| Reem Alsalem | |
| Fonctions | |
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| Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la violence contre les femmes et les filles | |
| En fonction depuis le (5 ans, 2 mois et 17 jours) |
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| Biographie | |
| Nationalité | Jordanienne |
| Profession | Experte en droits humains |
| Site web | https://www.ohchr.org/en/special-procedures/sr-violence-against-women |
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Reem Alsalem, née au Caire en Égypte en 1976, est une consultante jordanienne indépendante et ancienne fonctionnaire. Depuis 2021, elle est Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la violence contre les femmes et les filles.
Née au Caire en 1976, Alsalem fait ses études à l'Université américaine du Caire où elle obtient un master en relations internationales en 2001. Elle obtient un autre master en droits de l'homme à l'Université d'Oxford en 2003.
Pendant 17 ans, elle est fonctionnaire internationale auprès du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, où elle travaille avec des réfugiés dans 13 pays ,. En 2016 elle commence à travailler comme consultante indépendante sur les questions humanitaires et de genre auprès de plusieurs départements, organismes et programmes des Nations Unies, dont ONU-Femmes, le HCDH, l’UNICEF et l’OIM (Organisation internationale pour les migrations), ainsi que pour des organisations non gouvernementales (ONG), des groupes de réflexion et des universités,
Elle est polyglotte et parle arabe, anglais, français, allemand et espagnol. Elle vit à Bruxelles en Belgique.
Reem Alsalem, rapporteuse spéciale des Nations unies sur la violence contre les femmes et les filles, s’est exprimée en faveur de l’abolition de la prostitution et s’oppose à l’industrie pornographique. Elle développe ces positions dans son rapport spécial intitulé Prostitution and violence against women and girls, présenté au Conseil des droits de l’homme en .
Ce rapport analyse la prostitution comme une conséquence des structures patriarcales, des inégalités économiques et des situations de conflit. Il met également en évidence le lien entre racisme et prostitution, soulignant que les femmes et les filles les plus marginalisées notamment celles victimes de discriminations multiples sont les plus exposées au risque d’entrer dans le système prostitutionnel, en raison de leur précarité socio-économique,.
Son analyse a reçu le soutien d'organisations abolitionnistes comme la Coalition pour l’abolition de la prostitution (CAP International), ainsi que de plusieurs militantes féministes de la scène internationale.
Le rapport décrit la prostitution comme génératrice de violations graves des droits humains. Les femmes et les filles prostituées seraient fréquemment victimes de violences physiques et psychologiques, telles que les abus sexuels, les viols, les coups, ainsi que diverses formes de maltraitance. Elles seraient également exposées à des violences économiques, souvent peu ou pas rémunérées, et soumises à l’extorsion. Ces constats s’inscrivent dans une lignée d’analyses féministes, comme celles de l'Américaine Kathleen Barry.
Selon Alsalem, la prostitution est alimentée par la pauvreté, la sexualisation des femmes et le racisme, touchant de manière disproportionnée les femmes issues de minorités et de groupes marginalisés. Le rapport soutient que la prostitution contribue à l’objectification des femmes et au renforcement des stéréotypes de genre, perpétuant des rapports de pouvoir inégalitaires. Il affirme également que la consommation de pornographie et la banalisation de la prostitution accentuent les inégalités de genre et favorisent les attitudes sexistes et violentes à l’encontre des femmes.
Ces prises de position rejoignent celles exprimées dans le rapport Honeyball adopté par le Parlement européen en 2014, qui appelle à décourager la demande et à soutenir les personnes souhaitant sortir de la prostitution.
Le rapport met en cause la pornographie comme facteur contribuant à la normalisation de la violence sexuelle. Il relève que cette industrie représente fréquemment des actes de violence physique et verbale, et façonne les attentes des consommateurs en matière de comportement sexuel. Les femmes travaillant dans ce secteur subiraient des actes sexuels violents, souvent non protégés, entraînant des blessures physiques graves.
Par ailleurs, le rapport souligne que la pornographie, au même titre que la prostitution, joue un rôle dans la banalisation de comportements sexuels violents et dégradants. Elle aurait notamment une influence néfaste sur les jeunes exposés précocement à ces contenus, affectant leurs comportements sexuels et leur perception des relations.
Dans ce document, Reem Alsalem recommande l’adoption d’un cadre juridique fondé sur le modèle dit « nordique » ou « d’égalité ». Celui-ci repose sur la dépénalisation des personnes prostituées, la pénalisation de l’achat d’actes sexuels et la mise en place de politiques de sortie et de prévention.
La rapporteuse souligne la nécessité de mettre en œuvre des politiques publiques globales comprenant des mesures d’accès au logement, à la santé, à un accompagnement psychosocial et à des alternatives économiques pour les personnes concernées. Elle insiste également sur l’importance d’organiser des campagnes de sensibilisation ciblant la demande, c’est-à-dire les acheteurs de services sexuels.
Le rapport appelle par ailleurs à lutter contre la banalisation des violences sexuelles, notamment à travers la régulation ou l’interdiction des formes de pornographie comportant des atteintes graves à la dignité ou à l’intégrité des femmes.
Dans une déclaration relayée par les Nations unies en , Reem Alsalem salue la loi française du 13 avril 2016 sur le système prostitutionnel, qui repose sur ce modèle abolitionniste. Elle indique que ce cadre législatif est conforme aux recommandations de son rapport.
Au cœur de son travail de rapporteuse spéciale, elle affirme que le sexe et le genre ne doivent pas être confondus et qu'ils doivent tous deux être enregistrés dans les données. Elle considère que dans certaines situations, il peut y avoir un conflit entre les droits des femmes et les droits des transgenres.
En 2024, Alsalem publie un rapport appelant au « dépistage du sexe » dans le sport afin d'écarter des compétitions pour femmes les personnes qui ne sont pas de sexe féminin. En outre, le rapport estime que les femmes ont « droit à des espaces purement féminins ».
Le juriste Jens Theilen déclare qu'Alsalem « utilise les droits des femmes comme un outil pour saper les droits des trans », qualifiant leurs actions d'« exemple flagrant de politique individuelle qui promeut l'oppression au lieu de la combattre ».
En mai 2024, il est rapporté que la visite d'Alsalem au Brésil l'année précédente aurait été annulée par la ministre brésilienne des Femmes, Cida Gonçalves, en raison des opinions « transphobes » d'Alsalem.
Reem Alsalem affirme en novembre 2025 qu'il n'y a pas de preuve de viols lors de l'attaque du Hamas contre Israël du 7 octobre 2023,,. Elle réfute également l'affirmation selon laquelle des Palestiniens à Gaza ont applaudi des actes de viol et nie avoir eu connaissance des bombardements de roquettes du Hamas et du Hezbollah subis par Israël sur des zones civiles,.
En août 2025, dans une interview accordée à The New Arab, Alsalem accuse Israël de cibler les femmes et les filles palestiniennes dans la bande de Gaza, ce qui constitue selon elle un « génocide féminicide ».
En juin 2026, lors d'une session du Conseil des droits de l'homme des Nations unies, l'ancienne otage israélienne Ilana Gritzzewsky interpelle publiquement Reem Alsalem au sujet de la reconnaissance des violences sexuelles commises par le Hamas lors des attaques du 7 octobre 2023 et durant sa captivité, alors que le Hamas n'est pas cité dans le rapport d'Alsalem sur la violence à l'égard des femmes. Gritzzewsky déclare être une survivante de ces violences, une preuve vivante qu'elles ont existé et elle critique les prises de position de la rapporteuse spéciale. L'événement suscite une couverture médiatique internationale,.
Par ailleurs, Reem Alsalem a également cosigné, avec d'autres experts des procédures spéciales des Nations unies, plusieurs appels en faveur d'enquêtes indépendantes sur des allégations de violations des droits humains dans le contexte du conflit israélo-palestinien.
Après que l’organisation de défense d’Israël UN Watch a soulevé des doutes sur l’indépendance de son mandat, Reem Alsalem a défendu son acceptation de 170 000 dollars de financement de la part de l’Arabie saoudite et du Conseil de coopération du Golfe. Elle s’est appuyée sur les règles de l’ONU pour justifier ces dons, sans pour autant expliquer pourquoi les victimes de discriminations dans ces pays pourraient faire confiance à un mandat financé par leurs propres gouvernements. UN Watch a souligné l’ironie d’une experte de l’ONU sur les droits des femmes recevant des fonds de régimes régulièrement critiqués pour leurs discriminations envers les femmes. En acceptant des financements de l’Arabie saoudite et du Conseil de coopération du Golfe, Reem Alsalem voit sa crédibilité remise en question.
« A stark example of individual politics furthering rather than contesting oppression is found in the work of the current Special Rapporteur on violence against women and girls, its causes and consequences, Reem Alsalem, who is using women’s rights as a tool to undermine trans rights [...]. »