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313 |
Remember Ruben est un roman de l'écrivain camerounais Mongo Beti, paru en 1974.
Il met en scène le parcours de Mor-Zamba dans un pays africain imaginaire marqué par la colonisation, les violences politiques et les luttes pour l'indépendance.
Remember Ruben paraît en 1974 aux éditions U.G.E., dans la collection 10/18. Le roman est publié la même année que Perpétue et l'habitude du malheur, après une longue période durant laquelle Mongo Beti n'avait plus publié de roman.
L'ouvrage est réédité en 1982 par L'Harmattan, dans la collection « Encres noires »,.
Cette édition compte 313 pages et porte l'ISBN (ISBN 2-85802-230-5).
Le roman connaît ensuite plusieurs rééditions,,.
Le récit suit Mor-Zamba, un jeune garçon sans attaches qui arrive à Ekoumdoum. Son adoption difficile par le village révèle un monde en mutation, bouleversé par la domination coloniale.
Raflé avec d'autres Africains par les autorités coloniales, Mor-Zamba découvre Fort-Nègre, grande ville coloniale, puis Kola-Kola, quartier populaire où se développent les formes de résistance à l'occupation.
Le personnage traverse ensuite les violences du système colonial, l'emprisonnement, les répressions politiques et les luttes syndicales.
Il se rapproche progressivement des mouvements révolutionnaires liés à la figure de Ruben, inspirée de Ruben Um Nyobe.
Selon l'African Studies Centre Leiden, Remember Ruben se déroule peu avant l'indépendance et prend la forme d'une odyssée consacrée à la formation d'un jeune orphelin jusqu'à son engagement politique et militaire.
Le roman appartient au cycle romanesque que Mongo Beti consacre au colonialisme et au néocolonialisme. Il est suivi par La Ruine presque cocasse d'un polichinelle, publié en 1979,.
Le titre fait référence à Ruben Um Nyobe, dirigeant de l'Union des populations du Cameroun, tué en 1958. Le roman donne à cette figure une portée politique et mémorielle, tout en construisant une fiction autonome autour de Mor-Zamba.
L'ouvrage aborde la colonisation européenne, le travail forcé, le racisme, la violence administrative, les manipulations politiques, les répressions et la formation d'une conscience collective. Il propose une contre-histoire de la décolonisation camerounaise, en opposition aux récits officiels et optimistes de la construction nationale.
Le récit se déploie autour de plusieurs lieux fictifs ou symboliques :
Les principaux personnages sont Mor-Zamba, Abéna et Ruben. Le roman fait aussi intervenir la famille Engamba, Van der Rietten, Mor-Bita, Dietrich, Desmaisons, Jeanne, Jean-Louis, Robert, Fulbert, Niarkos, Guinguené, Joseph et Georges Mor-Kinda, surnommé Jo le Jongleur.