| Nom de naissance | Johann Paul Friedrich Richter |
|---|---|
| Alias |
Jean Paul |
| Naissance |
Wunsiedel, Principauté de Bayreuth |
| Décès |
(à 62 ans) Bayreuth, Royaume de Bavière |
| Activité principale |
Écrivain |
| Langue d’écriture | Allemand |
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| Genres |
Classique |
Johann Paul Friedrich Richter, né le à Wunsiedel, près de Bayreuth Margraviat de Brandebourg-Bayreuth et mort le à Bayreuth (Royaume de Bavière), mieux connu sous le pseudonyme de Jean Paul (en allemand : /ʒɑ̃ paʊl/ ⓘ), est un écrivain allemand.
Né en 1763 d'un père instituteur et organiste, il entre en 1781 à l'université de Leipzig pour y suivre des études de théologie. Il publie ses premières pièces satiriques. Période difficile (décès de son père et suicide de son frère, difficultés financières). En 1787, il trouve un poste de précepteur qui lui permet d'améliorer sa situation matérielle.
À la suite d'une crise spirituelle au cours de laquelle il lui semble frôler la mort, il écrit le roman La loge invisible qui rompt avec le style satirique de ses premières pièces. Il adopte pour l'occasion le pseudonyme de Jean Paul en hommage à Jean-Jacques Rousseau. Ce roman ainsi que les suivants établissent sa réputation en tant qu'auteur.
En 1796, il s'établit à Weimar, capitale littéraire de l'époque, où il côtoie Goethe et Schiller, et se lie à Charlotte von Kalb. En 1797, il retrouve l'écrivaine Emilie von Berlepsch à Franzensbad qu'il connaît déjà depuis plusieurs mois. Ils entretiennent une relation amoureuse et se fiancent en , mais les fiançailles sont rompues le mois suivant.
En 1800, il se rend à Berlin où il rencontre Karoline Meyer qu'il épouse l'année suivante. Il se lie d'amitié avec les frères Schlegel, Tieck et Fichte. Sa renommée est alors très grande.
Ses romans suivants, Titan et Flegeljahre, reçoivent cependant un accueil plus mitigé. En 1804 Jean Paul et son épouse quittent Berlin pour s'établir finalement à Bayreuth où ils mènent une vie plus retirée. La mort prématurée de son fils en 1821 le brise. Il abandonne la rédaction de son dernier roman, La Comète avant de mourir des suites d'un œdème en 1825 à l'âge de 62 ans.

L'œuvre de Jean Paul comporte de nombreux aspects parfois contradictoires. Admirateur de Laurence Sterne, il partage son goût pour la fantaisie, les digressions, la satire, mais aussi pour le sentimentalisme. À ces caractéristiques s'ajoutent des thèmes typiques du romantisme allemand : fantastique, mysticisme, goût du tragique. Enfin, ses éloges de la vie bourgeoise et de la résignation l'apparentent au style Biedermeier.
Son style se caractérise par l'accumulation de périphrases et de circonlocutions ironiques et de fréquents clins d'œil au lecteur. Ses romans reprennent la structure typique du Bildungsroman mais multiplient les digressions et les bifurcations labyrinthiques. Il se rapproche en cela de son contemporain E. T. A. Hoffmann. Son écriture ironique permet de donner l'impression d'un auteur maître de son récit.
Il est un des premiers auteurs, avec Lichtenberg, à se servir de ses rêves comme matériaux littéraires. Les rêves de Jean Paul, abondants et restant la partie la plus célèbre de son œuvre, se caractérisent par des visions célestes et métaphysiques, des envolées vers l'éternité, la contemplation lyrique d'étendues paradisiaques et de la pluralité des mondes, des élans enthousiastes vers l'Infini, des figures angéliques et des retrouvailles cosmiques. Cette sensibilité aigüe, nostalgique d'un au-delà lumineux mais aussi du paradis perdu de l'enfance, imprègne toute l'esthétique de Jean Paul et se conjugue avec une forte sentimentalité attentive à l'amour et à la souffrance humaine, qui lui fera par ailleurs produire des textes d'une symbolique forte et d'un lyrisme intense qui annoncent le romantisme.
Jean Paul connaît un très grand succès populaire de son vivant, bien que certains critiques lui reprochent son pédantisme d'autodidacte et son humour railleur. Il a une influence considérable sur le compositeur Robert Schumann (Papillons), ainsi que sur la première symphonie de Gustav Mahler, l'amour qu'a voué à l'homme de lettres le compositeur a valu le surnom de « Titan » à cette première symphonie. L'œuvre de Jean Paul est aujourd'hui tombée dans un relatif oubli, hormis en Allemagne, où elle est prisée par des auteurs avant-gardistes tels qu'Arno Schmidt.
En France, il est notamment popularisé par Le songe, traduction approximative faite par Mme de Staël du Discours du Christ mort extrait du Siebenkäs. Cette traduction trouve un écho chez nombre d'auteurs, de Victor Hugo à Ernest Renan et Leconte de Lisle. La traductrice ayant omis la fin du texte où le narrateur se réveille et se met à prier, Le Songe a été souvent interprété comme une profession d’athéisme, alors qu'il s'agit plutôt d'un « cauchemar athée » où le Christ apparaît aux morts en annonçant n'avoir trouvé Dieu nulle part dans les infinités du Ciel, et dans lequel l'auteur nous fait part de son angoisse métaphysique. Gérard de Nerval s'est inspiré de ce même texte pour son poème Le Christ aux Oliviers, paru dans L'Artiste le .
D'après l'Encyclopædia Universalis, la possibilité existe qu'il ait écrit Les Veilles (Nachtwachen, 1804) sous le nom de plume Bonaventura.
Il est par ailleurs l'un des premiers à défendre la philosophie de Schopenhauer, dont il loue Le monde comme volonté et comme représentation.
