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École de dessin Henry Pars (d) (à partir de ) Royal Academy (à partir d') |
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John Flaxman (à partir de ), William Hayley (à partir de ), John Linnell (en) (à partir de ), George Cumberland, John Hawkins, Joseph Johnson, Richard Edwards (d), Joseph Thomas (d), Thomas Butts (en) |
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Jimmy Solís (d) |
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Catherine Hermitage (d) |
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| Conjoint |
Catherine Blake (à partir de ) |
Songs of Innocence and of Experience (1789-1794), Le Mariage du Ciel et de l'Enfer (v. 1790-1793), Jerusalem (1804-1820), Illustrations du Livre de Job (1826) |
William Blake, né le à Londres et mort dans la même ville le , est un poète, peintre et graveur britannique.
Formé au métier de graveur dans l'atelier de James Basire, il met au point vers 1788 un procédé de gravure en relief qu'il nomme « impression enluminée » (illuminated printing), qui réunit le texte et l'image sur une même plaque de cuivre. Il publie ainsi lui-même la plus grande partie de son œuvre poétique, des Songs of Innocence (1789) aux livres dits prophétiques, Milton et Jerusalem.
Sa poésie, nourrie de la Bible, de Milton et des débats religieux et politiques de la fin du XVIIIe siècle, met en place une mythologie personnelle dont les figures, Urizen, Los, Orc ou Albion, servent à décrire les conflits de l'imagination, de la raison et du désir. Peintre et dessinateur, il travaille surtout à l'aquarelle, à la détrempe et à la gravure, et illustre notamment Edward Young, Robert Blair, Milton, le Livre de Job et la Divine Comédie de Dante.
Connu de son vivant d'un cercle restreint d'amateurs et de jeunes artistes, tenu par beaucoup de ses contemporains pour un esprit égaré, il meurt sans notoriété publique. La biographie que lui consacre Alexander Gilchrist en 1863 le fait entrer dans le patrimoine littéraire britannique, et les études du XXe siècle en font l'une des figures principales du romantisme britannique.
William Blake naît le 28 novembre 1757 à Londres, au 28 Broad Street, dans une famille de commerçants : son père tient une bonneterie. Il n'est pas scolarisé dans un établissement ordinaire et entre en 1768 à l'école de dessin de Henry Pars, dans le Strand.
En 1772, à quatorze ans, il est placé en apprentissage chez le graveur James Basire, chez qui il demeure sept ans. Basire travaille pour la Société des antiquaires et charge son apprenti de relever les monuments de l'abbaye de Westminster et d'autres édifices médiévaux, travail auquel les commentateurs rattachent le goût de Blake pour la ligne et pour les formes gothiques. En 1779, il entre aux écoles de la Royal Academy, où il rencontre John Flaxman, Thomas Stothard et George Cumberland.

Blake gagne sa vie comme graveur de reproduction pour les libraires londoniens. En 1782, il épouse Catherine Boucher, fille d'un maraîcher de Battersea, à qui il apprend à lire, à écrire et à imprimer ; elle l'assiste ensuite dans la fabrication et la mise en couleurs de ses livres. En 1783, un groupe d'amis fait imprimer à compte privé son premier recueil, Poetical Sketches. La mort de son frère Robert, en 1787, laisse une trace durable dans son œuvre : Blake attribue à une apparition de ce frère l'idée du procédé d'impression qu'il emploie ensuite.
Vers 1788, il expérimente la gravure en relief avec trois traités brefs, All Religions Are One et les deux séries de There Is No Natural Religion, puis l'applique en 1789 à la poésie avec les Songs of Innocence et The Book of Thel. Le procédé lui permet de se passer d'éditeur, d'imprimeur et de typographe, et de produire chaque exemplaire comme un objet distinct, encré et colorié à la main.
En avril 1789, Blake et sa femme assistent à la première conférence générale de l'Église de la Nouvelle Jérusalem, réunie à Londres autour des écrits d'Emanuel Swedenborg ; c'est la seule occasion connue où Blake s'associe formellement à un groupe religieux. Ses annotations aux ouvrages de Swedenborg et The Marriage of Heaven and Hell (vers 1790-1793) marquent ensuite sa rupture avec l'institutionnalisation de la Nouvelle Église.
Installé à Lambeth à partir de 1790, Blake grave pour le libraire Joseph Johnson, dont le cercle réunit Mary Wollstonecraft, Joseph Priestley, Henry Fuseli et, un temps, Thomas Paine. Il publie durant ces années ses livres enluminés les plus politiques, Visions of the Daughters of Albion et America: a Prophecy (1793), Europe: a Prophecy, The First Book of Urizen et les Songs of Experience (1794), puis The Song of Los, The Book of Los et The Book of Ahania (1795). Il exécute également en 1795 la série des grandes estampes en couleurs, douze planches imprimées à la détrempe et reprises à l'aquarelle.
Entre 1795 et 1797, il dessine et grave des illustrations pour les Nuits d'Edward Young. Sur plus de cinq cents aquarelles préparatoires, seules quarante-trois gravures paraissent en 1797 : l'insuccès commercial interrompt la publication.
En septembre 1800, Blake s'installe avec sa femme à Felpham, dans le Sussex de l'Ouest, auprès du poète William Hayley, qui lui procure des travaux de gravure, de miniature et de décoration. La relation se dégrade : Hayley, qui apprécie l'artisan plus que l'artiste, détourne Blake de ses propres travaux, et celui-ci décide de rentrer à Londres.
Le 12 août 1803, Blake expulse de son jardin le soldat John Scolfield, du 1er régiment de dragons cantonné à Chichester. Le militaire porte plainte et affirme sous serment que Blake a tenu des propos hostiles au roi et favorables à une invasion française. La période, marquée par la reprise de la guerre et la crainte d'un débarquement, rend l'accusation lourde de conséquences. Blake est inculpé de sédition et jugé aux assises de Chichester en janvier 1804 ; les témoignages contradictoires des soldats et les dépositions de ses voisins conduisent à son acquittement. L'épisode laisse des traces dans Milton et Jerusalem, où plusieurs des fils d'Albion portent les noms de personnes mêlées au procès.

Revenu à Londres, Blake entreprend Milton: a Poem et Jerusalem: The Emanation of The Giant Albion, dont les pages de titre portent la date de 1804 mais dont l'exécution s'étend sur plus de quinze ans.
En 1805, l'éditeur Robert Cromek lui commande des illustrations pour The Grave, poème de Robert Blair. Le projet initial prévoyait quarante dessins et vingt gravures ; Cromek le réduit à une vingtaine de dessins et douze planches, puis confie la gravure à Luigi Schiavonetti, jugeant la manière de Blake trop rude pour le public visé. Le volume, paru en 1808, connaît le succès et vaut à Blake la plus large audience de son vivant, mais la brouille avec Cromek est définitive,.
En 1809, Blake organise dans la boutique familiale de Broad Street une exposition d'une quinzaine de ses œuvres, accompagnée d'un Descriptive Catalogue rédigé par lui. L'exposition ne donne lieu à aucune vente et à un seul compte rendu, hostile, de Robert Hunt dans The Examiner. Blake grave la même année sa grande planche des Pèlerins de Canterbury, d'après sa propre peinture.
La rencontre du peintre John Linnell en 1818 ouvre une période plus calme. Linnell lui commande la série des Illustrations du Livre de Job, vingt-deux planches gravées entre 1823 et 1826, puis une suite d'illustrations pour la Divine Comédie de Dante, restée inachevée. Un groupe de jeunes artistes qui se nomment les Ancients (en), parmi lesquels Samuel Palmer, Edward Calvert et George Richmond, se forme autour de lui.
Blake meurt le 12 août 1827 à Londres. Il est inhumé au cimetière de Bunhill Fields, où sa femme Catherine, morte en 1831, est ensuite enterrée. Un monument lui est consacré au Coin des poètes de l'abbaye de Westminster.

Blake exerce d'abord la gravure de reproduction, métier qu'il a appris chez Basire et dont il vit toute sa vie. Sa planche la plus ambitieuse dans ce registre est The Beggar's Opera, Act III, d'après une peinture de William Hogarth représentant une scène de l'opéra de John Gay. Elle mesure environ 45,5 × 58,6 cm et fut acquise par l'éditeur John Boydell.
Son apport propre réside dans la gravure en relief, mise au point vers 1788. Dans la gravure en taille-douce, le graveur creuse la plaque et l'encre se dépose dans les tailles ; Blake procède à l'inverse : il écrit et dessine directement sur le cuivre avec un médium résistant à l'acide, puis fait mordre le métal non protégé, de sorte que le texte et l'image subsistent en relief. La plaque s'encre alors comme un bois gravé et s'imprime sous une pression modérée. Le procédé, qu'il appelle « impression enluminée » dans son prospectus de 1793, supprime la division du travail propre au livre illustré de l'époque, où gravures et texte typographique étaient produits séparément. Quinze des dix-neuf livres enluminés de Blake sont exécutés de cette manière.
Les tirages restent très faibles et chaque exemplaire diffère des autres par l'encre, la mise en couleurs et parfois l'ordre des planches, ce qui conduit les spécialistes à les désigner par des lettres (copy A, copy B, etc.).

Les témoignages recueillis par ses premiers biographes rapportent que Blake dit avoir eu des visions dès l'enfance : Dieu à la fenêtre vers l'âge de quatre ans, un arbre peuplé d'anges à Peckham Rye vers neuf ans, des figures angéliques parmi des moissonneurs. Il attribue plus tard à ces apparitions un rôle dans son travail, et sa peinture The Ghost of a Flea (1819-1820) est présentée par John Varley comme la transcription d'une de ces visions.
Sa correspondance en porte la marque. Dans une lettre à William Hayley du 6 mai 1800, il évoque son frère mort treize ans plus tôt, avec qui il dit s'entretenir quotidiennement et dont il écrit sous la dictée. Dans une lettre à Thomas Butts du 25 avril 1803, il justifie son retour à Londres par la possibilité d'y poursuivre ses « études visionnaires » sans être gêné par le doute d'autrui.
Ces déclarations ont orienté sa réception. Plusieurs de ses contemporains, dont Robert Southey et Charles Lamb, hésitent entre l'éloge et le diagnostic de folie ; le compte rendu des dessins pour The Grave paru dans l'Antijacobin Review en 1808 recommande ainsi la camisole à l'auteur de la dédicace. La biographie de Gilchrist, en 1863, consacre une part de son argumentation à réfuter cette accusation. Les travaux universitaires du XXe siècle, notamment ceux de Northrop Frye et de David V. Erdman, déplacent la discussion vers la cohérence interne du système mythologique et vers son ancrage dans les controverses religieuses et politiques de l'époque.

Dans la décennie qui suit sa mort, le nom de Blake n'est plus guère connu que de collectionneurs et de quelques survivants de son entourage. La publication en 1863 de Life of William Blake, « Pictor Ignotus », commencée par Alexander Gilchrist et achevée après sa mort avec le concours de Dante Gabriel Rossetti, de William Michael Rossetti et d'Algernon Swinburne, change cette situation : l'ouvrage est largement recensé et fixe pour longtemps l'image de l'artiste. Swinburne publie en 1868 le premier essai critique d'ampleur, puis W. B. Yeats et Edwin Ellis donnent en 1893 une édition des œuvres assortie d'une lecture ésotérique.
L'étude universitaire du système mythologique s'ouvre avec Fearful Symmetry de Northrop Frye (1947), relayée par les travaux de David V. Erdman sur le contexte politique (1954), le dictionnaire de S. Foster Damon (1965), puis par l'historiographie du radicalisme populaire anglais, dont Witness Against the Beast d'E. P. Thompson (1993). Le William Blake Archive, ouvert en 1996, met en ligne les reproductions collationnées des exemplaires de ses livres enluminés.
En France, la réception passe par la traduction du Mariage du Ciel et de l'Enfer par André Gide en 1922, puis par l'édition bilingue dirigée par Pierre Leyris à partir de 1974.

La formule du Mariage du Ciel et de l'Enfer selon laquelle « si les portes de la perception étaient nettoyées, chaque chose apparaîtrait à l'homme comme elle est, infinie » a donné son titre à l'essai Les Portes de la perception d'Aldous Huxley (1954), puis son nom au groupe de rock The Doors.
En littérature, Jacques Prévert met Blake en scène dans le poème Noces et banquets du recueil Paroles, où il cite l'un des proverbes de l'Enfer. Le roman Dragon rouge de Thomas Harris (1981) construit son personnage de tueur autour des aquarelles du Grand dragon rouge ; le film homonyme de Brett Ratner (2002) et la série Hannibal reprennent ce motif. Onze citations de Blake ouvrent des chapitres du Miroir d'ambre de Philip Pullman (2000). Dans Sur les ossements des morts d'Olga Tokarczuk (2009), la narratrice traduit Blake en polonais et le cite à plusieurs reprises. L'Innocence (Burning Bright) de Tracy Chevalier (2007) prend pour cadre le voisinage de Blake à Lambeth.
Au cinéma, Dead Man de Jim Jarmusch (1995) donne à son personnage principal le nom du poète, qu'un compagnon indien prend pour l'auteur des poèmes. The Doors d'Oliver Stone (1991) fait expliquer par Jim Morrison l'origine du nom du groupe.
En musique, David Axelrod compose Song of Innocence (1968) et Songs of Experience (1969) ; John Tavener met en musique The Lamb et The Tyger ; Pascal Dusapin écrit To God pour soprano et clarinette (1985) ; le groupe norvégien Ulver publie Themes From William Blake's The Marriage of Heaven and Hell (1998) ; Étienne Daho intitule un album Les Chansons de l'innocence retrouvée (2013) et U2 Songs of Innocence (2014), tous deux par référence aux recueils de Blake.
L'écrivain et éditeur Jean-Paul Michel a donné le nom de « William Blake & Co. » à sa maison d'édition.
L'écrivain, poète et éditeur Jean-Paul Michel a nommé sa maison d'édition « William Blake & Co ».

La formule de Blake « Si les portes de la perception étaient nettoyées, chaque chose apparaîtrait à l'homme comme elle est, infinie » (Le Mariage du ciel et de l'enfer) a inspiré le choix du nom de l'essai Les Portes de la perception d'Aldous Huxley, ainsi que le nom du groupe de rock The Doors.
And Throughout all eternity
I forgive you
You forgive me
— William Blake, Broken Love
I was angry with my friend;
I told my wrath, my wrath did end.
I was angry with my foe:
I told it not, my wrath did grow.
— William Blake
Peter Gabriel cite William Blake dans la dernière chanson « Live and let live » de son album « I/O » sorti en décembre 2023. « … Lay the burden down William Blake wakes his sting, drawing out Martin Luther King… ».