Sam Tata

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Sam Tata
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Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Samuel Bejan Tata
Nationalité
canadienne
Formation
autodidacte
Activité
Conjoint
Marketa (Rita) Langer
Autres informations
Membre de

Samuel Bejan Tata (ARC), né le 30 septembre 1911 à Shanghai et mort le 3 juillet 2005 à Sooke (Colombie-Britannique), est un photographe canadien. Il immigre au Canada en 1956. Au cours de sa carrière il pratique plusieurs genres photographiques: pictorialisme, photographie de rue, photojournalisme, documentaire, de même que le portrait.

Il fréquente l’université de Hong Kong avant de s’intéresser à la photographie alors qu’il est dans la vingtaine. Inscrit dans un club de photographie, il achète une Leica avec laquelle il capte des scènes de rue de Shanghai alors ville très cosmopolite. En 1946, il effectue un voyage en Inde, berceau de sa famille, où il fait la connaissance d’Henri Cartier-Bresson qui devient son mentor et ami. De retour à Shanghai en 1949, il documente la prise du pouvoir par les communistes. Avec sa famille il s’enfuie à Hong Kong en 1952, avant d’émigrer au Canada en 1956 où il se fixe à Montréal. Il travaille alors pour l’Office national du film et divers magazines tout en photographiant de nombreuses personnalités au cours de la Révolution Tranquille qui agite le Québec dans les années 1960. Suite à une série de crises cardio-vasculaires, il s’installe en Colombie-Britannique pour se rapprocher de sa fille et décède le 3 juillet 2005 à Sooke, localité située près de Victoria sur l’ile de Vancouver.

Portraitiste accompli, son charme et sa manière d’interagir avec les sujets qu’il photographiait lui permettait de tirer le meilleur de ceux-ci, même de ceux qui hésitaient à se faire photographier.

Carrière

Formation

Samuel Bejan Tata naît le 30 septembre 1911 dans une opulente famille parsi, originaire de l’Inde; son père, Bejan, était un entrepreneur prospère. Il devait vivre au sein de cette famille jusqu’à son mariage à l’âge de 40 ans. Il fit ses premières études à la Shanghai Public School avant d’étudier les affaires à l’Université de Shanghai pendant deux ans. Il devait se lancer en photographie à l’âge de vingt-quatre ans,.

Il commence par photographier la campagne chinoise avec un appareil rudimentaire; un portrait de son frère lui valut le second prix lors d’une compétition organisée par un journal local. Faisant de la photographie son métier, il contribue à la fondation du Shanghai Camera Club. L’importance de ce genre de clubs tenait au fait qu’ils mettaient à la disposition de leurs membres chambres noires, possibilités de rencontres et espaces d’expositions à une époque où les galeries d’art ne s’intéressaient pas encore à ce médium. Un ami du club, Alex Buchman, photojournaliste pour la China Press, l’encouragea à acheter sa première caméra Leica et à parcourir les rues à la recherche de scènes intéressantes. Après une rencontre avec le renommé portraitiste Oscar Seepol, il entreprit bientôt de se lancer de façon professionnelle dans le portrait qu’il étudia avec les photographes Lang Jingshan et Liu Xucang,,. Durant la décennie 1930, il se concentre sur ses activités en studio, l’occupation japonaise de la ville rendant dangereuse la prise de photos en public dans la ville. Il s’y hasarda cependant à quelques occasions comme le prouve l’œuvre Rooftop Watchers, Sino-Japanese War, Shanghai (1937).

Inde (1946-1949)

Il devait partir pour l’Inde, berceau de sa famille, en 1946 et y tint une première exposition réunissant ses portraits et des paysages du réputé photographe chinois Lang Jingshan (1892-1957). En 1947, grâce au célèbre pictorialiste Jehanghir Unwalla, Tata obtint sa première exposition individuelle à Bombay (maintenant Mumbai). Quelques mois plus tard, il devait y rencontrer le photographe français Henri Cartier-Bresson qui, devenu son mentor, l’initiera à la photographie de rue et au photojournalisme. Ensemble ils documenteront le mouvement pour l’indépendance de l’Inde de 1946 à 1948, y compris l’assassinat du mahatma Gandhi,. Il commença alors à travailler pour des magazines locaux comme Trend et Flashlight.

Shanghai/Hong Kong (1946-1956)

Observateurs sur un toit - Guerre sino-japonaise, 1937 (Photo Sam Tata).

Tata devait retourner à Shanghai en 1949 alors qu’en compagnie d’Henri Cartier-Bresson, qui l’accompagna quelque temps, il documenta la chute du Kuomintang et la prise de la ville par les troupes communistes,. L’entrée de ces forces devait déclencher des manifestations de joie dans la ville tout en jetant la terreur parmi les vaincus. Les forces nationalistes en déroute fusillèrent nombre d’ « éléments indésirables » à la suite de procès-fantoches, alors que soldats et civils qui tentaient de fuir sur le toit de wagons étaient jetés à l’eau au passage du premier pont .

Il devait demeurer à Shanghai jusqu’à son mariage en 1952 avec une Sudète tchèque, Marketa (Rita) Langer, laquelle comme Tata lui-même avait été élevée dans cette ville,,. Quelques mois plus tard, Tata, les membres de la famille au sein de laquelle il avait vécu jusque-là et son épouse fuirent Shanghai pour se réfugier à Hong Kong après que les autorités communistes eurent saisi nombre de ses photographies,. Toutefois, avec l’aide d’un diplomate, il parvint à exfiltrer celles qui documentaient la révolution communiste. En 1955, il voyagea au Cachemire et en Inde. Le reportage qu’il en fit, intitulé «Himmalayan Pilgrimage» (Pèlerinage dans l’Himmalaya) fut publié par le National Geographic l’année suivante.

Montréal (1956 - 2001)

Michael Laucke dans son studio de Montréal vers 1983 (Photo Sam Tata).

Tata et son épouse décidèrent d’immigrer avec leur fille Antonia au Canada en 1956 et s’établirent à Montréal,.

Il trouva rapidement à utiliser ses talents de photographe à l’Office national du film, ainsi que comme chargé de la photographie au magazine The Montrealer. Par la suite, ses photographies paraitront également dans d’autres magazines comme Maclean’s, Chatelaine et Times,. Il regrettera toutefois pendant cette période de n’être qu’un «illustrateur» de textes écrits par d’autres, convaincu que ses images devaient pouvoir se suffire à elles-mêmes. Il fréquenta alors régulièrement les festivals culturels et religieux du Québec qui donnaient matière à ses photographies de rue, comme celles de personnages déguisés en anges pour les célébrations de la Saint-Jean-Baptiste (alors Fête nationale du Québec) que Postes-Canada reproduira plus tard sur l’un de ses timbres.

Dans les années 1960 Tata décidera d’abandonner le «pictorialisme» et détruira lui-même un grand nombre des photographies prises pendant cette période de jeunesse, à l’exception de ses portraits. Il se consacrera alors principalement à ce genre de photographie, un style dans lequel il excellera rapidement, acquérant une notoriété certaine pour les portraits qu’il fera de nombreuses personnalités du monde culturel et artistique canadien comme Michel Tremblay, Leonard Cohen, Bill Reid, Irving Layton, George Bowering, Donald Sutherland, Alice Munro et Jacques de Tonnancour, photographies qui illustreront pochettes de disques, couvertures de livres, articles de journaux, etc.,.

Tata avait toutefois conservé des milliers de négatifs documentant la chute de Shanghai et une exposition put se tenir à la Galerie nationale (maintenant le Musée des beaux-arts du Canada) à partir de ceux-ci et intitulée Shanghai 1949 : Photographies de Sam Tata.

Il retourna une troisième fois en Inde en 1983 où il s’intéressa particulièrement aux symboles de la divinité dans la vie quotidienne des gens.

Cinq ans plus tard, le Musée canadien de la photographie contemporaine consacrait une rétrospective à sa vie et à sa carrière sous le titre L’Époque Tata / The Tata Era, laquelle circula à travers le pays.

Quatre ans avant sa mort, ayant subi une série de crises cardiaques, Tata déménagea en Colombie-Britannique pour être plus près de sa fille Antonia (Toni) qu’il chérissait et dont les photos prises par son père avaient été publiées dans de nombreux magazines. Il devait mourir à Sooke, près de Victoria sur l’ile de Vancouver, le 3 juillet 2005.

Œuvre

« Je ne crois pas en la technique du « mitraillage », qui consiste à photographier sans viser. Elle ne vous donne que peu de photos intéressantes […] Il est nécessaire de se familiariser à l’avance avec l’évènement et de savoir ce qui va se passer, où et comment. Connaissez bien votre sujet et soyez attentif. Et surtout, apprenez à « ressentir » l’évènement ainsi qu’à voir et observer (Sam Tata). »

Même si Sam Tata est surtout connu pour les portraits de sa période montréalaise, il a pratiqué un nombre considérable de genres au cours de sa carrière : pictorialisme, photographie de rue, photojournalisme, documentaire.

Déjà, au début de sa carrière, après sa rencontre avec Oscar Seepol qui l’encouragea à acheter une caméra Thornton Pickard, il privilégia un style classique pour photographier ses sujets : utilisation d’une seule source lumineuse et d’un réflecteur pour mettre en valeur les détails de la physionomie et le drapé des vêtements, tout en soulignant la personnalité de ceux-ci grâce à des objets se rattachant à leur profession ou à leur caractère. Dans son portrait de l’écrivain indien Mulk Raj Anand par exemple, celui-ci est vêtu d’une complet style Nehru, les mains jointes et regarde directement la caméra; derrière lui une bibliothèque où figurent ses sujets favoris : poésie de William Blake, roman Rickshaw Boy de Lao She et nombre de traités sur l’art européen.

Comme photojournaliste et documentariste, il s’appliquera à saisir ce que son ami Henri Cartier-Bresson appelait « l’instant décisif », c’est-à-dire cette habileté du photographe à reconnaitre le moment précis où la dynamique d’un évènement coïncide avec les éléments picturaux qui caractérisent au mieux cet évènement. Ses pérégrinations à travers Bombay en proie à la fièvre nationaliste animée par le mahatma Gandhi le prépareront à saisir la prise du pouvoir par les forces communistes à Shanghai par la suite.

Il devait revenir au portrait après son arrivée à Montréal. Armé cette fois d’une caméra 35 mm il renouera avec le style de ses premières années en photographiant ses sujets généralement dans le confort de leur foyer et avec une lumière naturelle pour mettre ceux-ci le plus à l’aise possible et les engager dans un dialogue silencieux; la plupart de ses portraits montrent du reste le sujet ayant un contact visuel avec le photographe.

Tata avait un don inné pour établir un rapport avec ses sujets et, dans un article intitulé «Conversations without words», John Metcalfe écrira à son sujet: « Ceci ne veut pas dire que Sam Tata était taciturne ou laconique. Alors qu’une conversation silencieuse s’établissait entre le photographe et son modèle, Sam n’arrêtait pas de parler. Il arrêtait rarement. C’était un Vésuve de conversation, un compendium ambulant de citations et de références, une corne d’abondance d’anecdotes».

Expositions

Expositions solo

Expositions de groupe

Œuvres dans des collections publiques

Honneurs et récompenses

Notes et références

Notes

  1. ↑ Tout premier mouvement de photographie artistique à faire école sur le plan international, le pictorialisme qui caractérisera la photographie entre la fin du XIXe siècle et le premier tiers du XXe siècle défendra la légitimité de la photographie comme forme d’art alors qu’elle n’était encore considérée que comme une technique.
  2. ↑ "Photographier: c'est dans un même instant et en une fraction de seconde reconnaître un fait et l'organisation rigoureuse de formes perçues visuellement qui expriment et signifient ce fait"- Henri Cartie-Bresson, dans The Decisive Moment. New York, Simon and Schuster, 1952, pp. 1–14

Références

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  13. 1 2 (en) « This Weekend and Next », The Ottawa Citizen,‎ (lire en ligne)
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  16. ↑ Dessureault 1988, p. 26.
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  18. ↑ Dessureault 1988, p. 27.
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  21. ↑ Dessureault 1988, p. 25, 93-24.
  22. ↑ Dessureault 1988, p. 30.
  23. 1 2 Kunnard et 2012 Tata’s Life.
  24. ↑ John Metcalf, cité dans Dessureault, 1988, pp. 32-33
  25. ↑ John Metcalfe, cité dans Sam Tata, photographer, 1911-1925, The Globe and Mail, 29 aout 2005, p. S9.
  26. 1 2 3 4 5 6 Dessureault 1988, p. 94.
  27. ↑ Catalogue de l’exposition, p.1.
  28. ↑ "Group Exhibition: It's All Happening So Fast: A Counter-History of the Modern Canadian Environment". Scotiabank Contact Photography Festival.
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  31. ↑ « Sam Tata », sur Musée des beaux-arts du Canada (consulté le )
  32. ↑ « Tata, Sam », sur Musée national des beaux-arts du Québec (consulté le )
  33. ↑ (en) « Sam Tata (1911-2005), Photographer », sur National Portrait Gallery (consulté le )
  34. ↑ (en) « Evacuating Nuns, Shanghai, 1949 », sur Winnipeg Art Gallery (consulté le )
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  36. ↑ (en) « Victor Martyn Lynch-Staunton Awards », sur Canada Council for the Arts (consulté le )
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  38. ↑ (en) « The Royal Canadian Academy of Arts (RCA) », sur RCA-ARC, (consulté le )

Bibliographie

Sur la photographie contemporaine au Canada

Publications où apparaissent les œuvres de Sam Tata

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes