémote, bien que ce dernier puisse prêter à confusion avec les autres espèce du genre.

Pyemotes ventricosus est un acarien blanchâtre à jaunâtre. Le mâle mesure 0,16 mm de long. Quant à la femelle non gravide, son corps relativement allongé et aplati mesure environ 0,22 mm de long pour 0,04 mm de large. Lors de la gestation, elle dilate son abdomen en une poche fortement distendue jusqu'à mesurer environ 2 mm de long,.
Le Ciron ventru est un parasite obligatoire ectoparasite qui se nourrit de l'hémolymphe des larves de plusieurs ordres d'insectes dont des coléoptères, des lépidoptères, des hyménoptères, des diptères et des hémiptères. La Petite Vrillette est un hôte régulièrement cité,,.
La femelle possède des chélicères adaptées à la perforation de la cuticule de son hôte qui lui permettent de pénétrer ses tissus et d'en prélever les fluides corporels. Les sécrétions salivaires venimeuses jouent un rôle majeur dans l'immobilisation de l'hôte. Les œufs, les larves et les stades nymphaux se développent dans l'abdomen de la femelle, qui finit par donner naissance à des individus adultes sexuellement mature qui se reproduisent rapidement après la naissance.
Pyemotes ventricosus est présent en Europe occidentale de l'Espagne à l'Angleterre en passant par la France, la Suisse,, et l'Italie ainsi qu'au Maroc. Mais sa prévalence est bien plus forte sous climat méditerranéen,,.
L'activité de l'acarien augmente lorsque la température atteint environ 24 à 26 °C, ce qui contribue à expliquer sa répartition, sa tendance à se développer plus au Nord à la faveur du réchauffement climatique, le caractère émergent des dermatites observées chez l'humain et leur forte saisonnalité estivale,,.
En étant un prédateur de nombreuses espèces d'insectes ravageurs en sylviculture ou en menuiserie avec la Petite Vrillette ou dans les céréales sur pieds et stockées avec l'Alucite des céréales, Pyemotes ventricosus est un auxiliaire de lutte biologique. De même, cette espèce est un agent de contrôle de certains ravageurs de culture telles la Petite mineuse du pêcher qui parasite certains arbres à fruits à noyau et la Cécidomyie des écorces de l'olivier qui parasite les oliviers.

Le contact cutané avec du vieux bois sec infesté par la petite Vrillette — tels que des meubles, des poutres ou des escaliers —, notamment avec les tas de poussière au sol engendrés par le minage et dans lesquels se trouvent les pyémotes,, avec les céréales stockées, ainsi qu'avec la paille et le foin représentent un risque majeur à la fois professionnel et domestique de dermatite. Ce contact — purement accidentel, car l'humain est une impasse parasitaire — a lieu précisément lorsque les femelles s'éloignent à la recherche de nouveaux hôtes,,.

Environ 6 heures après les piqûres venimeuses, les patients atteints montrent des lésions cutanées formées de petits points blancs ou rouges auréolés de rouge surmontés par une sorte de queue centrale de la taille d'une tête d'épingle qui se remplit d'un liquide purulent fréquemment exsudatifs et entraîne de fortes démangeaisons. Typiques des piqûres d'arthropodes, ces macules sont nombreuses et situées sur des parties du corps en contact avec la zone infestée ou avec les vêtements qui ont été eux-mêmes en contact. Leur tracé linéaire « en comète » est quant à lui caractéristique du genre Pyemotes,, ce qui différencie ce symptôme clinique de celui causé par la Punaise de lit qui forme de petits boutons rouges organisés en lignes. Cependant, ce tracé n'est présent que dans environ un quart des cas. Son absence ne permet donc pas d'exclure la dermatite à Pyemotes. La majorité des symptômes disparaissent d'eux-mêmes en moins d'une semaine mais une exposition persistante entraîne une récidive ou une prolongation des lésions.
L'éradication du Pyémote nécessite généralement l'extermination de l'insecte hôte, par la suppression du meuble infesté par exemple dans le cas de la petite Vrillette ou par un traitement spécifique du meuble. Le traitement à l'insecticide généralement pratiqué en cas d'infestation de punaises de lit est inefficace car il ne pénètre pas dans le bois,,.
Les premiers cas de dermatites liées à Pyemotes ventricosus ont été recensés dès les années 1960 en Angleterre. À cette époque en Grande-Bretagne, jusqu'à 60 % des larves de Petites Vrillettes présentes dans des endroits humides sont parasitées par des espèces indéterminées du genre Pyemotes, considérées comme responsables d'irritations cutanées chez les bûcherons. Cependant, cette maladie reste anecdotique avec seulement 14 mentions en 40 ans. Ce n'est qu'au milieu des années 2000 où elle prend de l'ampleur dans le sud-est de la France, par exemple à Fréjus en 2005-2006, en devenant une maladie émergente,. De même, une épidémie de dermatite à Pyemotes ventricosus associée à des pupitres en bois infestés par Anobium punctatum dans une école a été décrite en 2004 en Espagne.
Une étude rétrospective des archives de l'hôpital universitaire de Nice entre 2012 et 2020 concernant les maladies infectieuses causées par des arthropodes montre que sur 289 patients infectés, 17,6 % concernait le Pyémote, contre 35 % pour le Sarcopte, 23 % pour la Punaise de lit et 15,9 % pour les puces. Dans les années 2020, cette maladie est considérée comme très présente dans le sud de la France, mais reste largement méconnue.