Rete ovarii

Le Rete ovarii signalé sur un schéma de l'ovaire

Le rete ovarii (retia ovarii au pluriel) est une structure formée à partir des cordons sexuels primitifs chez les mammifères femelles.

C'est un hile étroit, par lequel les nerfs et les vaisseaux pénètrent dans l'ovaire. Dans la médulla (ou moelle) de l'ovaire des mammifères, près du hile, se trouvent de petites masses de tubules borgnes, c'est-à-dire qui ne possèdent qu'un seul orifice ouvert, ou de cordons solides — le rete ovarii. L'ovaire droit microscopique des oiseaux est généralement constitué uniquement de tissu médullaire.

Autrefois considéré comme un « vestige sans fonction » et souvent négligé, l'organe apparaît dans les dessins de l'ovaire des premières versions de Gray's Anatomy, mais il a disparu des manuels d'anatomie récents. Le rete ovarii joue un rôle important dans le contrôle de la méiose au cours de la maturation de l'ovaire. Les cellules du rete ovarii se différencient également pour former des cellules de la granulosa. On attribue également au rete ovarii une capacité sécrétoire, une hypothèse étayée par l'observation de matière sécrétoire dans le conduit des tubules du rete ovarii chez plusieurs espèces.

Histoire

Le rete ovarii est décrit pour la première fois par l'anatomiste allemand Wilhelm von Waldeyer-Hartz en 1870. L'organe apparaît dans les dessins de l'ovaire des premières versions de Gray's Anatomy, mais il a disparu des manuels d'anatomie récents et est considéré par certains auteurs comme un « vestige sans fonction »,.

En 2022, Jennifer McKey et ses collaborateurs ont étudié, avec des techniques de microscopie tridimensionnelle le développement de l'ovaire de souris et ont observé l’évolution du rete ovarii au cours du développement fœtal. L'étude montre que le rete se développe en une structure tubulaire convoluée associée à l'ovaire.

En 2025, Anbarci, McKey et ses collaborateurs ont publié une étude qui caractérise plus en détail les trois régions du rete ovarii et apporte des preuves d'une activité sécrétoire et de transport de substances vers l'ovaire.

Structure

CR, rete conjonctif ; EOR, rete extra-ovarien ; IOR, rete intra-ovarien ; MD, canal de Müller ; Mn, mésonéphros (rein embrionaire) ; MT, tubules mésonéphrotiques ; Mv, mésovarium (ligament large de l'uterus); OC, capsule ovarienne ; Ov, ovaire ; RO, rete ovarii; WD, canal de Wolff. Barres d’échelle, 100 μm.

Le rete ovarii est un hile étroit, par lequel les nerfs et les vaisseaux pénètrent dans l'ovaire. Il est formé de trois régions anatomiquement différenciées : le rete intra-ovarien, le rete conjonctif et le rete extra-ovarien. Le rete intra-ovarien se trouve à l'intérieur de l'ovaire et forme un réseau de cordons cellulaires ; le rete conjonctif établit la connexion entre cette région et le rete extra-ovarien. Ce dernier forme une tubule convoluée qui s’étend dans les tissus situés autour de l’ovaire et se termine par une dilatation distale borgne. Ces trois régions ont été particulièrement caractérisées à l'aide de techniques de microscopie tridimensionnelle dans l'ovaire de souris.

Fonction

Il a été proposé que le rete ovarii participe à l'initiation de la méiose et à la formation des follicules ovariens. Des études réalisées sur différentes espèces ont observé une relation entre le rete ovarii et les cellules germinales durant les étapes de ce développement, ainsi qu’une possible contribution de ses cellules à la formation des cellules de la granulosa. Cependant la fonction exacte du rete ovarii et l'importance de ces fonctions paraissent varier selon les espèces et ne sont pas encore entièrement élucidées,.

Les études réalisées sur les souris ont montré que le rete extra-ovarien contient du liquide lequel peut se déplacer en direction de l'ovaire. La structure contient des cellules cilliées et est entourée de tissus dotés d’une capacité contractile, des caractéristiques susceptibles de contribuer au déplacement du contenu luminal. Ces résultats suggèrent que le rete ovarii pourrait servir de voie de transport de substances jusqu'à l'ovaire.

Il a été montré chez les souris la présence de protéines sécrétée dans la lumière du rete extra-ovarien. Des analyses protéomiques ont permis d’identifier diverses protéines, dont IGFBP2, et les cellules du rete présentent des composants moléculaires assoicés à la sécrétion vésiculaire. Les auteurs proposent que ces protéines puissent contribuer à la régulation du fonctionnement et de l’homéostasie de l'ovaire, bien que les fonctions précisent de ces substances ne soient pas encore établies,.

Le rete extra-ovarien est étroitement associé à des vaisseaux sanguins, à des macrophages et à des prolongements neuronaux. Les auteurs de l'étude suggèrent que cette intégration aux tissus environnants pourrait permettre au rete de répondre à des signaux liés à l'état physiologique de l'organisme et de transmettre cette information à l'ovaire.

Le rete ovarii est également présent chez l'être humain et des cellules correspondant à cette structure ont été identifiées dans des études transcriptomiques de gonades fœtales humaines.

Notes et références

(en)/(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu des articles intitulés en anglais « Rete ovarii » (voir la liste des auteurs) et en espagnol « Rete ovarii » (voir la liste des auteurs).
  1. ↑ (en) « Development of the Ovaries » (version du sur archive.org)
  2. 1 2 (en) Dilara N. Anbarci, Jennifer McKey, Daniel S. Levic, Michel Bagnat et Blanche Capel, « Rediscovering the rete ovarii, a secreting auxiliary structure to the ovary », eLife, vol. 13,‎ , RP96662 (ISSN 2050-084X, PMID 40105200, PMCID 11922502, DOI 10.7554/eLife.96662, lire en ligne)
  3. ↑ (en) Stewart Odend'hal, James Guthrie Wheeler Wenzel et Emory Craig Player, « The rete ovarii of cattle and deer communicates with the uterine tube », The Anatomical Record, vol. 216, no 1,‎ , p. 40–43 (ISSN 0003-276X, PMID 3767001, DOI 10.1002/ar.1092160107, S2CID 23132112)
  4. 1 2 3 4 5 (en) « Rediscovering the rete ovarii, a secreting auxiliary structure to the ovary », eLife, vol. 13,‎ (ISSN 2050-084X, PMID 40105200, PMCID 11922502, DOI 10.7554/eLife.96662, lire en ligne, consulté le )
  5. ↑ (en) Jennifer McKey, Dilara N Anbarci, Corey Bunce et Alejandra E Ontiveros, « Integration of mouse ovary morphogenesis with developmental dynamics of the oviduct, ovarian ligaments, and rete ovarii », eLife, vol. 11,‎ (ISSN 2050-084X, PMID 36165446, PMCID 9621696, DOI 10.7554/eLife.81088, lire en ligne, consulté le )
  6. 1 2 (en) « Rediscovering the rete ovarii, a secreting auxiliary structure to the ovary », eLife, vol. 13,‎ (ISSN 2050-084X, PMID 40105200, PMCID 11922502, DOI 10.7554/eLife.96662, lire en ligne, consulté le )
  7. ↑ (en) Stewart Odend'hal, James Guthrie Wheeler Wenzel et Emory Craig Player, « The rete ovarii of cattle and deer communicates with the uterine tube », The Anatomical Record, vol. 216, no 1,‎ , p. 40–43 (ISSN 0003-276X et 1097-0185, DOI 10.1002/ar.1092160107, lire en ligne, consulté le )
  8. ↑ (en) Anne Grete Byskov, « THE ROLE OF THE RETE OVARII IN MEIOSIS AND FOLLICLE FORMATION IN THE CAT, MINK AND FERRET », Reproduction, vol. 45, no 2,‎ , p. 201–209 (ISSN 1470-1626 et 1741-7899, DOI 10.1530/jrf.0.0450201, lire en ligne, consulté le )
  9. ↑ (en) Dilara N. Anbarci, Jennifer McKey, Daniel S. Levic et Michel Bagnat, Rediscovering the Rete Ovarii : a secreting auxiliary structure to the ovary, (PMID 37986754, DOI 10.1101/2023.11.08.566085, lire en ligne)

Voir aussi

Liens externes