| Naissance | |
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| Nom de naissance |
Alexandre Biyidi Awala |
| Pseudonymes |
Eza Boto, Mongo Beti |
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| Formation |
Université d'Aix-Marseille (d) Université d'Aix-Marseille |
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Alexandre Biyidi Awala (en littérature Mongo Beti ou Eza Boto), né dans le village de Akometam, commune de Mbalmayo au Cameroun français le et mort à Douala le est un écrivain franco-camerounais d'expression française.
Romancier renommé, il est également essayiste engagé, enseignant, libraire et éditeur, et a créé plusieurs revues durant son parcours. Certains de ses ouvrages ont été interdits en France. Ces ouvrages, caractérisés aussi par leur humour, sont à la fois contre tout colonialisme et n'hésitent pas non plus à dénoncer les avatars démocratiques de l’Afrique après l'obtention par plusieurs pays de l'indépendance.
Alexandre Biyidi Awala, Eza Boto ou Mongo Beti en littérature, fils d’Oscar Awala et de Régine Alomo, naît en 1932 à Akométam, petit village situé à 15 km de Mbalmayo, lui-même distant de 45 km de Yaoundé, la capitale du Cameroun. Il prend le pseudonyme de Beti qui est le nom du groupe ethnique auquel il appartient : Béti.
Après des études primaires à l’école missionnaire de Mbalmayo, il entre en 1945 au lycée Leclerc à Yaoundé. Bachelier en 1951, il s’installe en France pour y poursuivre des études supérieures de lettres à Aix-en-Provence, puis à la Sorbonne à Paris. En 1966, il devient professeur agrégé en lettres classiques.
Il commence sa carrière littéraire avec la nouvelle Sans haine et sans amour, portant sur la répression de la Révolte des Mau Mau et publiée dans la revue Présence africaine, dirigée par Alioune Diop, en 1953. Un premier roman, Ville cruelle, sous le pseudonyme d’Eza Boto suit en 1954, publié aux éditions Présence africaine.
Mais c’est en 1956 que la parution du roman Le Pauvre Christ de Bomba fait scandale par la description satirique qui est faite du monde missionnaire et colonial. Paraissent ensuite Mission terminée, 1957 (prix Sainte-Beuve, 1958) et Le Roi miraculé, 1958. Il travaille alors pour la revue Preuves, pour laquelle il effectue un reportage en Afrique, et qui donne lieu à deux articles, la « Lettre de Yaoundé » et « Tumutueux Cameroun » en 1959. Privé de bourse en 1958 par le gouvernement camerounais à qui ses écrits ont déplu, il travaille alors comme maître auxiliaire au lycée de Rambouillet pour préparer en candidat libre son agrégation.
En 1959, il est nommé professeur certifié au lycée Henri-Avril à Lamballe. Il passe l’agrégation de Lettres classiques en 1966 et enseigne au lycée Corneille de Rouen de cette date jusqu’en 1994. Il publie en 1974 Perpétue et Remember Ruben.
En 1972, il revient à l’écriture. Publié par François Maspero après un refus des éditions du Seuil, son livre Main basse sur le Cameroun : Autopsie d’une décolonisation est censuré à sa parution par un arrêté du ministre de l’Intérieur français, Raymond Marcellin, sur la demande, relayée par Jacques Foccart, du gouvernement camerounais, représenté à Paris par l’ambassadeur Ferdinand Oyono,,, et interdit concrètement en France. Après une longue procédure judiciaire, Mongo Beti et son éditeur François Maspero obtiennent en 1976 l’annulation de l’arrêté d’interdiction de Main basse. L'interdiction en France s'appuie en effet sur le caractère supposé étranger de Mongo Beti, alors que celui-ci est censé de facto avoir la citoyenneté française, qui lui est toutefois contestée à l'occasion d'un renouvellement de son passeport français. À l'issue du procès qu'il finit par intenter à l'État français, sa nationalité française est confirmée, eu égard notamment à son livret de famille et à sa carrière de professeur en France. Selon Theombogü, Mongo Beti écrit à partir d'un contexte hydroponique nécessitant un entremêlement de sensibilités diverses dans la lecture de son œuvre : « La situation d’écriture de Mongo Beti implique de lire son œuvre en étant sensible à sa double appartenance nationale et au caractère biculturel qui en découle. De ce point de vue, dire que Mongo Beti est un écrivain camerounais de nationalité française, un écrivain français d’origine camerounaise, un écrivain camerouno-français, un écrivain franco-camerounais, un écrivain camerounais ou français tout court ne serait pas une méprise. Tout dépend de la perspective selon laquelle son œuvre et sa situation d’écriture sont appréhendées. »
En 1978, il lance, avec son épouse Odile Tobner, la revue bimestrielle Peuples Noirs, Peuples africains,, qu’il fait paraître jusqu’en 1991. Cette revue décrit et dénonce les maux apportés à l’Afrique par les régimes néo-coloniaux. Pendant cette période, paraissent les romans La Ruine presque cocasse d’un polichinelle (1979), Les Deux Mères de Guillaume Ismaël Dzewatama futur camionneur (1983), La Revanche de Guillaume Ismaël Dzewatama (1984), également une Lettre ouverte aux Camerounais ou la deuxième mort de Ruben Um Nyobe (1986) et le Dictionnaire de la négritude (1989, avec Odile Tobner).
En 1991, Mongo Beti rentre au Cameroun, son pays natal, après 32 années d’exil. Il publie en 1993 La France contre l’Afrique, retour au Cameroun. En 1994, il prend sa retraite de professeur. Il ouvre alors à Yaoundé La Librairie des peuples noirs et organise dans son village d’Akometam des activités agricoles. Il crée des associations de défense des citoyens, donne à la presse privée de nombreux articles de protestation. Parallèlement, il publie plusieurs romans : L’Histoire du fou en 1994, puis les deux premiers volumes, Trop de soleil tue l'amour (1999) et Branle-bas en noir et blanc (2000), d’une trilogie restée inachevée.
Il est hospitalisé à Yaoundé le pour une insuffisance hépatique et rénale aiguë qui reste sans soin faute de dialyse. Transporté à l’hôpital général de Douala le , il y meurt le lendemain.
Dans le cadre de Saison Africa 2020 est inaugurée le une exposition nommée « La clairière d'Eza Boto », dans l'Orangerie du Jardin des plantes de Rouen .