| Roman navarrais | |
| Période | Xe au XIIe siècle |
|---|---|
| Région | Navarre |
| Écriture | Latine |
| Classification par famille | |
|
|
| État de conservation | |
|
Langue éteinte (EX) au sens de l’Atlas des langues en danger dans le monde
|
|
| modifier |
|
Le roman navarrais (espagnol: romance navarro), ou plus simplement navarrais, est une langue ibéro-romane éteinte, parlée du Xe au XIIe siècle dans le royaume de Navarre,,,. Outre l'usage du latin médiéval et de l'occitan, plus sporadique, la quasi-totalité des documents de Navarre au Moyen Âge, publics et privés, sont rédigés en roman navarrais,.
Selon les linguistes, ce dialecte ibéro-roman, de par sa naissance dans un environnement géographique favorable à la langue basque et sa coexistence séculaire avec cette dernière, présente des problèmes et des caractéristiques particulières dans l'histoire de la linguistique espagnole. Malgré l'abondance de textes juridiques et de chroniques en roman navarrais jusqu'au début du xxe siècle, on considérait qu'ils étaient composés en castillan, en gascon ou dans un mélange des deux,.
Selon González Ollé, le roman navarrais émerge dans un environnement majoritairement bascophone, au sein duquel il se développe avant de se diffuser progressivement sur le plan social et territorial, souvent au détriment du basque. Cette situation originelle est commune au castillan, du moins en partie, selon l'importance que chacun accorde, par rapport à ce dernier, au substrat basque. Cette importance est particulière en Navarre, où une coexistence personnelle ordinaire – et non pas seulement une stricte séparation linguistique – s'est maintenue jusqu'à nos jours (à un degré très variable selon les époques et les régions).
Cette genèse nécessite la conjonction de plusieurs facteurs :
Au début du xxe siècle, on a assimilé le roman navarrais à l'aragonais, les deux langues étant qualifiées d'« aragonaises », malgré une imprécision manifeste, faute d'études comparatives sérieuses et équilibrées. Il existait pourtant une abondante bibliographie sur les textes anciens et les dialectes modernes d'Aragon, qui n'avaient pratiquement aucun équivalent avec leurs homologues navarrais. L'autorité de Ramón Menéndez Pidal en la matière a établi le terme composé « navarro-aragonais », repris, sans étude plus approfondie, par d'autres auteurs. Ces derniers présupposaient l'absence de différenciation substantielle entre le roman navarrais et l'aragonais, et cette appellation a fini par devenir une doctrine généralement acceptée, selon laquelle il s'agissait simplement de noms pour une même langue. Cependant, on ne peut pas expliquer comment cette identité a pu être établie, faute d'études préalables régulières qui auraient pu y contribuer.
Durant le dernier tiers du XXe siècle, des efforts initiaux ont été déployés pour nuancer cette perspective. Ces efforts se sont concrétisés par la thèse de doctorat de Ricardo Cierbide, Romance navarro antiguo: (siglos 10 al 15: estudio realizar sobre documentos originales), présentée à l'Université Complutense de Madrid en 1970 , et par l'article approfondi de Fernando González Ollé, El romance navarro, dont l'objectif était de démontrer l'existence d'une langue romane propre à la Navarre. Ces deux éléments ont été déterminants dans le changement d'orientation de la recherche sur ce sujet au cours des décennies suivantes.
Comme pour la région où l'aragonais était autrefois parlé et qui a subi un processus de castillanisation (semblable à la francisation), le vocabulaire et le parler castillans du centre, du sud et de l'est de la Navarre ont conservé jusqu'à récemment ou conservent encore aujourd'hui des caractéristiques distinctives du roman navarrais, telles que l'aversion pour les mots avec des proparoxytones.