La formation des sables fauves («m4») est une strate géologique présente dans le bassin aquitain constituée de sables de couleur roux-orangé déposés au cours du Miocène moyen.
Origine
Au Miocène moyen intervient la dernière transgression de l'océan Atlantique dans le bassin Aquitain. Des dépôts détritiques marins interviennent au Langhien (-15,97 à -13,82 millions d'années) et encore plus au Serravallien (-13,82 à -11,63 millions d'années), pour former une strate qui recouvre progressivement une vaste partie de l'actuelle Aquitaine, marquant le début du comblement du bassin.
Pierre-Eudoxe Dubalen (1851-1936) assigne aux sables fauves leur place exacte au sommet du Tertiaire, limitant ainsi nettement les formations quaternaires; et découvre Elephas primigenius dans les argiles bleues de Magescq, au-dessous des sables fauves dont il démontre ainsi l'âge récent,.
Caractéristiques
Il s'agit de sables assez argileux et très micacés, bien classés (fin à moyen), parfois liés en grès. La présence de fer, oxydé lors du dépôt («ferruginisation»), leur confère leur couleur roux à orangé, avec des différenciations colorées allant du blanc à la base au marron rougeâtre au sommet.
La macrofaune est localement abondante, témoignant d'un environnement littoral —par exemple, la présence de restes dentaires attribués au mammutidéZygolophodon turisensis a permis de dater certains sites du Serravallien. L'épaisseur moyenne de la couche, ou puissance, est de l'ordre de 25 mètres. Des lits de graviers, traces d'anciens chenaux, forment des stratifications obliques au sein de la formation: on peut y trouver de fortes variations granulométriques (graviers et galets), voire des indurations (grès durs à la base ou ferrugineux au sommet).
Sa fine granulométrie générale ne permet pas à l'eau d'y circuler facilement —hormis dans les lits de graviers.
Les sables fauves sont généralement recouverts par une couche de grès ferrugineux (alios), puis par le sable des Landes.
Les sables fauves serravalliens (notés m4) trouvent dans le sud des Landes (notamment autour et au somment de l'anticlinal d'Audignon,) et dans le nord-ouest du Gers. Les sables fauves langhiens (notés m3) se trouvent eux aussi aux abords de l'anticlinal d'Audignon (au nord près de Saint-Sever), et à Pécorade, au Petit-Capdeboscq dans le nord-est de Donzacq, à Trouilh (ouest de Mont-de-Marsan)…
Bien que cette nature de sol soit parfois présentée comme peu propice à la viticulture des vins rouges de Gascogne, elle est généralement un argument de vente pour des producteurs d'armagnac et des vignerons des Landes: les vignes plantées sur de tels sols donneraient un vin plus doux.
Notes et références
123[Capdeville et al. 1997] Jean-Pierre Capdeville, Marie-Christine Gineste (Préhistoire, archéologie), Alain Turq (Préhistoire, archéologie) et Philippe Vergain (Préhistoire, archéologie), Notice explicative de la carte de géologie au 1/50000e «Hagetmau» no978, Orléans, BRGM, , 70p. (lire en ligne[PDF] sur ficheinfoterre.brgm.fr), p.35.
123[Gardère 2002] Philippe Gardère, Les sables fauves: dynamique sédimentaire et évolution morphostructurale du bassin d'Aquitaine au Miocène moyen, Laboratoire de Géologique Sédimentaire et Paléontologie, Univ. Paul Sabatier, , sur books.google.fr (lire en ligne).
↑[Lummau 1936] Pierre Lummau, «Nécrologie de Pierre Dubalen» (séance du 28 mai 1936, section «Vie de la société»), Bulletin de la Société préhistorique française, t.33, no5, , p.290-291 (lire en ligne[sur persee]).
↑[Cahuzac & Tassy 1999] Bruno Cahuzac et Pascal Tassy, «Sur trois nouveaux sites marins à Zygolophodon turicensis (Proboscidea, Mammalia) dans le Miocène moyen d'Aquitaine», Bulletin de la Société d’Histoire Naturelle de Toulouse, no135, , p.105–112 (lire en ligne[sur gallica]), p.105.
↑[Cahuzac, Cascio & Orain 2020] Bruno Cahuzac, Marie Lo Cascio et Bénédicte Orain, «Crétacé de l'anticlinal d'Audignon», Fiche AQI0205, sur inpn.mnhn.fr, (consulté en ).
↑[Capdeville et al. 1990] Jean-Pierre Capdeville, Patrick Andreieff (microfaune), Alain Cluzaud (macrofaune), Jean-François Lesport (macrofaune), Geneviève Farjanel (microflore) et Danièle Fauconnier (microflore), Notice explicative de la carte de géologie au 1/50000e «Mont-de-Marsan» no951, Orléans, BRGM, , 41p. (lire en ligne[PDF] sur ficheinfoterre.brgm.fr), p.16.
↑Serge Lerat, Les Pays de l'Adour: Structures agraires et économie agricole…, Union française d'impression, (lire en ligne).
Voir aussi
Bibliographie
[Gardère 2005] Philippe Gardère, «La Formation des Sables Fauves: dynamique sédimentaire au Miocène moyen et évolution morpho-structurale de l'Aquitaine (SW France) durant le Néogène», Eclogae Geologicae Helvetiae, vol.98, no2, , p.201–217 (ISSN1420-9128, DOI10.1007/s00015-005-1160-y, lire en ligne, consulté le ).
Liens externes
[Fiche sur geoltheque] Éliane Bares, Laurent Martin et Patrice Morin, «Les sables fauves», fiche de travail niveau lycée / collège, sur geoltheque.obs-mip.fr, Géolthèque Sud-Ouest (consulté en ).