Roca de los Moros

Roca de los Moros
Image illustrative de l’article Roca de los Moros
Accueil visiteur, l'abri sous roche est en haut à gauche
Localisation
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Communauté autonome Catalogne
région Las Garrigas
Type Abri sous roche
Coordonnées 41° 27′ 53″ nord, 0° 41′ 50″ est
Patrimoine mondial Patrimoine mondial
Numéro
d’identification
874
Année d’inscription

Roca de los Moros (Roca dels Moros en catalan) est un petit abri sous roche décoré de peintures rupestres, situé à 1 km d'El Cógul (Las Garrigues) en direction de l'Albagés, dans la province de Lleida (Catalogne, Espagne). La danse de couples féminins est le principal élément de notoriété.

Ne pas confondre avec La Roca de los Moros dans le barranco del Calapatà à côté de Cretas, province de Teruel, communauté autonome d'Aragon comarque de Matarraña, premier site de peintres rupestres découvert par Juan Cabré, en 1903.

Roc del Rumbau ou Roca dels moros fait partie de la liste des 758 sites d'Andalousie, d'Aragon, Castille-La Manche, de Catalogne, Murcie, et de Valence établie lors du classement de l'Art rupestre du bassin méditerranéen de la péninsule Ibérique sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1998. L'Unesco le décrit comme est le plus grand ensemble de sites d’art rupestre d’Europe. Les peintures «sont à l’air libre, dans des abris-sous-roche peu profonds dont elles ornent les parois frontales, voire les plafonds... Les figures sont de simples silhouettes ou sont grossièrement colorées avec un pigment puis délimitées. Les couleurs prédominantes sont le rouge, le noir et plus rarement le blanc et le jaune. Les tracés délicats des lignes, d’une épaisseur de 1 à 3 mm, ont été réalisés avec des tubes biseautées et/ou des éléments végétaux. Les figures ont parfois été remplies de touches de couleur... Les scènes décrites sont les premières narrations de la Préhistoire européenne».

Historique

Le géographe Ceferí Rocafort devant la Roca dels Moros de Cogul.

Sur des indications du curé du lieu Ramon Huguet, fouilleur amateur, Ceferí Rocafort est à l'origine de la découverte des peintures rupestres de Cogul ignorées des spécialistes mais connues localement. Il les mentionne dans Les pintures rupestres de Cogul (El Butlleti del Centre Excursionista de Catalunya, mars 1908). Les premières informations concernant les peintures rupestres de Cógul parurent dans le journal La Vanguardia le 27 mars 1908, il s'agissait d'une des premières découvertes de peintures préhistoriques en plein air. Avec Lluis M. Vidal et M. Juli Soler ils conduisent de premières fouilles et mettent en place des mesures de sauvegarde. Henri Breuil fait une première publication dans L'Anthropologie (Cartailhac et Breuil 1908, p 373).

Juan Cabré Aguiló: relevé en couleur du plafond de Roca dels Moros 1915.

Une description précise et un calque sont publiés par Juan Cabré Aguiló (1882-1947) dans El arte rupestre en España (Madrid: 1915). En 1952, M. Almagro publia une monographie dans laquelle il date le panneau central du mésolithique. Les auteurs postérieurs, E. Ripoll et A. Beltrán datent 4 étapes: la phase naturaliste-schématiques épipaléolithique et néolithique (6500-4000 av. J.-C.) et entre l’épipaléolithique et l’âge du bronze (6000-2000 av. J.-C.).

En 2007, une digitalisation haute résolution a été réalisé par A. Alonso et A. Grimal. En 2014 Claudia Iannicelli à l'Université de Ferrare a soutenu un mémoire de maîtrise Art levantin, une proposition interprétative de la sémiotique [qui cherche à comprendre le sens] : ensembles de la Roca dels Moros d'El Cogul et de la Cueva de Los Grajos, Cieza. L'auteure a donné une communication au XIX International Rock Art Conference (2015), elle y voit un sanctuaire épipaléolithique-mésolithique avec «une certaine puissance symbolique, caractéristique d’un espace magique... évoque des rituels inhérents aux cultes de la fertilité».

Description

Les peintures représentent 48 figures humaines et animales de style levantin et schématique, sans ordre d'ensemble et se superposant. Les figures les plus nombreuses sont celles d’animaux en rouge ou en noir, ruminants aux très longues cornes, taureaux, aurochs (Bos primigenius), chèvres, un cerf élaphe (Cervus elaphus) entre trois biches. La célèbre scène est celle des 10 femmes ( 25 à 30 cm de haut) qui dansent 2 par 2. Au centre dans un style plus schématique un homme (? idole) nu (14 cm de haut) tourné en sens inverse avec des accessoires comme des rubans au genou dont on ne sait s'il un rapport avec les danseuses. A gauche 11 gravures et 256 signes ibères, romans et latins. Henri Breuil en fait le relevé et la description, la hauteur maximale des sujets est 40 cm, les danseuses occupent 75 cm2.

Détail de la danse des femmes

La précision du dessin a attiré l'attention des spécialistes du vêtement préhistorique. François Boucher dans son Histoire Du Costume (1965) décrit la jupe des danseuses comme une « sorte de pagne qui se retrouve en des points très éloignés de l'Europe préhistorique. Les femmes torse nu et vêtues d'une jupe cloche attachée à la taille, s'arrêtant au-dessus du genou, comme relevée par devant et pendante en arrière et sur les côtés; l'une de ces jupes est bariolée de raies rouges et noires». Une autre de ces jupes évoque celle de la Fille d'Egtved.

Datation

La plupart des peintures datent de l'Épipaléolithique, environ 10 000 ans AP. L'abri de La Roca dels Moros fut fréquenté pendant environ 5 000 ans. Les figures humaines et animales correspondant à l'art schématique du néolithique.

Pédagogie

Maria Cacheda Pérez, archéologue et historienne de l'art conduit un projet pédagogique d'une nouvelle approche pour l'enseignement mixte de la préhistoire à la Roca dels Moros en évitant les biais sexistes et en valorisant la présence féminine dans le récit du passé.

l'abri sous roche de la Roca dels Moros, les peintures conservées sont au plafond à droite

Conservation - visite

L'abri sous roche résulte d'un glissement de terrain de grès. Le climat qui alterne aridité et brume altère le grès (développement de taffoni, d'écailles, de concrétions carbonatées, de patines noircissantes qui s'étendent avec le temps). L'altération est faible dans la moitié droite de l'abri où se trouve la dance qui est relativement peu altérée avec un bon état de conservation, en revanche côté opposé la dégradation est telle qu'on ignore si d'autres peintures ont existé (1994).

Le site est ouvert à la visite en hiver du jeudi à samedi et en fin de matinée les dimanches et jours fériés, en juillet et août du mardi au dimanche. Le Centre d’interprétation de l’art rupestre de la Roca dels Moros donne de nombreuses informations et une reconstitution volumétrique de l'abri.

Bibliographie

Extrait p. 548. Le groupe de peintures le plus intéressant est celui des figures humaines situé en bas à droite. Il a été partiellement reproduit par En. Rocafort, mais complété par M. Breuil, qui a décrit toutes les figures qui le composent. On y voit neuf femmes et un homme au centre: celui-ci est nu et son dessin est schématique; elles sont vêtues du milieu du corps jusqu’aux pieds et portent des chapeaux coniques. Chez toutes, la manière de représenter la tête, la finesse de la taille et la longueur des seins, disproportionnés ..., sont remarquables. .. on aperçoit en haut à gauche deux groupes de signes qui semblent être des inscriptions. Selon Rocafort ... ces inscriptions présentent une ressemblance avec certaines écritures ibériques, sans toutefois pouvoir l’affirmer avec certitude... À Cogul, les peintures sont murales, ce qui a facilité leur exécution, notamment grâce à la lumière du jour, absente dans les grottes de Santander. À Altamira, les figures sont grandes; certaines sont grandeur nature. Celles de Cogul sont petites, ne dépassant pas 40 centimètres.

Notes et références

  1. 1 2 UNESCO Centre du patrimoine mondial, « Art rupestre du bassin méditerranéen de la péninsule Ibérique », sur UNESCO Centre du patrimoine mondial (consulté le )
  2. 1 2 Ramon Viñas Vallverdú, Albert Rubio Mora, Claudia Iannicelli et Juan Luis Fernández Marchena, « El mural de la Roca dels Moros, Cogul (Lleida). Propuesta secuencial del conjunto rupestre », Cuadernos de Arte Prehistórico, vol. 3,‎ , p. 93–129 (ISSN 0719-7012 et 0719-7012, lire en ligne, consulté le )
  3. 1 2 3 Getty Research Institute, Anuari, Barcelona : Palau de la Diputació, (lire en ligne)
  4. ↑ https://raco.cat/index.php/TrobadesGarrigues/article/view/365116/459264
  5. ↑ (ca) Josep Gallart i Fernàndez et Raimon Graells i Fabregat, « Les pintures rupestres de la Roca dels Moros del Cogul (Les Garrigues) i els protagonistes del seu descobriment: Mossèn Ramon Huguet i Ceferí Rocafort », Trobades d'estudiosos de les Garrigues,‎ , p. 109–122 (ISSN 2696-6506, lire en ligne, consulté le )
  6. ↑ (es) Martín Almagro Basch, El covacho con pinturas rupestres de Cogul: (Lérida), Impr.-Escuela Provincial, (lire en ligne)
  7. 1 2 (es) « L'art rupestre del Cogul | Pagès Editors » [archive du ], sur www.pageseditors.cat (consulté le )
  8. 1 2 (es) José Julio García Arranz, « XIX International Rock Art Conference IFRAO 2015. Symbols in the Landscape: Rock Art and its Context. Conference Proceedings (part I) », Autores: Hipólito Collado Giraldo y José Julio García Arranz (editores), Número especial de la revista Arkeos. Perspectivas em diálogo, nº 37, Tomar (Portugal), ITM (Instituto Terra e Memória), 2015; ISBN: 978-84-9852-463-5, 2015,‎ , p. 231-250 (lire en ligne, consulté le )
  9. ↑ « Découvrez la Roca dels Moros », sur www.catalunya.com (consulté le )
  10. ↑ « El cogul », sur patrimoni.gencat.cat (consulté le )
  11. ↑ Internet Archive, Histoire Du Costume En Occident De L'Antiquite a Nos Jours, Flammarion, (lire en ligne), p 26
  12. ↑ Ergates Informàtica (Barcelona Catalunya), « Roca dels Moros (El Cogul) | femturisme.cat », sur femturisme.cat (consulté le )
  13. 1 2 https://d1wqtxts1xzle7.cloudfront.net/61740218/comunicacio_congres_educacio20200110-9476-zfr4vj-libre.pdf?1578662734=&response-content-disposition=inline%3B+filename%3D2018_Educacio_patrimonial_i_coeducacio_f.pdf&Expires=1788702694&Signature=cryw57~lteleC37t9qUn220Oxxqbb06J46q8vRNovltkxfuObib9nctnCGFf1MHHKRThLJ2i2INJBO1y4rJQpZbxlnCWCoRxeLHz2~ufVaQMsMlTVCHRdChxF6lv1~vttPSE-po1SGQdOWC7Pn6y1iIDqO1xfyp1gFUiGPZ7IQQxY0szXMOhHFeDWe3ID~u8bYMT6O963z9YCceISyrUCrkAz5TSH9rXWn04cirgzuSKCsv7ALGC7ANwHkRXVljSosa5wSZY7iDhgOm1cnNs83esa9tzG1gopc3Tn-5VenYNpDAxX-1X5O8Uo6p60WzXe8Q1629JfdmI-wlcMDXFYw__&Key-Pair-Id=APKAJLOHF5GGSLRBV4ZA
  14. ↑ (es) C. Sancho, J. L. Peña, M. P. Mata y J. R. González., « Estudio alterológico de la arenisca soporte de las pinturas y grabados de la Roca dels Moros de El Cogul (Lleida) analiza los procesos de alteración física y química de la roca donde se encuentra este emblemático yacimiento de arte levantino. », Cuaternario y Geomorfología, vol. 8, nos 3-4,‎ , p. 103-118 (lire en ligne)
  15. ↑ « Peintures rupestres du Cogul - Turisme de les Garrigues » (consulté le )
  16. ↑ « La Roca dels Moros del Cogul | Patrimoni Cultural. Generalitat de Catalunya », sur patrimoni.gencat.cat (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes