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Roland Charles David Moreno |
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Laure Dynateur |
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Roland Moreno, né le au Caire et mort le à Paris, est un inventeur français.
Après avoir réalisé de nombreux prototypes électroniques dans sa jeunesse, Roland Moreno dépose le brevet d'invention de la carte à puce, qui le rend célèbre. Ce brevet et les suivants associés seront utilisés dans la conception de la télécarte puis la carte SIM. À l'approche de l'expiration des brevets, sa société Innovatron noue un partenariat avec la RATP pour développer la carte Navigo.
Roland Moreno naît le au Caire, fils de Charles Moreno et de Fernande Bahbout,.
Dans les années 1950, il émigre en France avec sa mère. Elle le place en pension, les jours de semaine, dans une famille de Garches. Il fréquente le lycée Montaigne à Paris et obtient le baccalauréat dans la filière scientifique. Il suit pendant un an des cours en sciences humaines à la Sorbonne, au campus Censier, pour devenir psychologue,.
Après avoir arrêté ses études, il occupe successivement différents petits emplois de 1965 à 1969, comme balayeur de rue et charcutier. Ainsi, il est employé de bureau à la Mutuelle nationale des étudiants de France, puis monteur de luges à la CIMS en 1966, ensuite employé aux écritures au ministère des Affaires sociales[réf. nécessaire]. À la fin des années 1960, il entre comme journaliste-reporter à Détective avant d'être licencié, puis devient garçon de courses à L'Express.
De 1970 à 1972, il est secrétaire de rédaction à Chimie-actualités. Roland Moreno revient sur sa jeunesse dans les premiers chapitres de son livre Théorie du bordel ambiant, qu'il publie aux éditions Belfond en 1990.
Inventeur original, personnage charismatique fourmillant d’idées, ce bricoleur intuitif, réalise dans sa jeunesse divers gadgets : un poste à galène à 13 ans, une machine à tirer à pile ou face (« Matapof »), une machine à faire sauter des allumettes déposées sur une membrane de haut-parleur, un imitateur de chants d'oiseaux, le « Radoteur » (un générateur de mots nouveaux issus d'une liste de mots du dictionnaire). Il considère ses inventions comme « des œuvres, puisque je considère ça un peu comme des sculptures ». Quelques clients lui achètent ces machines.
Pour expliquer sa célèbre invention, il expliquait au quotidien France-Soir, en 2006 : « J'ai trouvé la solution dans mon sommeil en rêvant. En vérité, je suis un gros paresseux et j'ai une très faible productivité ». « Je suis jaloux, très dépensier, totalement sédentaire et distrait. J'ai indiscutablement un côté professeur Nimbus »,.

En 2024, à l'occasion du cinquantième anniversaire de la carte à puce, le Musée national d'art moderne (MNAM) acquiert onze des créations originales de l'inventeur dont le premier prototype de carte à microcircuit, dite « carte à puce », ainsi que son terminal de paiement électronique. La même année, le Centre Pompidou organise l'exposition Roland Moreno. Du désordre créatif à l'invention de la carte à puce, qui présente au public ces acquisitions au quatrième étage du musée, du au .
Insomniaque et boulimique, il se nourrit de lectures en tout genre : Électronique Actualités, Le Haut-parleur, Radio-plans et des livres de science-fiction. Le , il dépose un premier brevet d'invention dont la source d'inspiration, portant sur une bague comportant une information mémorisée, pourrait provenir de la lecture du roman de science-fiction de René Barjavel, La Nuit des temps, paru en 1968. Le romancier y a imaginé une bague contenant un code modifiable périodiquement, reliée à un ordinateur central, pour effectuer des opérations financières. « Chaque fois qu'un Gonda devait acheter quelque chose de nouveau, des vêtements, un voyage, des objets, il payait avec sa clé. Il pliait le majeur, enfonçait sa clé dans un emplacement prévu à cet effet et son compte à l'ordinateur central était aussitôt diminué de la valeur de la marchandise ou du service demandé. »
Il y a également un autre « précurseur » de la carte de crédit, dans la littérature de science-fiction, en la personne de Robert A. Heinlein, dans son roman Une porte sur l'été, paru en 1957 : « Avec le code radio-actif de mon chéquier universel, vérifiable par le cerveau électronique qui commandait toutes les banques de la ville, on me donna des billets aussi rapidement que si j'avais été me faire régler à la caisse. »

En , Roland Moreno crée l'association Innovatron. En juillet, il transforme l'association Innovatron en SA « pour vendre des idées ».
À partir de 1975, il commercialise des noms de marques ou de produits, conçus pour des sociétés à l'aide du Radoteur et de quelques retouches humaines, et a pour objectif l'exploitation du brevet de base.
Parmi les applications de la carte à puce mémoire sans microprocesseur, citons la carte téléphonique, la carte SIM des téléphones portables ainsi que la carte Navigo pour les transports publics parisiens qui utilise les puces lisibles à distance créées initialement par Innovatron lors d'un partenariat avec la RATP.
En 2012, Innovatron emploie cinq salariés gérant un portefeuille de 110 licenciés RFID.
À la suite des travaux de Serge Humpich et de l'affaire des yes-cards, Moreno obtient une tribune médiatique en proposant, le , une prime d'un million de francs à quiconque parviendra, dans un délai de trois mois et par n'importe quel moyen logique, à écrire un bit dans la zone préservée par le brevet « Inhibiteur » du et à lire un bit dans la zone préservée par la combinaison des brevets « Comparateur » et « Compteur d'erreurs ». Il déclare, le , que personne n'a trouvé la solution.
L'invention de la carte à puce, avant qu'elle n'entre dans le domaine public en 1998, aura rapporté à Innovatron l'équivalent de 150 millions d'euros.
En 2002, il a revendu ses parts de la société Gemplus, le fabricant français de carte à puce, mais était resté à la tête de sa société Innovatron, qui continue à percevoir des droits sur les cartes sans contact comme la carte Navigo. Celle-ci met en œuvre un procédé RFID de transmission de données qu'Innovatron avait développé avec la RATP.

Il habite, de 1996 à 2006, 3, rue de l'Ancienne-Comédie (VIe arrondissement de Paris). Après une première embolie pulmonaire, en 2006, il meurt le à 66 ans, à son domicile parisien, 1, rue Danton.

Il est enterré au cimetière du Montparnasse (division 11).

Une quinzaine de voies publiques nouvelles portent le nom de Roland Moreno en France :
Dans le film Les Choses de la vie (1970) de Claude Sautet, le personnage du fils de Michel Piccoli, interprété par Gérard Lartigau, est inspiré de Roland Moreno. Il inspire aussi l'inventeur du Love Computer dans Les Sous-doués en vacances (1982) de Claude Zidi. Roland Moreno est par ailleurs crédité au générique des films Les Parapluies de Cherbourg et Les Demoiselles de Rochefort depuis leur remastérisation en 32 bits (1999) par Agnès Varda.