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Roger Raymond Lersy |
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États-Unis (- |
Roger Lersy est un peintre, lithographe et compositeur français, né à Paris le et mort à Orsay le .
Il appartient à l'École de Paris et au mouvement de la Jeune peinture.

Roger Lersy naît dans le 18e arrondissement de Paris le ; il est le fils d'un décorateur.
Étudiant le piano dès l'enfance, de même que « commençant à dessiner sur les genoux de son père », il entre après sa scolarité et pour une durée de trois ans à l'École supérieure des arts appliqués Duperré à Paris.

Ayant alors commencé à peindre, installé au 19, rue du Faubourg-Saint-Antoine, il exerce ensuite le métier de décorateur, poursuivant toutefois entre 1950 et 1954 des études musicales supérieures avec Noël Gallon, continuant après 1954 — année où les galeries, tant à Paris qu'à l'étranger, commencent à l'exposer régulièrement —, à pratiquer de pair la peinture (toiles, aquarelles, cartons de tapisseries) et la musique.
De 1961 à 1968, il vit aux États-Unis et y expose. À compter de 1970, il enchaîne les expositions personnelles, entre autres à Paris, Londres, Genève, Houston, Los Angeles et New York.
Il est initié au premier degré de la franc-maçonnerie au Rite écossais ancien et accepté en 1979, dans la loge Grand Val, se réunissant à l'époque au Perreux-sur-Marne, Orient de Sucy-en-Brie.
Menant de front deux carrières, Roger Lersy a laissé des tableaux qui sont vus tout « de rythmes et de frémissements […] Dans ses toiles, le motif se développe selon une ligne mélancolique aux accords, aux pauses et aux cadences bien concertés. On pourrait [le] définir comme un expressionniste baroque. »
Pour Bernard Dorival, Lersy se situe avec Gabriel Dauchot, Jean Commère et Raymond Guerrier parmi « les champions les plus remarqués de cet expressionnisme qui s'inscrit dans la suite du misérabilisme de Bernard Buffet. »
Parts moins connues de Lersy, il s'intéressa également à la mosaïque, à la sculpture, au vitrail et entreprit des créations pour des édifices publics (mairies, collèges, etc.), privés (entreprises) et cultuels.
Son fils, François Lyres, est également dessinateur, peintre et musicien.
Roger Lersy n'appartient pas au musicalisme en peinture au sens où ce mot renvoie historiquement à un groupe de peintres constitué autour d'Henri Valensi à partir de 1932. Mais si l'on admet avec Raymond Bayer dans sa Revue d'esthétique que « le musicalisme n'est pas une école mais une doctrine de l'art, un ensemble de connaissances constituant un système », le terme peut alors, par extension, être rapproché de Lersy chez qui musique et effets esthétiques (ses arabesques et traits hachurés d'une « incroyable virtuosité » pour l'un, ses fonds de stries toujours d'une « spectaculaire virtuosité » pour l'autre), demeurent en lien permanent
« Bruits, cris, mouvements et gestes, souvenirs imprécis d'émotions qui se chevauchent. Alors d'imprévisibles conflits naît une nouvelle figuration du monde tyrannique que je subis et l'objet contaminé voit éclater sa forme et projeter ses couleurs au-delà de ses limites réelles. »
« Quand je travaille, c'est l'instinct qui me guide. Je surveille ma main, je la vois s'agiter. Je lui demande de s'arrêter, lorsque les formes et les couleurs sont devenues ombres et lumière pour chanter la vie. Hélas, quelques fois, elles chantent faux. Mais après tout, la vie ne chante pas toujours juste. »
« La musique est pour moi le prolongement de la peinture qui devient le prolongement de la musique. »
« Il voit musicalement car les formes sont, pour lui, des thèmes dont il cherche les variations comme le fait un compositeur. Il distingue deux sortes de variations : celles qui lui sont inspirées par la vue des objets en mouvement et celles qu'il invente. Une forme en mouvement est modifiée par son mouvement, mais elle modifie aussi ce qui l'entoure. D'autre part, un objet, mobile ou immobile, suggère souvent l'idée d'une autre forme que la sienne. La forme d'un ballon de rugby, par exemple, se communique aux joueurs de rugby eux-mêmes et au fond sur lequel ils évoluent. La peinture de Lersy, grise au début, est devenue plus colorée. Les lignes se sont épaissies et forment maintenant une sorte de toile d'araignée qui tantôt épouse la forme des objets, tantôt l'entoure et l'amplifie, tantôt la pénètre. »
« Roger Lersy, ou l'obsession constructive du déplacement, qu'il s'agisse de celui des hommes, des bêtes ou des éléments. Aux antipodes de la mienne, cette œuvre aura été subordonnée au geste, sans que pour autant la pensée s'en trouve exclue… L'exploration ne manque pas d'intérêt. »
« Peint essentiellement des paysages ainsi que des intérieurs et des natures mortes qu'il interprète d'une manière figurative très personnelle. Sa palette claire emploie peu de couleurs au profit de notations crues. Il reprend le dessin tout en finesse avec une spectaculaire virtuosité, et couvre le fond de stries. Tenté par l'expression abstraite, il n'a jamais renié la réalité. »
« Une œuvre de rythmes et de frémissements chez cet artiste qui mène de front les carrières de peintre et de musicien. Dans ses toiles, le motif se développe selon une ligne mélancolique aux accords, aux pauses et aux cadences bien concertés. »
« Dessinateur talentueux, Roger Lersy témoigne également d'une parfaite maîtrise des règles de la composition. Ses paysages, ses intérieurs de bistrots ou de cuisines et ses natures mortes, réalisés avec une grande économie de moyens, dans une palette de tons assourdis, traduisent l'ambiance d'une époque encore lourde de périls. Comme les autres chantres du misérabilisme, le peintre s'exprime essentiellement par le trait. »
— Éric Mercier
Roger Lersy appartient à l'École de Paris et au mouvement de la Jeune peinture.