Rangeomorpha

Rangéomorphes

Rangeomorpha
Description de cette image, également commentée ci-après
Moulage d'un fossile de rangéomorphe, Charnia masoni.
Classification IRMNG
Règne Animalia
Embranchement † Vendobionta

Ordre

† Rangeomorpha
Pflug (d), 1972

Les Rangeomorpha, en français Rangéomorphes, sont un ordre éteint d'organismes marins, vivant souvent en communauté, fixés en fond de mer, dont la forme fait penser à celle des frondes de certaines plantes comme les fougères. Ils ont vécu durant la partie supérieure de la période de l'Édiacarien, il y a environ entre 580 et 541 million d'années.

Distribution géographique

Les Rangéomorphes sont particulièrement nombreux sur le site de Mistaken Point sur la péninsule d'Avalon au sud-est de Terre-Neuve au Canada.

Plan d'organisation

Les Rangéomorphes sont constitués d'éléments de « fronde » ramifiés, chacun de quelques centimètres de long. Chaque organisme mesure en général une dizaine de centimètres mais peut atteindre pour les plus grands jusqu'à 2 mètres de longueur. Chaque élément est lui-même composé de nombreux petits tubes de ramification soutenus par un squelette organique semi-rigide. Cette structure autosimilaire se déroule sur un modèle de développement assez simple et modulaire avec quatre niveaux de fractalité.

Écologie

Ces organismes épibenthiques (fixés en fond de mer) occupaient tous les environnements marins, du littoral à l'abyssal jusqu'à 2 000 mètres de profondeur. La quasi-totalité étaient fixés au substratum par un socle ou une tige. Seul le genre Fractofusus, en forme de fuseau, reposait à plat sur la surface du sédiment.

Ils ne semblent pas posséder d'organes sexuels apparents, cependant leur reproduction paraît être double, à la fois asexuée et sexuée. En effet, les organismes fossiles les plus anciens sont entourés de formes de plus en plus petites au fur et à mesure que l'on s'éloigne, ce qui rappelle fortement le développement biologique des plantes modernes, peut-être ici par dispersion d’éléments de leur fronde. L'implantation de nouveaux organismes sur un site serait quant à elle liée à une dérive plus lointaine de petites « graines » produites sexuellement.

Il n'y a pas d'indication claire de la présence d'un intestin ou d'une bouche. Les Rangéomorphes ont des rapports surface/volume élevés liés à leur architecture fractale, ce qui a conduit à l'hypothèse qu'ils recueillaient les nutriments de l'eau de mer par osmose. D'autres spécialistes suggèrent une alimentation par simple filtration de l'eau de mer.

Taxonomie

Les communautés de Rangéomorphes ressemblent à celles des animaux marins microphages filtreurs modernes. Leur morphologie élémentaire est cependant difficile à relier avec celle de quelconque animal moderne. Leur classification taxonomique a varié au sein de plusieurs clades d'animaux modernes ou de protistes sans rencontrer de consensus dans la communauté scientifique. Selon G. M. Narbonne en 2004, ils constituent probablement un groupe-tronc (paraphylétique) éteint, soit animal, soit fongique. Leur architecture fractale pourrait être le résultat d'une adaptation convergente à l’alimentation par osmose, mais la plupart des spécialistes aujourd'hui pensent qu'il s'agit d'un caractère dérivé (ou apomorphique), partagé par deux ou plusieurs taxons, et que les Rangéomorphes pourraient regrouper tous les organismes possédant ce type d'organisation et de morphologie.

Liste des taxons de rang inférieur

Selon la Paleobiology Database () :

Selon l'IRMNG () :

Notes et références

  1. ↑ BioLib, consulté le .
  2. 1 2 (en) G. M. Narbonne, « Modular Construction of Early Ediacaran Complex Life Forms », Science, vol. 305, no 5687,‎ , p. 1141–1144 (ISSN 0036-8075, PMID 15256615, DOI 10.1126/science.1099727, Bibcode 2004Sci...305.1141N)
  3. 1 2 (en) Jennifer F. Hoyal Cuthill et Simon Conway Morris, « Fractal branching organizations of Ediacaran rangeomorph fronds. Seul le genrereveal a lost Proterozoic body plan », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 111,‎ , p. 13122–13126 (DOI 10.1073/pnas.1408542111),
  4. 1 2 3 (en) Jack Millner, « Is this the first ever animal to have sex? 565-million-year-old fossil suggests organism cloned itself AND 'mated' », sur The Daily Mail, The Daily Mail (consulté le )
  5. 1 2 3 (en) S. Xiao et M. Laflamme, « On the eve of animal radiation: phylogeny, ecology and evolution of the Ediacara biota », Trends in Ecology and Evolution, vol. 24, no 1,‎ , p. 31–40 (PMID 18952316, DOI 10.1016/j.tree.2008.07.015)
  6. ↑ (en) M. Laflamme, S. Xiao et M. Kowalewski, « Osmotrophy in modular Ediacara organisms », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 106, no 34,‎ , p. 14438–14443 (DOI 10.1073/pnas.0904836106, Bibcode 2009PNAS..10614438L)
  7. ↑ (en) Alexander G. Liu, Charlotte G. Kenchington et Emily G. Mitchell, « Remarkable insights into the paleoecology of the Avalonian Ediacaran macrobiota », Gondwana Research, vol. 27,‎ , p. 1355–1380 (DOI 10.1016/j.gr.2014.11.002, lire en ligne)
  8. ↑ Paleobiology Database, consulté le .
  9. ↑ Rees, T. (compiler). The Interim Register of Marine and Nonmarine Genera. Available from https://www.irmng.org at VLIZ, consulté le .

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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